3 min de lecture Noël

Et si la dinde de Noël de demain était "artificielle" ?

Dans l'avenir, il sera certainement possible de fabriquer des dindes à partir de cellules souches. Un burger artificielle a déjà été fabriqué.

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Et si la dinde de Noël de demain était "artificielle" ? Crédit Image : Tim Sloan | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Rémi Sulmont Journaliste RTL

Sans gâcher le réveillon, technologiquement, les prochains repas de Noël pourront être bien différents. On est aujourd’hui capable de reconstruire, non pas une dinde artificielle, mais de la viande de dinde. Le principe, c’est de prélever des cellules souches sur une vraie dinde et ensuite de les mettre dans des incubateurs géants pour cultiver ces cellules en laboratoire. Ces cellules vont se multiplier à l’infini et au bout de quelques semaines, vous aurez reproduit des fibres musculaires.

Ça été fait, non pas encore pour une dinde de Noël mais pour un steak haché qui a bluffé tout le monde. 
Par contre, c’est encore un prototype. Commercialiser pour le grand public sera encore une autre étape.
Donc cette dinde pour le réveillon de samedi risque de vous coûter un peu cher : 250.000 euros, sans compter les marrons. Le premier burger de synthèse a coûté 250.000 euros.

Pure science-fiction ou future réalité ?

Ces scénarios sont tellement spectaculaires et fascinants qu’on a du mal à faire la part des choses. Plusieurs start-up viennent de nous promettre, dans 5 ans, du poulet haché de synthèse puis des morceaux de blancs plus tard. Elles disent avoir trouvé un remède pour nourrir le monde de plus en plus peuplé – 9 milliards d’habitants en 2050  – tout en réduisant l’élevage. Leur promesse c’est de réduire les émissions de gaz à effet de serre en élevant moins de volailles ou de bovins. Et donc de réduire le mal-être animal.

Faut-il les croire ? Comment s’y retrouver avec des lobbys du bien-être animal de plus en plus influents et des start-up qui ont intérêt à donner dans le spectaculaire pour attirer les financements ? "On peut penser effectivement que la viande artificielle utiliserait moins d'eau que la production de viande conventionnelle, répond Jean-François Hocquette, directeur de recherche à l’INRA. Par contre, on peut éventuellement supposer que les eaux de rinçage de ces grands incubateurs de viande artificielle seront chargés en molécules de synthèse. Donc il y aura des problèmes de traitement des eaux. Je crois que ça serait malhonnête de prévoir le futur de façon extrêmement catégorique".
 
En 2016, la viande de synthèse et la dinde de Noël in vitro nous coupent l’appétit définitivement. Il y a le problème de l’aspect, du goût et des questions qui se posent pour notre santé. La reproduction de cellules souches ne sont pas des OGM mais leur reproduction à grande échelle produit naturellement des erreurs et donc de potentielles modifications génétiques. Il faudra donc que notre confiance dans cette science augmente considérablement pour que l’on croque du blanc de poulet de synthèse avec bonheur. De tels verrous vont peut-être sauter mais dans les dizaines d’années qui viennent. Ça nous laisse quelques dindes de Noël de grand-mère devant nous. 

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