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Entreprise : "trop persos" les supérieurs hiérarchiques ?

Les Français ne s’entendent pas avec leur supérieur hiérarchique, selon une étude publiée jeudi par le magazine "Society".

Des employés au sein d'une entreprise (illustration)
Des employés au sein d'une entreprise (illustration)
Crédit : ERIC PIERMONT / AFP
La revue de presse du 3 octobre 2019
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1 Français sur 3 ne s'entend pas avec son supérieur hiérarchique, selon une étude
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Amandine Bégot - édité par Thomas Pierre

Comment sont vos rapports avec votre N+1 ? Le magazine Society publie ce jeudi une grande enquête sur les Français et leur manager. Les résultats ne sont pas vraiment réjouissants : 1 Français sur 3 est mécontent de son supérieur hiérarchique direct.

Et visiblement, en la matière, nous comptons parmi les plus mauvais élèves dans les comparaisons internationales. "C'est même ce qui expliquerait pourquoi la France arrive à la deuxième place pour le taux de 'burn out' (qui concerne 10% des salariés français)", écrit le magazine, juste derrière le Japon. 

Même chose pour les démissions. Dans un cas sur deux, le principal responsable est le manager direct. Idem pour l’absentéisme, dont le coût l'an dernier a été évalué à 108 milliards d'euros. 

Quand on cumule ces chiffres, "cela fait très peur", s’inquiète Delphine Douetteau, formatrice chez ADP : "On sait que l'engagement et l'enthousiasme sont directement liés à la performance de l’entreprise". Autrement dit, le phénomène est un problème aux conséquences économiques majeures, difficiles à chiffrer certes, mais bien réelles. 

Que reproche-t-on aux N+1?

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Mais que leur reproche-t-on exactement aux N+1? Tout d'abord de la jouer trop perso. En France, 46% des salariés estiment que leur manager a pour principale motivation son intérêt personnel, contre 39% en Allemagne et 35% au Royaume-Uni.

Sarah, qui travaillait aux ressources humaines dans une multinationale de l'habillement se souvient ainsi de cette boss très sympa, souriante mais qui passait son après-midi à faire du shopping sur internet ou à traîner sur les réseaux sociaux pendant que ses équipes bossaient durs.

Un jour alors qu'elle vient, avec un de ses collègues, de passer huit mois sur un gros projet qui concerne pas moins de 5.000 salariés, la direction France leur dit : "En fait non. C'est très bien mais on va faire autrement". "Au lieu de nous défendre", raconte Sarah, "ma cheffe a répondu : 'Vous avez raison, c'est ce qu'il faut faire'. Elle nous a lâchés devant tout le monde", poursuit la jeune femme. "Tout ça pour ne pas se mettre le DG à dos". 

Écœurée, Sarah et son collègue décident de quitter l'entreprise et découvrent quelques semaines plus tard que leur ex-boss a été promue : "Trop souvent je me suis rendue compte qu'il n’y avait que les gens sympas et cools qui montaient dans la hiérarchie en interne. Pas les plus méritants". 

Des N+1 tortionnaires

Il y a aussi les N+1 tortionnaires, ou en tout cas qui abusent de leurs pouvoirs. Manon, qui a travaillé, elle, dans une petite boite de communication, se rappelle ainsi de cette femme despotique qui l'utilisait pour gérer ses petits soucis du quotidien. Comme cette fois notamment où elle la fait venir chez elle, la laisse à la porte et lui dit : "Je suis toute nue, va prendre ma box et change-la, elle déconne".

Alors une bonne nouvelle quand même : les choses sont manifestement en train de changer, selon le spécialiste Gaël Chatelain-Berry : "Beaucoup de gens ont grandi avec la peur du chômage, de la crise. Ils ne parlent pas par peur de se faire virer. Mais là le chômage baisse, notamment chez les cadres. Dans certains secteurs, on a même du mal à recruter", explique-t-il avant de finalement lâcher : "C'est le moment de reprendre le pouvoir !"

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