2 min de lecture Fonction publique

ENA : pas de suppression comme l'avait annoncé Macron, mais une réforme en 2021

En avril 2019, Emmanuel Macron avait annoncé la suppression de l'Ecole nationale d'administration. Une affirmation qui ne semble plus d'actualité : la direction de l'école prévoit simplement une réforme pour 2021-2022.

Les locaux de l'ENA, à Strasbourg
Les locaux de l'ENA, à Strasbourg Crédit : PATRICK HERTZOG / AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy
et AFP

Pas de suppression, mais une légère transformation. L'École nationale de l'administration (ENA), qu'Emmanuel Macron avait dit vouloir faire disparaître dans la foulée de la crise des "gilets jaunes" en 2019, a entamé une profonde réforme. L'objectif : que les élèves bénéficient d'une formation davantage pratique et plus proche du terrain. 

Ces changements ont été entérinés par un arrêté publié au Journal officiel. "On fait une réforme très importante de la scolarité à l'ENA, et une réforme du classement de sortie", a déclaré à l'AFP le directeur de l'École nationale d'administration, Patrick Gérard. Le ministère de la Transformation et de la Fonction publiques a tenu à préciser auprès de l'AFP qu'il s'agissait "d'ajustements du contenu de la scolarité de l'ENA qui ne constituent pas en soi la réforme d'ensemble qui sera annoncée en 2021 par le gouvernement". 

La suppression de l'établissement qui a formé de célèbres personnalités politiques françaises comme François Hollande ou Emmanuel Macron lui-même, ne semble aujourd'hui plus d'actualité. "Nous continuons à transformer l'ENA, souligne Patrick Gérard. Il y aura un concours en 2021, il faudra de toutes façons toujours former des hauts fonctionnaires." 

Une entrée en vigueur pour 2021-2022

L'un des principaux points de cette réforme concerne le stage en entreprise que doivent effectuer les élèves. "Le stage était jusqu'à présent réalisé dans une grande entreprise, comme Havas, LVMH ou Aéroports de Paris par exemple. Mais à partir de cette année on généralise le stage en PME, parce qu'on pense que c'est bien qu'ils aillent voir concrètement ce qu'est une PME, comment ça fonctionne, et qu'ils se rendent compte des obligations que l'État, par ses normes, impose aux PME", a souligné Patrick Gérard. 

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Les réformes de l'ENA vont entrer en vigueur à partir de la promotion 2021-2022, mais les élèves de l'actuelle promotion 2020-2021 ont déjà effectué ce type de stage. Ils se sont par exemple retrouvés durant près de deux mois dans une PME produisant du savon de Marseille dans les Bouches-du-Rhône pour l'une, dans une scierie dans les Vosges pour un autre, ou dans une PME de fabrication traditionnelle de produits charcutiers dans l'Orne. 

Évaluer des compétences

Deuxième grand aspect de la réforme : la formation ne va plus se faire sur des thèmes disciplinaires. Auparavant celle-ci portait sur des matières comme le droit, l'économie, ou les finances publiques. Désormais, elle sera axée sur l'acquisition de compétences : "concevoir, mettre en œuvre et évaluer les politiques publiques, piloter la transformation de l'action publique, et exercer les missions essentielles de l'État", explique encore le directeur de l'institution. 

Le classement de sortie sera maintenu mais les épreuves seront modifiées : "Au lieu de faire des épreuves académiques comme on faisait jusqu'à présent, droit, économie et finances, territoires, on va faire des épreuves extrêmement pratiques, qui ont pour objet de vérifier que les élèves ont acquis chacune des compétences", conclut Patrick Gérard. 

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