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Émeutes à Bobigny : "Il n'y a pas de gouvernement innocent, tous ont échoué", dit Alain Duhamel

ÉDITO - Pour Alain Duhamel, cela fait 20 ans que les gouvernements successifs n'arrivent pas à régler le problème des affrontements entre banlieues et policiers.

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Émeutes à Bobigny : "Il n'y a pas de gouvernement innocent, tous ont échoué", dit Alain Duhamel Crédit Image : Damien Rigondeaud | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Alain Duhamel et La rédaction numérique de RTL

Une série d'incidents a embrasé les banlieues autour de Paris à la suite de l'interpellation à Aulnay-sous-Bois de Théo, un jeune homme de 22 ans. Quatre policiers ont été suspendus et mis en examen, le jeune homme se disant victime de viol par l'un d'eux. Après plusieurs nuits de violences, une manifestation de soutien était organisée le 11 février à Bobigny. En fin de rassemblement, une centaine d'individus a pris pour cible les policiers. Selon Alain Duhamel, il est important de "ne pas généraliser" ces tensions entre policiers et banlieues. "Les manifestants ont organisé des démonstrations de leur colère, ils l'ont fait de façon pacifique, ordonnée, et étaient dans leur droit au vu de ce qu'il s'est passé", poursuit l'éditorialiste.

Il note également que de façon quasi systématique, en fin de manifestation, arrivent toujours quelques dizaines de "casseurs, très jeunes, mobilisés par les réseaux sociaux". Selon le journaliste, il ne peut y avoir que deux réponses possibles face à la répétition de ces situations : "On peut les mettre hors d'état de nuire, les encercler et les arrêter", explique-t-il ainsi. "Ou bien, il faut interdire les manifestations". Cependant, au-delà de la simple nécessité de trouver une solution durable pour empêcher de tels débordements, Alain Duhamel relève que cette récurrence vient de problèmes "qui n'ont pas été résolus. Ces faits se produisent toujours dans les mêmes quartiers, en crise, dont les taux de chômage sont très élevés, et dans lesquels la violence est quotidienne". Le trafic de drogue y met en place une économie parallèle, note-t-il également. 

Des origines complexes jamais résolues

Le journaliste reconnaît que des efforts ont été faits au niveau immobilier notamment, afin de redonner vie à ces quartiers. "Mais cela n'a pas marché, parce que souvent les familles sont totalement débordées et que les problèmes de l'immigration et de l'échec scolaire", se posent également. Sans compter une "logique dangereuse" entre les jeunes de ces quartiers en difficulté et la police, à travers les contrôles d'identité répétés : "les uns se sentent stigmatisés, et les autres sentent souvent qu'il vont tomber dans un guet-apens". 

Au final, estime Alain Duhamel, "il n'y a pas de gouvernement innocent". "Tous de gauche ou de droite ont échoué, et bien avant 2005, c'est vraiment une génération d'échec", année où les banlieues françaises se sont enflammées après la mort de deux jeunes adolescents dans un transformateur électrique. Et pour l'éditorialiste, cet échec gouvernemental est "typiquement français". "Il ne faut pas croire que toutes les manifestations dans tous les pays européens se terminent de cette façon là".

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