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ÉDITO - Dividendes : vers une année record pour les actionnaires

Les dividendes versés aux actionnaires connaissent actuellement une hausse sans précédent. Une situation intrigante alors que la France sort tout juste de la pire crise économique depuis la guerre.

Les dividendes versés aux actionnaires connaissent actuellement une hausse sans précédent.
Les dividendes versés aux actionnaires connaissent actuellement une hausse sans précédent.
Crédit : AFP / Archives, ERIC PIERMONT
Dividendes : vers une année record pour les actionnaires ?
03:45
Lenglet-Co du 16 novembre 2021
03:45
François Lenglet - édité par Lison Bourgeois

Les dividendes versés aux actionnaires ont fortement progressé. En effet, les dividendes, c’est-à-dire la rémunération des actionnaires, ont progressé au troisième trimestre de 22% sur un an, pour dépasser de peu 400 milliards de dollars dans le monde. Une hausse sans précédent.

C’est le cabinet Janus Henderson qui nous l’apprend, à partir d’une étude faite sur les 1200 plus grandes entreprises mondiales. Et l’année 2021 sera probablement une année record pour les actionnaires, avec 1400 milliards de dollars au total, c’est-à-dire meilleure que 2019, avant l’épidémie. 


Ce chiffre peut surprendre, alors que nous sortons tout juste de la pire crise économique depuis la guerre. Mais en réalité cela s'explique puisque ce n'était pas une vraie crise. C'était juste une contrainte extérieure à l’économie qui a inhibé la consommation et le travail. Dès que la contrainte s’allège, c’était le cas en 2021 jusqu’ici, les affaires reprennent. 

Et elles reprennent d’autant plus vite que les états et les banques centrales ont massivement aidé et les ménages, et les entreprises. Celles-ci n’ont pas vu leurs financements s’éteindre, contrairement aux crises habituelles, celle de 2009 par exemple, qui était bien plus grave. En plus, aujourd’hui, elles profitent d’une reprise synchrone dans le monde entier. 

Qu'est-ce qu'une reprise synchrone ?

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Tous les continents, tous les pays repartent en même temps. D’habitude, c’est toujours l’Amérique qui débute, entraînant l’Asie, puis l’Europe, avec 18 à 24 mois d’écart. Cette fois-ci, c’était comme si on avait rallumé la lumière quasiment en même temps partout sur la planète. D’où les pénuries et les goulets d’étranglement. D’où la hausse des prix, qui gonfle les bénéfices, et donc les dividendes. 

La plupart des entreprises bénéficient d’une profitabilité exceptionnelle. L’exemple le plus saisissant est le secteur minier, qui a distribué plus de 54 milliards de dollars de dividendes sur le seul troisième trimestre. BHP, une entreprise minière anglo-australienne, productrice de fer, de charbon, de cuivre, de pétrole, sera le premier distributeur de dividende au monde cette année. 

Les actionnaires en profitent donc ?

Oui, mais ils ne sont pas les seuls. Les Etats en profitent tout autant, avec cette reprise d’une intensité inédite. Ils encaissent des recettes fiscales bien meilleures que d’habitude. En France, on s’en sert d’ailleurs pour tout un tas de dépenses pré-électorales. Et les salariés commencent aussi à profiter de la reprise. Le chômage baisse, même en France, car des emplois sont massivement créés. Quant aux augmentations de ceux qui en poste, elles arrivent. Les négociations de branche débutent, et elles devraient déboucher sur des croissances inhabituelles. 

En France, comment les dividendes ont-ils évolué ?

Une nouvelle fois, c’est en France qu’ils ont le plus progressé. Lors de sa dernière étude, en août, Janus Henderson indiquait qu’ils avaient bondi près de 200% au second trimestre, d’un an sur l’autre. C’est énorme. Mais cela s’explique en bonne partie parce que les grandes entreprises françaises avaient massivement interrompu ou réduit leur distribution de dividendes aux actionnaires en 2020, contrairement aux entreprises américaines par exemple. 

Cela avait été le cas d’Air France, Airbus ou Accor, massivement touchées par la crise du coronavirus. Mais aussi d’Alstom, Thalès ou LVMH, restées profitables. Il faut dire que le gouvernement avait fortement incité les entreprises touchant des aides à modérer leur ardeur en la matière. 

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