4 min de lecture Ebola

Ebola : un cas potentiel en France pris en charge par le dispositif de défense sanitaire

ÉCLAIRAGE - Les inquiétudes sont nombreuses face au virus Ebola qui pourrait avoir touché une personne sur le sol français. Pourtant, les risques d'une épidémie sont extrêmement faibles.

Ebola (illustration)
Ebola (illustration) Crédit : TIM BRAKEMEIER / DPA / AFP
Marion Dautry
Marion Dautry
Journaliste RTL

Le nombre de morts qui ne cesse d'augmenter en Afrique de l'Ouest et la difficulté des pays touchés à freiner l'expansion du virus Ebola inquiète le reste du monde. En France, des parents ont eu peur d'un élève de primaire revenu de Guinée même s'il ne présentait aucun symptôme, et un vent de panique a soufflé sur Cergy lorsque les locaux de la DDASS ont été bouclés pour ce qui s'est avéré être une fausse alerte

En réalité, les autorités sanitaires françaises sont prêtes à faire face si un cas d'infection se déclarait sur le territoire. Un cas potentiel détecté ce vendredi matin a ainsi immédiatement été pris en charge à l'hôpital Bichat de Paris, la patiente isolée et des prélèvements envoyés pour analyse à Lyon pour déterminer s'il s'agit d'une infection par Ebola.

Un risque d'épidémie extrêmement faible

Le Centre européen pour le contrôle des maladies évalue le risque d'épidémie en France comme "faible", même si on ne peut pas l'exclure, par mesure de prévention. Pour Hélène Esnaust, infirmière bénévole de Médecins sans Frontières, le risque d'épidémie est même "nul". En effet, la capacité de détection et de prise en charge rapide en France permettent d'éviter la contagion d'un virus qui ne se déplace pas dans l'air, mais se transmet seulement par échange de fluides corporels.

Cependant, des cas isolés peuvent se déclarer, notamment au retour d'un séjour en Guinée, au Liberia ou en Sierra Leone, les trois pays les plus touchés. Dans ce cas, les autorités sanitaires sont prêtes à intervenir.

Un protocole de surveillance et de prise en charge rigoureux

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Le site du ministère de la Santé rappelle qu'un dispositif de veille sanitaire a été mis en place dès mars 2014. Dans le cas d'un patient français atteint dans l'un des pays touchés par l'épidémie, les premières mesures consistent à évaluer la transportabilité de la personne. Ainsi, un avion médical spécifique a été affrété pour rapatrier la jeune infirmière française infectée en septembre. Celle-ci a atterri à l'aéroport militaire de Villacoublay et a été immédiatement transportée à l'hôpital Bégin de Saint-Mandé, en ambulance spéciale.

Douze établissements ont été déclarés aptes à recevoir des patients atteints d'Ebola. À l'hôpital, il est placé à l'isolement dans une chambre équipée d'un sas à pression négative pour retenir l'air. On lui donne un pyjama et un masque chirurgical. Aucun remède n'existe à ce jour et les médecins ne peuvent traiter que les symptômes : fièvre, diarrhées et hémorragies. L'infirmière française, aujourd'hui guérie, aurait reçu des traitements expérimentaux. Tous les déchets du patients sont évacués et incinérés selon un protocole très stricte.
Les médecins, le personnel soignant et même le personnel naviguant à bord des avions ont reçu des formations spécifiques. Si un médecin de ville pense détecter un cas, il doit immédiatement prévenir le Samu. L'Agence régionale de santé et l'Institut de veille sanitaire détermine la dangerosité du cas et le font, si besoin, évacuer vers l'hôpital équipé le plus proche.

Des mesures renforcées

La France surveille de très près l'évolution de la situation dans les pays touchés. Dans les aéroports d'Afrique de l'Ouest, des personnels soignants prennent déjà la température de tous les passagers à l'aide d'un laser, qui évite le contact, selon les prescriptions de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Toute personne présentant de la fièvre est interdite de vol.

La ministre de la Santé Marisol Touraine a indiqué "travailler avec les avec les autorités des pays concernés, pour voir dans quelles conditions nous pourrions renforcer les contrôles au départ". De plus, les États membres de l'Union européenne doivent se rencontrer le 17 octobre prochain au sein du Comité de sécurité sanitaire, pour réfléchir à de nouvelles mesures dans les aéroports européens.

En Espagne, une infirmière a contracté le virus alors qu'elle soignait un patient atteint. Mais il s'agirait d'une faille dans le protocole sanitaire, propre à l'Espagne. Le professeur Gilles Pialoux, chef du service des Maladies Infectieuses et Tropicales de l'hôpital Tenon à Paris, affirme qu'il ne faut pas céder "à l'hystérie" en France et que le pays est "prêt à réagir" si le besoin se fait sentir.

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Un cas potentiel d'Ebola détecté et pris en charge à l'hôpital Bichat à Paris Crédit Média : Anne Le Henaff | Durée : | Date :
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