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Déserts médicaux : 13 départements n'ont plus de gynécologues médicaux

Un rapport du Sénat pointe les inégalités entre zones rurales et zones urbaines, en particulier pour les femmes qui souffrent davantage de précarité, de violences conjugales ou du manque d'accès à la médecine et aux services publics.

Un médecin en consultation (Illustration).
Un médecin en consultation (Illustration).
Crédit : iStock / Getty Images Plus
Déserts médicaux : les femmes souffrent du manque de gynécos en zone rurale
02:04
Sophie Aurenche

Les campagnes, zones blanches de l'égalité. Selon un rapport du Sénat, les femmes à la campagne ne peuvent pas se soigner aussi bien qu’en ville. Treize départements n’ont plus de gynécologues médicaux, chargés du suivi des femmes dans leur cabinet. Pas ceux qui les aident à accoucher. 

On peut citer les Hautes-Alpes, le Cher, le Loir-et-Cher, la Haute-Marne, l’Yonne. Dans 77 départements, on est en-dessous de la moyenne nationale. Les femmes ne peuvent donc pas être correctement suivies et prise en charge. C’est en Ariège que le taux de dépistage du cancer du sein est le plus faible de France. L'augmentation du nombre de sages-femmes, trois fois plus qu’il y a 40 ans, ne suffit pas. 

Dans les années 90, la formation de gynécologue médical (celui qui ne pratique pas les accouchements) a disparu. Impossible, du coup, de remplacer ceux qui partent à la retraite. Moyenne d’âge de cette profession : 65 ans. Depuis 15 ans, cette spécialité est à nouveau enseignée, on est donc train de sortir du creux de la vague.

Fermeture des maternités

Au total, 84 postes pour cette rentrée 2021. Mais leur profil a changé. Les gynécologues médicaux sont des femmes, à 100%. Elles exercent davantage en temps partiel et en plus, elles ne souhaitent pas forcément s’installer en zone rurale, car c’est compliqué pour leur mari de trouver du travail.

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À cela s’ajoute la fermeture de dizaines de maternités. La règle : pas plus de 45 minutes pour aller accoucher n’est pas possible dans tous les territoires, notamment dans les zones montagneuses.

Quelles solutions ?

Le rapport dirigé par la sénatrice de Vendée Annick Billon propose par exemple des gynécologues itinérants. C’est le cas à Nancy ou Metz. Ils travaillent dans un CHU et vont quelques jours par mois dans les zones rurales, moyennant une prime de 250€.

La médecine doit aller vers les femmes et plus l’inverse… Voilà la nouvelle logique. D’autant qu’elles conduisent moins que les hommes… 80% seulement ont le permis, contre 90% pour les hommes.

Le permis, nerf de la guerre. Sans voiture, elles n’ont pas accès à l’emploi, aux services publics et ne peuvent pas traverser un département pour trouver un médecin. À la campagne les inégalités hommes-femmes sont amplifiées : elles sont encore plus criantes que dans les zones urbaines.

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