2 min de lecture Alimentation

Des éleveurs dénoncent un étiquetage trompeur de certains jambons

Certains industriels agroalimentaires commercialisant du jambon en France sont accusés de "contourner" la législation en matière d'étiquetage.

Un emballage de jambon (illustration)
Un emballage de jambon (illustration) Crédit : FRANK PERRY / AFP
Martin Planques
Martin Planques et AFP

Fleury Michon et Herta sont les cibles... Des éleveurs pointent du doigt certains jambons commercialisés en France, et accusent ces industriels de "contourner" la législation en matière d'étiquetage.

Des syndicats comme la FDSEA de la Mayenne et la FRSEA des Pays-de-Loire ont ainsi reproché au groupe Fleury Michon d'avoir apposé un autocollant avec une photo d'éleveurs français sur des emballages de jambon d'origine espagnole, ou au groupe Herta de ne pas préciser l'origine de sa viande de porc sur du jambon fabriqué en France. 

Concernant la campagne de Fleury Michon, les éleveurs français qui ont participé au lancement d'une gamme de jambon d'origine France sans OGM et sans antibiotiques ont eu la désagréable surprise de trouver leur photo de groupe sur l'étiquette d'un sachet qui renfermait du jambon venant d'Espagne, précise Philippe Jehan, éleveur et président de la FDSEA de Mayenne et administrateur de la FNSEA.

Les industriels se défendent

Une rencontre a eu lieu juste avant l'été avec le groupe Fleury Michon, auquel le syndicat a fait part de ses griefs. "On a eu une concertation avec la répression des fraudes qui diligente une enquête, dont on n'a pas les conclusions encore", a aussi affirmé Philippe Jehan.

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"On peut comprendre que ça ait été mal compris ou mal interprété par les éleveurs qui sont à fleur de peau par rapport aux cours des matières premières", a répondu David Garbous, directeur stratégie innovation du groupe Fleury Michon, qui évoque une "action pour faire la promotion de la filière". Selon le groupe, les sachets de jambon incriminés ne représentaient que 1% de la production hebdomadaire de l'usine concernée, soit 6.900 sachets. "Ce n'est pas un sticker d'origine, mais qui indique 'venez découvrir une nouvelle gamme'".

Herta aussi à réagi aux critiques : "Nous indiquons la provenance de nos viandes sur tous nos emballages de jambons, et notre étiquetage est conforme à la réglementation". Le groupe a souligné qu'il utilisait le logo viande porcine française (VPF) sur ses références approvisionnées uniquement avec de la viande française, et, pour ses autres jambons, l'étiquetage "fabriqué avec de la viande de porcs d'origine UE (France, Espagne), issus d'élevages rigoureusement sélectionnés". 

Faire pression avant le vote de la loi Alimentation

Pour la FDSEA, la publication de ces griefs vise aussi à "peser sur l'importance de l'étiquetage", dans une "période de décision" avant le vote de la loi Alimentation prévu à la rentrée. "Le texte, tel qu'il se présente, n'est pas suffisant", a souligné Philippe Jehan, pour qui "fabriqué en France, ne veut pas dire produit en France", il cite d'autres produits que le jambon, comme l'aubergine ou le melon charentais.

Il souhaite permettre aux consommateurs "d'identifier le produit français, pas de dire qu'il est meilleur mais permettre aux consommateurs de choisir". Le projet de loi Agriculture et Alimentation doit être à nouveau examiné à l'Assemblée nationale à compter du 12 septembre prochain. 

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