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Des anglicismes à bannir de notre langue

L’usage de certains mots anglais est bien accepté en français. Les deux langues ont d’ailleurs des liens très étroits que vous pouvez découvrir dans deux formidables ouvrages : "Honni soit qui mal y pense" (Henriette Walter) et "La Story de la langue française" (Jean Pruvost).

Voici les conseils pour bannir les anglicismes
Voici les conseils pour bannir les anglicismes
Crédit : Unsplash/Green Chameleon
Des anglicismes à bannir de notre langue
03:13
Lisa Kamen

Personne ne s’offusque plus de l’utilisation des mots burnout, shopping ou encore wifi. Tout le monde les partage et les comprend même s’il existe des équivalents français, respectivement épuisement, lèche-vitrines ou sans-fil. Ces anglicismes-là portent sur les mots, le vocabulaire : ils sont dits lexicaux

Mais aujourd’hui j’aimerais m’attaquer avec vous à des anglicismes d’un autre type et qui me semblent constituer de véritables péchés contre notre belle langue. Je veux parler des anglicismes syntaxiques. 

Une fois de plus l’étymologie est éclairante. Le mot syntaxe vient du grec, langue dans laquelle il signifie rangement, composition, arrangement. Pour aller vite, la syntaxe est la manière dont on ordonne les mots les uns par rapport aux autres, leur organisation dans la phrase. En français, l’ordre des mots a une grande importance car il fait partie des indices de fonctions. Notre langue ne dispose pas de déclinaisons contrairement au latin, au russe ou à l'allemand par exemple, langues dans lesquelles les désinences des mots (leur terminaison) disent quel rôle ils jouent dans la phrase. On peut savoir grâce à elles si le mot est sujet ou complément du verbe par exemple. 

Ce n'est pas le cas en français. Le sens de la phrase "le chat mange la souris",  est tout à fait différent  de celui de cette autre phrase: "la souris mange le chat". Pourtant les mots souris et chat n'ont pas changé de forme. C'est leur place qui dit tout. On voit bien que la façon dont nous structurons notre langage est capital pour sa bonne compréhension. 

Des traductions mot à mot

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Il arrive de plus en plus souvent que les locuteurs français calquent la construction de leurs phrases sur l’anglais, dans une traduction "mot à mot". C'est cela qu’on appelle un anglicisme syntaxique. 

Prenons quelques exemples : l’expression "être en charge de" que l’on voit souvent dans les annonces de recrutement - vous serez en charge de la communication - est une traduction mot à mot de "to be in charge of ". En français on devrait plutôt dire : "vous aurez la charge de" ou "vous serez responsable de…".

Il y a aussi le très envahissant "faire sens" qui vient de "to make sense" en anglais. En français on dira : "ça a du sens", tout simplement.  Ce phénomène touche aussi beaucoup l’emploi des prépositions. Quand on dit d’un patient qu’il est "sous observation" (under en anglais) on devrait dire "en observation". Le fameux: "tout est sous contrôle" (under control).est également impropre  Tout est maîtrisé est la version française. "Payer pour quelque chose" est également un calque de l’anglais « to pay for something". En français on paie quelque chose, nul besoin de préposition! 

La folie adverbiale

L’invasion des adverbes juste et trop est également symptomatique Vous savez ce "juste" qu’on met partout. L'une de mes élèves s'est réjouie récemment du fait qu’il fasse "juste trop beau !" Bel enthousiasme mais un simple " je suis heureuse qu’il fasse si beau !" aurait été plus élégant. 

N'oublions pas l'emphatique "j’ai attendu un bon deux heures", traduction littérale de "a good two hours". Le français admet pourtant "je t’ai attendu deux bonnes heures", qui exprime aussi très clairement qu’il s’agit d’une durée supérieure à deux heures.

Il ne s’agit pas d'être nostalgique d'une langue pure, qui n'a jamais existé du reste, ni d’interdire l’usage de mots anglais en français mais d’éviter de laisser croire aux enfants qu'il est plus élégant ou plus moderne, plus "in" de parler en malmenant la syntaxe pour l’angliciser. Le résultat est souvent ridicule et dénote surtout un manque de culture. 

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