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Crédits immobiliers : "Attention, si les prix se retournent", prévient Lenglet

ÉDITO - Les crédits immobiliers en France ont encore augmenté en 2019 pour atteindre un niveau record, qui fait craindre un retour de flammes pour les ménages si jamais les prix se retournent.

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Crédits immobiliers : niveau record mais danger pour les ménages Crédit Image : SIPA | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Maeliss Innocenti

Le montant des crédits immobiliers en France a atteint un niveau record. La production de crédit immobilier par les banques en France a atteint 258 milliards d'euros en 2019. Un montant énorme, auquel il faut soustraire les renégociations de prêts. Beaucoup de gens ont emprunté l'année dernière tout simplement pour rembourser un autre prêt contracté auparavant, qui était à un taux d'intérêt moins avantageux.

En net, la hausse du montant prêté est d'un peu plus de 60 milliards, soit une croissance de 6,8% sur un an. C'est deux fois plus que dans la zone euro en moyenne. Et cela porte l'encours des crédits immobiliers dans notre pays à 1.078 milliards d'euros. C'est plus que les emprunts des entreprises.

Cette ruée sur le crédit peut s'expliquer par le faible niveau des taux d'intérêt. Le taux des crédits de 2019 est sans précédent, il s'est établi en moyenne à 1,17% selon la Banque de France. Et ça s'explique également par la vigueur du marché immobilier, qui se mesure avec deux critères. Le nombre de transactions, plus d'un million sur un an. Et bien sûr le niveau des prix. Leur progression a été de 4% au plan national sur la quasi-totalité du pays, avec des flambées localisées, +14% à Nantes, +11,5% à Lyon, +8 à Rennes. Tout cela tire évidemment à la hausse les crédits pour financer les achats.

Risque d'une bulle immobilière

Attention, si les prix se retournent, ce qui arrivera un jour, si l'économie plonge et que les emplois et les revenus se contractent, les ménages pourraient se trouver face à des remboursements difficiles. Ce qui provoque en général une spirale baissière, parce que les ménages vendent alors à perte pour rétablir leur situation financière.

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Si les bulles immobilières sont des facteurs de déclenchement de crise économique, c'est justement à cause des emprunts trop élevés. Aujourd'hui, le taux d'endettement total des ménages français, selon l'OCDE, est important. L'encours de leurs crédits représente 120% de leur revenu net disponible sur un an. Il y a 20 ans, ça n'était que 77%. Aujourd'hui ça fait des Français plus endettés que les Allemands, les Japonais, et même les Américains, selon l'organisme international.

Ça veut dire qu'il faudrait ralentir la distribution de crédit ? C'est ce que voudrait la Banque de France, qui est responsable de la stabilité financière. Elle a rappelé tout récemment qu'en règle générale, un crédit ne devait pas dépasser 25 ans, et que les remboursements ne devraient pas compter pour plus de 33% des revenus mensuels des emprunteurs. 

Ces règles de bon sens sont pourtant difficiles à mettre en œuvre pour ceux qu'on appelle les primo-accédants, ceux qui achètent pour la première fois, souvent des jeunes, qui n'ont pas beaucoup d'apport personnel. Les banques ont prévenu, si elles s'en tenaient strictement aux principes recommandés par la Banque de France, elles se verraient contraintes d'exclure 100.000 ménages de l'accession à la propriété.

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