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Coronavirus : les téléconsultations seront autorisées pour les IVG médicamenteuses

En raison des mesures de confinement, Marlène Schiappa annonce que les téléconsultations seront autorisées dans le cadre des IVG médicamenteuses.

IVG (Illustration)
IVG (Illustration) Crédit : MANOOCHER DEGHATI / AFP
Youen
Youen Tanguy Journaliste

L'accès à l'IVG est-il limité par les mesures de confinement ? C'est en tout cas ce que craignent plusieurs associations de lutte pour les droits des femmes. Avec la crise du coronavirus, "tout le système de santé est réorganisé. Or, une IVG, ça ne peut pas attendre", expliquait il y a quelques semaines la gynécologue Danielle Gaudry, militante au Planning familial.

"Il est hors de question que l'épidémie de Covid-19 restreigne le droit à l'avortement dans notre pays", a déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran mercredi 1er avril, lors des questions au gouvernement au Sénat. Il avait alors indiqué avoir "des remontées attestant du fait qu'il y a une réduction inquiétante du recours à l'IVG (interruption volontaire de grossesse)" en cette période de confinement.

Un constat partagé par le Planning familial qui a noté une hausse des appels sur son numéro vert national (0 800 08 11 11), mais une baisse des recours à l'IVG. "On note une augmentation de 51% des appels depuis le début du confinement par rapport à la même période l’an dernier, explique à RTL.fr Caroline Rebhi, co-présidente du Planning familial. Est-ce qu’elles attendent la fin du confinement pour avoir recours à l’IVG ? Si c'est le cas, on aura une augmentation des IVG après le confinement et, du coup, des demandes hors-délais".

Dans une tribune publiée dans Le Monde, plus d’une centaine de professionnels de l’IVG ont réclamé le 31 mars dernier la mise en place de mesures d’urgence, se disant prêts "à défier la loi". Le gouvernement vient de répondre a une partie de leurs demandes.

"La femme pourra aller chercher le médicament en officine"

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"L’ensemble des consultations nécessaires aux IVG médicamenteuses pourront être réalisées sous forme de téléconsultations, si la femme le souhaite et le praticien l’estime possible", annonce ce vendredi la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité femmes-hommes et de la lutte contre les discriminations dans un communiqué que RTL.fr a pu consulter. 

Le première étape consistera en une téléconsultation d’information et de remise des ordonnances, puis une autre consultation (physique ou à distance celle-là, ndlr) conduira à prise du premier médicament (antiprogestérone). 


"En cas de téléconsultation, la femme pourra aller le chercher en officine, en lien avec le médecin ou la sage-femme", précise le communiqué. Le 2e médicament (prostaglandine) devant être pris 36 à 48h après le premier". Enfin une dernière téléconsultation de contrôle sera réalisée dans les 14 à 21 jours qui suivent. 

Pour la co-présidente du Planning familial, Caroline Rebhi, "il s'agit d'une bonne mesure, qui permet d'éviter les déplacements". "C'est notamment une bonne chose de pouvoir aller chercher le médicament en pharmacie", ajoute-t-elle, regrettant toutefois que le nombre de consultations préalables ne soit pas réduit à une seule, comme le Planning le souhaitait.

Incertitudes pour l'IVG par aspiration

Plusieurs voix se sont élevées ces derniers jours, comme celle de l'ancienne ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol, pour demander l’allongement de deux semaines des dates limites des IVG médicamenteuses hors milieu hospitalier. Sur ce point, le ministère s'en remet à la Haute autorité de la santé qui devrait rendre son avis la semaine prochaine "afin que l’ensemble de ces mesures rentrent en application dans les tout prochains jours (...)".

"Je veux m'assurer qu'aucune femme ne soit empêchée d'accéder à la possibilité d'avorter pendant le confinement dès lors que c'est son choix", assure Marlène Schiappa à RTL.fr.

Concernant un éventuel allongement du délai d'IVG par aspiration, actuellement de douze semaines de grossesse (soit quatorze semaines d'amenhorée), réclamé par les professionnels de santé dans Le Monde, le ministre a assuré être "en train de regarder". Le communiqué de Marlène Schiappa n'en fait, lui, pas mention.

Enfin, les ministres encouragent l’ensemble des médecins en ville et les sages-femmes libérales à s’engager dans le maintien des IVG médicamenteuses, peut-on lire dans le communiqué, et demandent aux établissements de santé d’assurer la continuité des IVG instrumentales". 

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