2 min de lecture Violences conjugales

Confinement : en Île-de-France un centre accueille les victimes de violences conjugales

REPORTAGE - “La stratégie de l’agresseur qui consiste à isoler la victime marche très bien puisque les femmes sont confinées avec les auteurs de violence”, explique une membre de l'association Solidarité Femmes, qui gère le centre d'hébergement.

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Confinement : en Île-de-France un centre accueille les victimes de violences conjugales Crédit Image : DR | Crédit Média : Emilie Baujard | Durée : | Date : La page de l'émission
Émilie Baujard
Emilie Baujard édité par Camille Sarazin

C’est un fléau quotidien qui n’a pas disparu avec le confinement : les violences conjugales. Il y a 30% de signalements en plus sur tout le territoire. Pour elles, une seule solution : fuir. Grâce aux dons, une résidence pour les accueillir a été ouverte il y a un mois en région parisienne.

Quelque part en Île-de-France, dans un lieu tenu secret, un immeuble prêté par un bailleur privé accueille depuis quelques semaines une trentaine de femmes et leurs enfants. Ils ont été mis en sécurité ici par l’association Solidarité Femmes. Léa, la coordinatrice en Île-de-France, s’est occupée de les faire venir jusqu’à ce lieu sécurisé.

“Ça peut être une situation où madame dit qu’elle va acheter du pain, elle prend un petit sac à dos l’air de rien où elle a préparé ses documents, elle donne une heure précise et nous on fait venir un taxi qui la récupère au coin de la rue”, explique-t-elle.

Des départs précipités, des femmes qui arrivent souvent sans rien. Noémie est là pour les accueillir et leur fournir le nécessaire, elle vient de préparer une chambre car une victime doit arriver dans les prochaines minutes. “Là, on a installé un lit de bébé parce qu’on a une femme qui arrive avec un enfant de deux ans”, raconte-t-elle. “On a aussi une poussette et tout le matériel nécessaire. Et là, on leur a aussi installé pas mal de nourriture."

Des mesures de sécurité très strictes

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La plupart des femmes ici sont connues des associations comme étant victimes de violence, mais avec le confinement leur situation s’est détériorée très vite. “La stratégie de l’agresseur qui consiste à isoler la victime, là ça marche très très bien puisque les femmes sont confinées avec les auteurs de violence”, explique-t-elle. “Parfois sans aucun recours aux ressources extérieures s’il y a aussi du cyber-contrôle.” Certaines femmes n’ont ni accès à internet, ni à un téléphone pour appeler à l’aide.

“Là, elles partent parce que physiquement elles n’ont pas le choix.” Beaucoup de ces femmes sont en danger de mort. C’est pourquoi des règles strictes de sécurité ont été mises en place. “Une fois qu’elles arrivent on vérifie bien qu’elles ont désactivé la géolocalisation sur leur téléphone et sur le téléphone des enfants aussi”, explique l’accompagnatrice. Les femmes ont interdiction formelle de divulguer l’adresse et d’entrer en contact avec l’auteur des violences, leur compagnon. “Ce sont des gens très dangereux.”

L’association ouvre une dizaine de chambres toutes les semaines. Les femmes et leurs enfants pourront rester après le confinement, jusqu’au 31 juillet, ensuite elles seront orientées vers une autre structure d’accueil.

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