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Plusieurs mois sans école : "Ce retard, on ne pourra pas le rattraper", dit un professeur

INVITÉ RTL - "L’école confinée, elle n’est pas vécue de la même manière en fonction de la situation sociale ou physique dans laquelle on se trouve", explique Iannis Roder, professeur d’histoire-géographie en Seine-Saint-Denis.

Les écoles fermeront pour 4 semaines dès vendredi.
Les écoles fermeront pour 4 semaines dès vendredi.
Crédit : GILE MICHEL/SIPA
Plusieurs mois sans école : "Ce retard on ne pourra pas le rattraper", assure un prof d'histoire
11:09
Yves Calvi - édité par Camille Sarazin

“Cinq mois de décrochage scolaire, c’est probablement une bombe à retardement.” Ce sont les mots du Premier ministre, Édouard Philippe, prononcés devant le Sénat lundi 4 mai.

Iannis Roder rejoint sa pensée. “Dès le 17 mars, les enseignants ont cherché à garder le contact avec leurs élèves et on s’est aperçu très vite, là où je travaille en banlieue, que nous n’avions pas de contact avec près d'un tiers de nos élèves”, explique ce professeur d’histoire-géographie en Seine-Saint-Denis. “Ces élèves n’ont plus de scolarité depuis”, insiste-t-il. 

Les services scolaires tentent alors de contacter les parents. “Ce sont des coups de fil, des mails, des courriers qui sont envoyés par l’administration de l’établissement et qui ne trouvent pas de réponse”, explique le directeur de l’Observatoire de l’éducation à la fondation Jean Jaurès. “Je suis inquiet pour ces élèves pour différentes raisons, la première évidemment c’est la question de l’apprentissage."

"Même si on peut se dire que trois mois sans école ce n'est pas si grave et que cela se rattrapera, vous savez, trois mois sans école, ce n’est pas la même chose pour tout le monde", assure-t-il. "L’école confinée, elle n’est pas vécue de la même manière en fonction de la situation sociale ou physique dans laquelle on se trouve." 

Des élèves en "décrochage complet"

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Même si, "il y a beaucoup d’élèves en France qui continuent à avancer, à progresser, dont le capital culturel s’enrichit", pour d'autres, le retard s'accumule. "Eux sont restés bloqués parce que l’école est extrêmement importante pour eux, le présentiel", explique Iannis Roder. "Et ce retard on ne pourra pas le rattraper", alerte-t-il.

"La deuxième chose, qui m’inquiète encore plus, c’est qu’il y a des situations compliquées pour certains élèves qui rencontraient déjà des difficultés et qui sont en phase de décrochage complet", explique ce professeur d'histoire. Pour ces élèves-là, les mots du Premier ministre prennent tout leur sens.

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