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"Combien coûte une vie ?" : sur RTL, le champion olympique Alain Bernard appelle les futurs maires à se doter de piscines municipales pour prévenir les noyades

À deux mois des municipales, l'ancien nageur estime ce jeudi 15 janvier que les collectivités ne doivent pas renoncer à construire des piscines, sous peine de voir le nombre de noyés continuer d'empirer après un été 2025 marqué par une hausse alarmante des décès dans l'eau à travers le pays.

Le champion olympique de natation Alain Bernard donne un cours à des enfants dans une piscine à Paris, le 20 juin 2019.

Crédit : Thomas SAMSON / AFP

Piscines municipales : "Combien coûte une vie ?", alerte le champion olympique Alain Bernard

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Amandine Bégot & Arthur Pereira & Gabriel Joly

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À deux mois du premier tour des municipales, la question du maintien des piscines communales s'invite parmi les débats. Ces lieux de baignade coûtent de plus en plus cher à entretenir, si bien que certaines mairies sont obligées de les fermer.

"Une piscine, ce n'est pas un loisir, c'est un équipement structurant sur une collectivité, un équipement qui accueille 100% de la pyramide des âges. Même s'il coûte extrêmement cher, combien coûte une vie aujourd'hui ?", interpelle sur RTL Alain Bernard, en direction des candidats aux fonctions d'édile, faisant référence aux chiffres publiés à l'été par Santé Publique France. En 2025, un total de 1.013 noyades ont été recensées du 1er juin au 13 août, soit 14% de plus que l'année précédente à la même période, aboutissant au décès de 268 personnes.

Sur RTL, le champion olympique du 100m nage libre à Pékin 2008 pointe "l'incohérence qui existe entre les prérequis de l'Éducation nationale qui consistent à diriger des apprentissages de natation" et le fait que ceux-ci "s'appuient sur des infrastructures financées par les collectivités". Avec Florent Manaudou, ils dénoncent depuis plusieurs mois la vétusté et le manque de piscines en France.

Cette faible offre aquatique a conduit à ce que les jeunes n'apprennent plus autant à nager qu'avant, selon ceux qui réclament un plan d'urgence pour faire construire ces équipements. En classe de sixième, on estime aujourd'hui qu'un élève sur deux ne sait pas nager. "Cela paraît fou, à peine un an et demi après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. On pensait qu'une réelle dynamique allait s'installer", dépeint l'ex-athlète tricolore, estimant que la hausse du prix de l'énergie, lié notamment à la guerre en Ukraine, ne joue pas en faveur de la rentabilité des piscines municipales

"De nouveaux modèles de piscines moins coûteuses existent"

La ville de Longjumeau dans l'Essonne, qui compte 20.000 habitants, n'en a justement plus depuis cinq ans. Au niveau de l'ancien bâtiment, les tuyaux blancs des douches extérieures ont été grignotés par la rouille, quand le pédiluve, lui, a été vidé de son eau. "C'est bien dommage, ça nous manque", regrette Myriam, qui n'avait qu'à marcher cinq petites minutes, avant la fermeture, pour sauter dans l'eau avec son mari.

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Aujourd'hui, le couple doit faire 20 minutes de route avant d'enfiler bonnets et maillots de bain : "On n'a pas le choix, c'est comme ça. On aurait bien rêvé que la piscine réouvre, mais à moins que la mairie gagne au loto…", s'amusent-ils. Car entretenir un bassin de 25 mètres coûte beaucoup d'argent. 

"C'était 700.000 euros de coût de fonctionnement, qui comprennent à la fois les coûts techniques, les coûts en personnel...", explique la maire Sandrine Gelot, quand les recettes à l'année n'étaient "même pas de 50.000 euros". Seul un projet mené par l'intercommunalité permettrait de rouvrir le bassin municipal.

"Ce qui coûte cher dans les piscines et les anciens modèles, ce sont les profondeurs des bassins, les surfaces des bassins, le traitement d'eau et le traitement d'air adossé à cela, sans parler des charges liées aux maîtres-nageurs, un métier en tension", reconnaît Alain Bernard. "Mais je veux dire aussi que de nouveaux modèles de piscines moins coûteuses en investissement et en exploitation existent", souligne-t-il. Reste à savoir si cela convaincra les futurs candidats élus le 22 mars prochain.

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