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Cinquante ans de Mai 68 : le pouvoir, de Gaulle et la rue

BILLET (6/7) - En quoi le Mai français est-il différent des révoltes étudiantes qui ont eu lieu dans d’autres pays à cette époque ? L'analyse de Serge July.

Stéphane Carpentier RTL Evenement Stéphane Carpentier
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Cinquante ans de Mai 68 : le pouvoir, de Gaulle et la rue Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Serge July
Serge July Journaliste RTL

Le Mai français commence, comme partout ailleurs, par une révolte étudiante. Mais il prend déjà une autre dimension avec le recours aux barricades. Alors est-ce que c'est une émeute ou pas une émeute ? De Gaulle le pense. Il est pour casser le mouvement. Pompidou, à l'inverse, ne veut pas prendre les barricades étudiantes pour une insurrection.

Le duo exécutif est désaccordé. Résultat : il multiplie les contretemps. Le 13 mai, le pouvoir cède sous la pression d'une mobilisation populaire exceptionnelle. Il libère la Sorbonne qu'il avait fermée le 3 mai. Trop tard, la grève générale est enclenchée.

Ce mouvement social, c'est l'originalité du printemps français. D'autant que la grève générale est quasi-unanime. L'élément déclencheur : les étudiants ont gagné. Et nulle part ailleurs, la révolte étudiante n'a eu cet effet. Cette grève reste, comme le mouvement social français, le plus important du XXe siècle.

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De Gaulle a "mis à côté de la plaque"

En 1968, il y a eu des milliers et des milliers d'assemblées générales, de comité d'action, des milliers de propositions et de doléances. Les Français avaient envie d'être partie prenante de leur avenir. Ils avaient une envie de société.

Pompidou négocie en catastrophe les accords de Grenelle avec la CGT, alors sous influence communiste, hostile à ce qu'elle considérait comme l'anarchie ambiante. Le gouvernement cède beaucoup : les salaires réels sont augmentés de 10%, la section syndicale d'entreprise est reconnue, la quatrième semaine de congés payés est généralisée.

Le Premier ministre Georges Pompidou, le 27 mai 1968, conduisant les négociations qui aboutiront aux accords de Grenelle
Le Premier ministre Georges Pompidou, le 27 mai 1968, conduisant les négociations qui aboutiront aux accords de Grenelle Crédit : AFP / Archives

Mais le 28 mai, les AG de salariés dans la plupart des entreprises rejettent ces accords. Pourquoi ? À la présidentielle de 1965, de Gaulle avait été mis en ballottage. En 1967, les élections législatives lui avaient donné une majorité parlementaire ric-rac d’un siège.

Lorsque le 24 mai, en pleine Commune étudiante, il avait proposé un référendum sur le mode "C'est moi ou le chaos", il avait "mis à côté de la plaque", comme il le reconnaîtra d'emblée lui-même. Il ne comprenait pas que la société française avait envie aussi de jouer un rôle actif. Il y a eu un rejet de l'acteur unique de la réforme.

La question du pouvoir n'était pas posée

C'est une révolution culturelle, mais pas une révolution politique. La question du pouvoir central n'intéressait personne. Ni la rue, qui passait et repassait indifférents devant des ministères vides ; pas les communistes, qui redoutaient le désordre ; même pas l'extrême-gauche, qui n’en avait pas les moyens.

Le seul qui l'ait évoqué fut François Mitterrand. Et cela lui fut reproché, au point de devoir passer son tour pour la présidentielle de 1969. La question du pouvoir politique n'était pas posée en 1968.

La manifestation de soutien au général de Gaulle, le 30 mai 1968 sur les Champs-Élysées
La manifestation de soutien au général de Gaulle, le 30 mai 1968 sur les Champs-Élysées Crédit : AFP / Archives

Et çà, de Gaulle l'avait très bien compris. La preuve avec l'aller et retour surjoué à Baden-Baden, avec la manifestation anti-68 des Champs-Élysées et avec des élections législatives anticipées en juin. De Gaulle était le grand perdant de 68. Mais il avait réussi à gagner un sursis.

"Sous les pavés... RTL"

Dans la nuit du 3 au 4 mai, de 1 heure à 4h30, les auditeurs ont pu revivre Mai 68 à travers les archives sonores de RTL et les témoignages de la nuit des barricades.

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"La nuit Mai 68 sur RTL" (première partie) Durée : | Date :
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