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Chômage : pourquoi Emmanuel Macron n'a pas gagné le pari du plein emploi

Plus de 4,5 millions de recrutements sont attendus sur les 12 prochains mois, selon une étude d'Adecco-Analytics. Mais le pari du plein emploi est loin d'être gagné pour le chef de l'État.

Pôle emploi (illustration du chômage)
Pôle emploi (illustration du chômage)
Crédit : PASCAL GUYOT / AFP
L'ÉCO & YOU - Le paradoxe du chômage français
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Martial You

Sur les douze prochains mois, à compter du mois d'octobre, plus de 4,5 millions de recrutements sont prévus en France dans tous les secteurs et toutes les régions. Telle est la prévision du dernier baromètre de l'emploi Adecco-Analytics publié le 26 septembre. Cela signifie-t-il que le pari du plein emploi est gagné pour Emmanuel Macron ? Hélas non ! 

Pourtant, si l'on considère qu'il y a un peu moins de 3 millions de Français qui ne travaillent pas du tout d'un côté et 4 millions et demi d'offres de l'autre côté, il n'y aurait plus un seul chômeur dans ce pays dans 1 an sur le plan statistique. Malheureusement, vous vous doutez bien que ça n'est pas aussi arithmétique que ça. Parce qu'on sait déjà que toutes les offres ne trouveront pas de candidats. 

D'abord, il y a un marché invisible de l'emploi, un monde parallèle. Ce sont les offres que vous ne voyez jamais car le patron trouve son salarié grâce au bouche à oreille. En 2020, 41% des embauches se sont faites en dehors des annonces de Pole Emploi. 3 millions de jobs. Vous avez souvent des CDD transformés en CDI. Ça ne fait pas un chômeur de moins. Cela signifie que les offres qui restent sont celles qui sont les moins faciles à trouver. Cette année, une embauche sur quatre concerne un métier en grande tension. Un quart des offres se concentrent sur 20 professions.

On retrouve toujours les mêmes secteurs. À commencer par l'hôtellerie-restauration : 500.000 postes de serveurs ou de cuisiniers à pourvoir. Les préparateurs de commandes dans les entrepôts du e-commerce : près de 200.000 offres. Ces jobs-là ne trouvent pas de main-d'œuvre et les postes resteront vacants ou basculeront vers l'intérim.

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C'est le paradoxe du marché du travail en France. On a un taux de chômage plus élevé que nos voisins européens (on est à 7,2% de la population active contre 6,6% pour l'ensemble de la zone euro) mais on ne trouve pas de bras.

Les raisons de ce paradoxe

Première raison, la pénibilité. Le manque d'attractivité de certains métiers : c'est encore plus vrai quand vous avez l'embarras du choix car il y a beaucoup d'offres. La quête de sens également qui a poussé 1 million de français à démissionner de leurs CDI depuis janvier. Ceux-là ne veulent pas forcément retrouver le même job ailleurs.

La géographie joue un rôle également. On l'oublie souvent mais l'emploi est très mal réparti. Sur les 4 millions et demi d'offres, une sur cinq se situe en région parisienne. Mais tous les chômeurs ne sont pas Parisiens et c'est très cher de venir vivre en Île-de-France. Donc, certains postes restent vacants.

On pointe aussi un problème de formation, qui se corrige petit à petit avec le renforcement de l'apprentissage et la mise en avant des filières technologiques. Mais évidemment, il y a un problème d'offre et de demande : on ne forme pas les jeunes aux métiers (même très qualifiés) dont les entreprises ont besoin. Dans leur livre Les ennemis de l'emploi, les économistes Pierre Cahuc et André Zylberberg démontrent qu'on détruit tous les jours 10.000 emplois obsolètes, dépassés techniquement et qu'on en crée 10.000 nouveaux. Le marché du travail est un corps vivant.

Le défi : réintégrer les jeunes sortis du marché du travail

Le plein emploi, c'est 3,5%. En Vendée ou en Moselle, on y est déjà. Il faut maintenant investir pour aller chercher et former ceux qui sont les plus éloignés de l'emploi : les jeunes décrocheurs et les séniors qui sont mis au chômage avant la retraite. 

On estime qu'il y a environ 1 million et demi de jeunes de moins de 25 ans qui sont sortis du système. Selon Randstat, il faut compter 7.000 euros d'investissement en moyenne pour retrouver ces jeunes et leur offrir une formation pour les réintégrer. C'est vraiment un investissement de plusieurs milliards qu'il va falloir faire. Sinon, c'est la croissance de la France qui va décrocher.

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