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César 2017 : Roman Polanski renonce à présider la cérémonie, "ça fait du bien"

RÉACTION - Après la grogne qui a suivi l'annonce de sa désignation à la présidence de la 42e cérémonie des César, le cinéaste a finalement renoncé. Les féministes y voient "une bonne nouvelle", tout en nuançant la victoire.

Le cinéaste franco-polonais Roman Polanski en août 2016
Le cinéaste franco-polonais Roman Polanski en août 2016
Crédit : GUILLAUME SOUVANT / AFP
Alice Coffin, membre du groupe d'action féministe "La Barbe" est l'invitée de RTL Midi
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Alice Coffin, membre du groupe d'action féministe "La Barbe" est l'invitée de RTL Midi
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Cécile De Sèze
Cécile De Sèze

"Ca fait du bien, c'est une bonne nouvelle". La porte-parole d'Osez le Féminisme, jointe par Girls, se réjouit de la décision de Roman Polanski qui a renoncé à présider la cérémonie des César cette année. Le cinéaste franco-polonais s'est donc retiré après la colère soulevée par l'annonce de sa désignation mercredi 18 janvier. Les internautes s'étaient mobilisés pour s'indigner et peser dans la décision de l'Académie. Un hashtag #BoycottCesar a été lancé, ainsi qu'une pétition (qui a ce jour a récolté plus de 60.000 signatures) et un appel au rassemblement le jour de la cérémonie, le 24 février prochain. 

Si la porte-parole du collectif féministe, Raphaëlle Rémy-Leleu, ne cache pas sa joie vis-à-vis de cette décision, deux déceptions persistent. La première : ce n'est pas l'académie des César - ou autre instance officielle - qui a pris la décision devant le mécontentement des militants, mais c'est le cinéaste lui-même qui s'est retiré. 

On est dans une société encore très sexiste, où le viol est moins grave que le reste

Osez le Féminisme

La seconde se situe face aux réactions des personnes qui ont tenté de le défendre toute cette semaine, à commencer par la ministre de la Culture, Audrey Azoulay, selon qui, même si les faits "sont particulièrement graves" sont "aussi très anciens" et de remettre en avant le fait qu'il "sera poursuivi toute sa vie" mais qu'il n'en "demeure pas moins un cinéaste de très grand talent honoré de multiples César". Accusée de défendre la "culture du viol", elle n'est pas la seule, Aurélie Filippetti ou encore Maïténa Biraben font aussi partie des défenderesses du réalisateur. 

"Le problème ce n'est pas que ce soit des femmes qui le soutiennent, mais ça nous rappelle que l'on est dans une société encore très sexiste, où le viol est moins grave que le reste. S'il avait commis un braquage à main armée, il n'aura jamais été choisi", illustre la porte-parole d'Osez le féminisme. La ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a également réagi sur Twitter en dénonçant la culture du viol.

La déclaration de Roman Polanski jugée "indécente"

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Quant à la réaction de Roman Polanski, Raphaëlle Rémy-Leleu la juge "indécente". Le cinéaste considère que la polémique le visant est "injustifiée". Le communiqué précise par ailleurs que cette controverse a "profondément attristé Roman Polanski et atteint sa famille". "C'est indigne, c'est indécent mais ce n'est pas étonnant de la part d'un homme qui fuit depuis 40 ans", juge ainsi Raphaëlle Rémy-Leleu qui dénonce la "culpabilisation" et "la victimisation" de la part de l'accusé. Les arguments qui le protègent ne sont pas rares en effet. 

Quand certains brandissent son talent de réalisateur, d'autres craignent que la justice mette un terme à sa carrière. Dans un édito controversé, L'Express appelait ainsi à "se mettre à sa place" pour comprendre son exil. "Ce n'est pas triste, c'est une remise des choses à l'endroit", défend ainsi la féministe. 

Poursuivi pour viol depuis 40 ans

Si les contestataires n'ont jamais remis en doute le talent de cinéaste de Roman Polanski, c'est son passé avec la justice américaine qui dérange. Cela fait 40 ans que Roman Polanski est poursuivi pour viol aux États-Unis. 

Plus exactement, il y a 40 ans, 6 chefs d'accusation pesaient contre lui ("fourniture de substance réglementée à une mineure, actes obscènes sur un enfant de moins de 14 ans, relations sexuelles illégales, viol par usage de drogue, perversion et sodomie"), il a plaidé coupable pour le moins lourd, "relation sexuelle illicite" avec une mineur, et s'est enfui avant le verdict lors de sa remise en liberté sous caution. Depuis, il est exilé en Europe et ne s'est jamais présenté à la justice américaine et n'a donc jamais été puni pour ses actes, puisque le verdict n'a jamais été prononcé.  

Une victoire des militant(e)s

Finalement, c'est tout de même une nouvelle qui est prise comme une certaine victoire de la mobilisation depuis une semaine. "Tout le militantisme a joué, il y a un vrai ras-le-bol des femmes", poursuit Osez le Féminisme. Alice Coffin, de l'association féministe La Barbe a quant à elle assuré au micro de RTL que la décision de Roman Polanski "démontre l'efficacité des mobilisations féministes". Sur les réseaux sociaux, les internautes se félicitent d'avoir pesé dans l'actualité. 

Que devient le boycott de la cérémonie ? Alice Coffin, l'une des organisatrices, a confirmé à Girls que celui-ci était annulé. 

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