2 min de lecture Polémique

Canada : mort d'une femme autochtone, victime de racisme sur son lit d'hôpital

Une mère de famille, appartenant à la communauté autochtone du Québec, est morte le 28 septembre, après avoir été insultée sur son lit d'hôpital.

Des manifestants réclamant justice pour Joyce Echaquan, la femme autochtone morte après avoir été victime de racisme sur son lit d'hôpital, à Montréal, le 3 octobre 2020.
Des manifestants réclamant justice pour Joyce Echaquan, la femme autochtone morte après avoir été victime de racisme sur son lit d'hôpital, à Montréal, le 3 octobre 2020. Crédit : Eric THOMAS / AFP
Maeliss
Maeliss Innocenti Journaliste

Un scandale raciste secoue le Canada depuis la mort de Joyce Echaquan, 37 ans, mère de famille, membre des Attikameks, peuple d'autochtones du Québec. Hospitalisée pour des douleurs à l'estomac, elle est morte le lundi 28 septembre au centre hospitalier de Lanaudière, dans la région de Joliette, après avoir été victime de propos racistes sur son lit d'hôpital.

Peu de temps avant de mourir, elle s'est filmée avec son téléphone portable. Elle se plaignait et se disait trop médicamentée. Les images ont été diffusées sur Facebook. Selon Le Journal de Montréal, qui a pu voir la vidéo, une personne s'en est pris violemment à elle en l'insultant : "Esti d’épaisse de tabarnouche… C’est mieux mort ça. As-tu fini de niaiser… câlisse ? T’es épaisse en câlisse."

La mort de Joyce Echaquan a bouleversé tout le Québec et a choqué jusqu'aux plus hautes sphères politiques. François Legault, Premier ministre du Québec, a évoqué un événement "totalement inacceptable". Justin Trudeau a dénoncé un acte de "racisme systémique" : "Ce qui s’est passé, c’est la pire forme de racisme, quand quelqu’un avait le plus besoin d’aide. C’est un exemple de racisme systémique qui est tout simplement inacceptable au Canada." Des manifestations réclamant justice pour Joyce ont éclaté partout dans le pays.

Ma conjointe a vécu ses derniers jours dans l’agonie entourée de gens méprisants

Carol Dubé, compagnon de Joyce Echaquan.
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Carol Dubé, le compagnon de la trentenaire, et père de ses sept enfants, a pris la parole publiquement à Joliette vendredi 2 octobre : "Ma conjointe a vécu ses derniers jours dans l’agonie entourée de gens méprisants. Les derniers mots qu’elle a entendus avant de mourir, de ceux qui étaient supposés la protéger : des insultes, l’humiliation", a-t-il dit, selon des propos rapportés par Le Journal de Montréal.

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Une plainte a été déposée et les proches de Joyce Echaquan, soutenus par leur avocat Paul-Émile Ottawa, espèrent qu'elle aboutira à des accusations criminelles. La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a annoncé ce samedi 3 octobre avoir réclamé "une enquête publique afin d'éclaircir les causes et les circonstances" du drame.

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