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Cantines scolaires : Denormandie veut davantage de jeunes bovins dans les assiettes

Le ministre de l'Agriculture demande aux gestionnaires de cantines de venir en aide aux producteurs français.

Ancien ministre de la Ville et du logement, Julien Denormandie a hérité du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation
Ancien ministre de la Ville et du logement, Julien Denormandie a hérité du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation Crédit : LUDOVIC MARIN / AFP
Jérémy Billault et AFP

Ni veau, ni bœuf, la viande de jeune bovin est trop peu consommée en France, regrette le ministre français de l'Agriculture : il appelle ce jeudi 18 février les gestionnaires de cantines scolaires à en commander pour soutenir les éleveurs bovins "en souffrance" et réduire leur dépendance à l'export.

"J'en appelle aux élus locaux pour faire le pari de cette viande de qualité et avoir le réflexe jeune bovin au moment où les menus des cantines sont établis", a déclaré le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation Julien Denormandie dans un entretien avec l'Agence France-Presse.

En France, on mange plus volontiers du veau et des pièces de viande provenant de femelles, réputées plus tendres, que celle des jeunes bovins - des mâles âgés de 12 à 24 mois.

Cette viande de jeunes bovins, un peu plus claire que le bœuf, est toutefois "consommée dans certaines régions françaises comme dans la région lyonnaise, l'est de la France, un peu dans le nord", relève Caroline Monniot, cheffe de projet conjoncture viande bovine à l'Institut de l'élevage (Idele). Mais la moitié de la viande de jeunes bovins français est exportée, en premier lieu vers l'Italie mais aussi vers la Belgique, l'Allemagne et la Grèce.

De nouveaux débouchés pour les producteurs bovins

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Les particularités régionales de consommation en France s'expliquent par la tradition, mais aussi par la présence d'immigrants italiens (Lyon, Grenoble), allemands (Alsace, Lorraine) et belges (nord), explique Caroline Monniot à l'Agence France-Presse.

La France vend aussi massivement à l'Italie (81% des exportations) des animaux plus jeunes (6 à 12 mois), appelés "broutards", qui sont engraissés sur place puis généralement servis dans les restaurants transalpins, un marché bouleversé par la crise du Covid-19.

Le ministre de l'Agriculture est pressé de trouver de nouveaux débouchés, en France, pour les producteurs bovins qui dénoncent des prix d'achat de leurs animaux inférieurs aux coûts de production.

La Fédération nationale bovine (FNB), section spécialisée de la FNSEA, a récemment calculé à partir de projections qu'un éleveur avait gagné en moyenne 8.000 euros en 2020, soit moins de 700 euros par mois.

Une viande particulièrement adaptée aux enfants

Dans son appel, le ministre s'adresse tout particulièrement aux élus des régions ayant une tradition d'élevage de races à viande (Charolaise, Limousine...) dans un vaste périmètre "autour du Massif central".

Car, dit-il, s'approvisionner en jeune bovin produit localement, "c'est le moyen de faire vivre nos territoires avec une filière de la viande allaitante qui est en souffrance et pour laquelle on se bat tous les jours pour recréer de la valeur".

"Peu grasse", "c'est une viande particulièrement adaptée à nos enfants, à nos adolescents", plaide Julien Denormandie, qui note qu'on la trouve "dans beaucoup de cantines en Europe, mais pas chez nous".

Et il est "beaucoup plus rapide de changer nos habitudes dans les plats que nous servons dans les cantines que de changer l'habitude de 66 millions de consommateurs", fait-il valoir.
La restauration scolaire, ce sont 1,2 milliard de repas par an, souligne le ministre, de quoi "lancer une grande dynamique".

"C'est une filière qui pourrait être beaucoup plus développée avec de l'engraissement qui se ferait sur notre territoire plutôt que d'envoyer des broutards être engraissés dans d'autres pays comme en Italie", plaide le ministre.

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