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Bobigny : un risque d'embrasement des banlieues est-il à craindre ?

REPLAY - L'interpellation musclée de Theo à Aulnay-sous-Bois et les incidents qui ont suivi dans plusieurs quartiers autour de Paris interrogent : y'a-t-il un nouveau risque d'embrasement après les émeutes de 2005 ?

Des policiers face à des manifestants à Bobigny, le 11 février 2017
Des policiers face à des manifestants à Bobigny, le 11 février 2017
Crédit : Patrick KOVARIK / AFP
On refait le monde du 13 février 2017
36:33
micros
La rédaction numérique de RTL

Sur RTL, Bruno Le Roux a déclaré le 13 février que selon lui, "interdire de manifester" n'est pas nécessairement la bonne solution afin de maintenir l'ordre. Il faisait là référence aux émeutes survenues à Bobigny le 11 février en marge du rassemblement de soutien à Théo, jeune homme de 22 ans victime de viol présumé par un policier. De quoi se demander si un risque de contagion existe-t-il, semblable, quelque peu, qui pourrait faire revivre les émeutes de 2005. Les associations de lutte contre le racisme, SOS Racisme en tête, dénoncent que le cas de Théo n'est au final "pas isolé". Elisabeth Lévy estime cependant que "nous sortir maintenant que la police a un problème avec les jeunes" ne fait au final pas vraiment sens. "Je remarque que dans l'affaire de Théo, on a martelé une version, et je ne dis pas qu'elle est fausse, mais il y a toujours deux versions", regrette-t-elle. 

Ce que Nicolas Domenach ne trouve pas assez nuancé. "Il faut éviter de généraliser", dit-il, "traiter les jeunes des banlieues de 'racailles par définition', est d'un simplisme criminel". Selon le journaliste, il existe des "zones" problématiques dans lesquelles les rapports entre jeunes et policiers sont aujourd'hui empoisonnés. "On a eu tort de supprimer la police de proximité", dit-il. Mais selon lui, tout n'est pas perdu. Il cite notamment l'appel au calme lancé par la famille de Théo, et le travail effectué par le maire LR d'Aulnay-sous-Bois, Bruno Beschizza, ancien policier. "Dans la police municipale qu'il a formée interviennent des jeunes des quartiers, qui ne sont pas des 'grands frères', mais des personnes qui ont reçu une formation", souligne-t-il. Blâmant au passage les partis de gauche comme de droite qui n'ont pas "voulu" se frotter à cette épine. Et de tacler davantage le quinquennat Hollande : "dans l'ordre du symbolique, briser les ghettos qu'on a dans la tête, la gauche n'a rien fait".

Y-a-t-il eu un manque de "considération" ?

Pour Jean-Christophe Buissonle risque d'embrasement reste mince, et cela s'explique par deux raisons selon lui : "Les banlieues les plus chaudes sont tenues par les islamistes ou les trafiquants de drogue", dit-il. "Et ces gens-là n'ont pas intérêt à ce que cela s'embrase. La journaliste Annie Lemoine de son côté estime que la multiplication des incidents de ces derniers jours est dû à un manque de prise de position politique. "Il suffisait d'être ferme et compréhensif, et de faire preuve de bienveillance dans la réaction politique le 3 février [le lendemain de l'agression de Théo, ndlr]", s'indigne-t-elle. "Hollande, on ne l'a même pas entendu. Au lieu de cela, on a eu l'IGPN qui a dit : 'c'est un accident'."Pour la Française, les faits "très graves" nécessitaient davantage de considération. En l’absence de ce qu'elle nomme une certaine "bienveillance", elle affirme que d'autres "éléments de colère sont venus se greffer et la contestation a enflé". 

On refait le monde, avec :
Annie Lemoine, journaliste et écrivain
Elizabeth Lévy, rédactrice en chef de Closer
Jean-Christophe Buisson, directeur adjoint de la rédaction du Figaro Magazine
Nicolas Domenach, éditorialiste

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