4 min de lecture Attentats à Paris

Attentats à Paris : où en est l'enquête trois jours après les attaques ?

ÉCLAIRAGE - Des perquisitions et des arrestations ont eu lieu en France et en Belgique pendant que la police continuait son travail d'identification des terroristes.

Rue de Charonne vendredi 13 novembre 2015 (illustration)
Rue de Charonne vendredi 13 novembre 2015 (illustration) Crédit : AFP
Julien Absalon
Julien Absalon
Journaliste RTL

À la veille du deuxième jour deuil national décrété à la suite des attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis qui ont fait au moins 129 morts, les enquêteurs progressaient dans le recueil d'informations supplémentaires sur les sept terroristes tués. Plusieurs d'entre eux ont été identifiés et un huitième homme est même recherché car soupçonné d'avoir participé activement à ces tueries et pris la fuite.

Les investigations se portent principalement sur l'entourage de ces assaillants ainsi que leurs connexions avec la filière jihadiste de la commune belge de Molenbeek. Il est aussi question de leurs liens avec le groupe État islamique qui a revendiqué ces attaques et a fait l'objet d'un bombardement massif de l'aviation française en Syrie. Par ailleurs, plusieurs perquisitions et interpellations ont eu lieu dans toute la France dans la nuit de dimanche à lundi.

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3 terroristes identifiés, une fraterie dans le collimateur

Les enquêteurs croient savoir que les 7 terroristes retrouvés morts étaient divisés en trois équipes, une pour le Stade de France, une pour les terrasses ciblées et la dernière pour le Bataclan. Grâce à des relevés d'empreintes, trois kamikazes français ont été identifiés : Omar Ismaïl Mostefaï (29 ans), Bilal Hadfi (20 ans) et Brahim Abdeslam (31 ans). Les deux premiers sont soupçonnés d'avoir séjourné en Syrie entre 2013 et 2014 et même d'avoir combattu pour Daesh.

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En outre, un nom a été mis sur le 8e homme évoqué par l'État islamique et qui aurait réussi à s'enfuir. Il s'agirait de Salah Abdeslam. Sous le coup d'un mandat d'arrêt international, le rescapé de 26 ans fait également l'objet d'un appel à témoins diffusé par la police nationale. Il est soupçonné d'avoir conduit une voiture de type Seat, retrouvée à Montreuil avec à son bord trois kalachnikovs, 11 chargeurs vides et 5 pleins, pour déposer son frère Brahim Abdeslam qui s'est fait exploser sur le boulevard Voltaire. Il aurait également loué à son nom la Polo noire qui a été saisie devant le Bataclan. Contrôlé en compagnie de deux amis à hauteur de Cambrai peu après les attentats, l'homme semble avoir pris la fuite en Belgique, où il réside.

Par ailleurs, les enquêteurs continuent toujours de vérifier l'authenticité d'un passeport syrien retrouvé près d'un des kamikazes du Stade de France. Le document est au nom d'Ahmad al-Mohammad (25 ans), un migrant enregistré en Grèce. Mais les autorités françaises se demandent si ce passeport n'a pas été falsifié ou volé.

Les regards tournés vers la Belgique

L'enquête s'oriente en grande partie vers les filières jihadistes de la commune bruxelloise de Molenbeek, où une vaste opération policière a eu lieu pour arrêter 7 personnes. C'est dans ce quartier populaire, considéré comme une plaque tournante du terrorisme, que résidaient Salah Abdeslam et son deuxième frère qui a été placé en garde à vue prolongée et qui est considéré comme un suspect clé. Son interrogatoire aura probablement pour but de savoir si lui et ses frères ont été en contact avec un éventuel commanditaire en Syrie.

Les enquêteurs belges et français travaillent donc main dans la main dans cette affaire, comme l'a expliqué le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. "Les attentats abjects qui nous ont frappés vendredi ont été préparés à l'étranger et ont mobilisé une équipe d'acteurs situés sur le territoire belge et qui ont pu bénéficier, l'enquête le dira, de complicités en France. (...) Ceux qui étaient en Belgique ne sont pas connus pour un grand nombre d'entre eux des services français".

Une opération policière d'envergure nationale

Plusieurs opérations policières ont eu lieu sur tout le territoire dans la nuit de dimanche à lundi. Ces interventions, conduites dans ces conditions grâce à l'état d'urgence, n'ont toutefois pas de lien direct avec les attentats à Paris. À Bobigny (Seine-Saint-Denis), une perquisition a été menée et des riverains interrogés. Dans le quartier du Mirail à Toulouse (Haute-Garonne), au moins trois personnes ont été placées en garde à vue, après une perquisition. À Jeumont (Nord), près de la frontière belge, une autre fouille a eu lieu à l'aide d'une cinquantaine de policiers, rapporte L'Observateur.

Dans l'agglomération de Grenoble (Isère), Le Dauphiné indique que les forces de l'ordre ont procédé à une demi-douzaine d'interpellations et à des perquisitions sur une quinzaine de sites. Des armes et des sommes d'argent auraient été saisies chez ces personnes connues des services de police.

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