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Attentats à Paris : "Je ne me suis pas douté que c'était un kamikaze", raconte Salim Toorabally, l'agent du Stade de France

REPLAY / INVITÉ RTL - Salim Toorabally était agent de sécurité au Stade de France le 13 novembre. Après avoir refoulé un kamikaze, il est aujourd'hui un héros.

Salim Toorabally, agent de sécurité au Stade de France le 13 novembre 2015
Salim Toorabally, agent de sécurité au Stade de France le 13 novembre 2015
Crédit : Ambre Lefèvre / RTL.fr
Attentats à Paris : "Je ne me suis pas douté que c'était un kamikaze", raconte Salim Toorabally
08:46
Ana Boyrie

Salim Toorabally est passé d'agent de sécurité à héros du Stade de France. Le soir des attentats du 13 novembre, cet agent mauricien était à la porte L du stade pour le contrôle des billets, lorsqu'il refoule un des kamikazes et sauve des dizaines, voire des centaines de vies. Ce comportement héroïque a été salué par de nombreuses personnes, y compris Blaise Matuidi, milieu défensif de l'équipe de France, présent sur le terrain ce jour-là. 

C'était la première fois que Salim Toorabally se rendait au Stade de France pour assurer la sécurité, ce qui le rendait extrêmement "fier". L'agent raconte que l'ambiance festive était au rendez-vous, rencontrant à plusieurs reprises des supporters français comme allemands, dont les chants réchauffaient les cœurs. 

Il me dit qu'il est pressé de rentrer et que quelqu'un devait lui amener le billet

Salim Toorabally, agent de sécurité au Stade de France

Soudainement, "un individu" s'est présenté auprès de Salim Toorabally. Ce dernier a tout de suite pensé qu'il s'agissait d'un jeune homme qui tentait de frauder. "Je ne me suis pas douté que c'était un kamikaze", déclare l'agent. Mais son attitude devenait de plus en plus suspecte : "Il me dit qu'il est pressé de rentrer et que quelqu'un devait lui amener un billet". 

Salim Toorabally ne se laisse pour autant pas impressionner, lui rétorquant qu'ici, "ça ne se passe pas comme ça". Depuis les attentats du 13 novembre, Salim Toorabally a "beaucoup réfléchi" à ses actes. Il avoue même s'être posé des questions : "Si je l'avais laissé rentrer, j'aurais été un complice", déclare-t-il.

Une réactivité exemplaire

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Lors de la première explosion, l'agent raconte qu'il a "analysé la situation", sachant distinguer un fumigène d'un pétard. Le bruit de l'explosion n'avait rien d'ordinaire, Salim Toorabally le savait. Au moment de la deuxième explosion, "cela m'a confirmé qu'il s'agissait d'autre chose, confie-t-il. Elle était beaucoup plus forte, faisant vibrer tous mes organes". 

L'odeur de souffre, la fumée qui se lève, Salim Toorabally assimile cette atmosphère à celle "d'un pays en guerre". L'agent n'était plus sûr de pouvoir rentrer chez lui. Est-ce l'instinct de survie ? Toujours est-il que Salim Toorabally a pris "une décision personnelle", celle de quitter son poste, pour aider le plus grand nombre, notamment les gens blessés. L'agent terminera sa mission, en contribuant à l'évacuation des 70.000 personnes, présentes dans le stade. 
Bien que les circonstances soient particulières, Salim Toorabally estime qu'il est nécessaire de maintenir l'Euro 2016. Selon lui, "il ne faut pas céder et aller jusqu'au bout". Une philosophie propre à un homme ordinaire, qui a agit de manière extraordinaire. 

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