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Assaut à Saint-Denis : "On donne beaucoup plus de moyens à la police", explique Claude Moniquet, expert en contre-terrorisme

REPLAY / TÉMOIGNAGE - À 4h25 ce mercredi 18 novembre, les forces policières ont donné l'assaut dans le nord de Paris pour interpeller le cerveau présumé des attaques terroristes du 13 novembre.

Les forces de l'ordre sont intervenues à 4h30 mercredi 18 novembre à Saint-Denis.
Les forces de l'ordre sont intervenues à 4h30 mercredi 18 novembre à Saint-Denis.
Crédit : LIONEL BONAVENTURE / AFP
Assaut à Saint-Denis : "On donne beaucoup plus de moyens à la police", explique Claude Moniquet, expert en contre-terrorisme
05:07
Capucine Trollion
Capucine Trollion
Journaliste

L'opération du RAID ce mercredi 18 novembre à Saint-Denis visait à interpeller le cerveau présumé des attentats du 13 novembre. Pendant l'assaut, 2 terroristes ont trouvé la mort, dont une kamikaze qui s'est fait exploser. L'opération s'est achevée à 12h20. Deux suspects, dont le degré d'implication n'est pas encore connu, ont ensuite été transportés à l'hôpital de Bobigny sous haute escorte policière, après avoir été blessés pendant l'assaut. En tout, 7 personnes ont été interpellées à Saint-Denis, dont trois se trouvaient dans l'appartement visé par l'assaut.

Selon Claude Moniquet, expert anti-terroriste, les événements du 13 novembre ont bouleversé l'organisation policière. "Après un attentat comme celui de vendredi soir, une machine de guerre se met en route. On donne beaucoup plus de moyens à la police." Avec l'état d'urgence, les forces de l'ordre peuvent procéder à des perquisitions le jour comme la nuit. Depuis vendredi soir, il y a plus de 120 perquisitions par nuit et des dizaines d'arrestations. "On assèche un marécage dans lequel peuvent évoluer les terroristes. On les isole, on les insécurise, on insécurise surtout leur contact et on fait remonter des renseignements", poursuit l'expert. 

Pour le moment, il n'y a pas encore de précisions sur la manière dont l'information est remontée aux services de police, mais "c'est une bonne opération car elle a mis à jour une cellule terroriste active lourdement armée et disposant de moyens explosifs", résume Claude Moniquet.

Le mystère Abdelhamid Abaaoud

Au total, l'opération de ce matin à Saint-Denis a permis d'arrêter 7 terroristes. De source judiciaire, Abdelhamid Abaaoud ne fait pas partie des personnes interpellées à Saint-Denis. Le commanditaire des attentats de Paris, qui était la cible numéro 1 du RAID, a pu être tué dans l'assaut. Les terroristes tués sont en cours d'identification. "On ne sait pas si Abdelhamid Abaaoud fait partie des terroristes tués ou s'il est dans le quartier. Cela reste assez confus pour le moment", détaille Claude Monique, l'expert antiterroriste.

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Qu'en est-il des 7 personnes arrêtées lorsqu'elles seront interrogées ? "Cela dépend à qui on a affaire. Le fait qu'ils aient été arrêtés vivants me fait penser que ce ne sont pas des gros calibres de l'État Islamique. Car leur tactique c'est d’affronter les forces de l'ordre jusqu'au bout. Et s'ils sont importants, ils ne parleront pas car les gens de l'État Islamique ne parlent pas quand ils sont arrêtés", explique Claude Moniquet.

Une femme kamikaze : une première en France

Parmi les terroristes tués dans l'assaut, une femme qui a fait exploser sa ceinture d'explosifs. C'est une première en Occident et en France. "Il faut savoir malheureusement qu'il y a plusieurs centaines de jeunes filles en Europe attirées par le jihad. Et que un certain nombre d'entre elles, qui sont déjà sur place dans les terrains de jihad ou qui sont encore ici sont candidates au martyr", détaille Claude Moniquet. Cela veut dire que des femmes peuvent partir en Syrie, être formées au combat puis rentrer en Europe. Une différence avec al-Qaïda qui "confinait les femmes dans des rôles classiques dans le milieu islamiste", poursuit l'expert anti-terroriste.

Enfin, l'État Islamique avait revendiqué dans son message les actions de 8 terroristes. 17 personnes en tout sont impliquées. On est dans un groupe très étoffé. "Cela veut dire que l'affaire de vendredi n'était pas une affaire isolée, mais qu'on était dans le cadre d'une campagne d'attentats, qui risquait d'être assez longue", conclut Claude Moniquet.

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