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Algues vertes : pourquoi les mesures prises jusqu'à présent sont insuffisantes

Malgré deux plans établis par le gouvernement en dix ans, la Bretagne a constaté une augmentation de 40% de ces algues en 2021.

Une marée d'algues vertes à Plonevez-Porzay (Finistère), en 2010 (Photo d'illustration).
Une marée d'algues vertes à Plonevez-Porzay (Finistère), en 2010 (Photo d'illustration).
Crédit : FRED TANNEAU / AFP
Algues vertes : pourquoi les mesures prises jusqu'à présent sont insuffisantes
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Algues vertes : pourquoi les mesures prises jusqu'à présent sont insuffisantes
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Virginie Garin - édité par Florine Boukhelifa

Dans les Côtes-d'Armor, deux chiens sont morts en 24 heures sur une même plage. Les responsables ? Les algues vertes et le gaz toxique qu'elles dégagent quand elles se décomposent, selon leurs maîtres. Des sangliers, un cheval et même plusieurs personnes seraient eux-aussi décédés en les respirant. Et malgré plusieurs plans décidés par l'État pour mettre fin au problème, il y a actuellement 40% d'algues en plus que lors d'une année normale.

Dans les baies de Saint-Brieuc et de la Fresnaye, la recrudescence de ces algues vertes, qui se nourrissent de nitrates, est dû à la météo. Ces dernières ont bien poussé grâce à la chaleur du printemps et les orages de cet été. Les fortes pluies ont ainsi lessivé les terres des exploitations agricoles, charriant les nitrates contenus dans les déjections de cochons et de volailles, utilisées comme engrais sur les champs, dans les rivières puis vers les plages.

En dix ans, deux plans ont été mis en place pour tenter de lutter contre cette problématique, notamment en demandant aux agriculteurs de moins répandre d'engrais et de ne pas agrandir les élevages. Il y a eu du progrès jusqu'en 2015, puis les quantités ont à nouveau stagné... jusqu'à une année où les orages sont importants, comme 2021. Face au phénomène et à l'inefficacité des mesures, la Cour des comptes a épinglé l'État pour son manque d'action en juillet dernier.

L'importante production de viande mise en cause

Les agriculteurs se mobilisent pour inverser la tendance. Une grosse coopérative, la Cooperl, a par exemple construit un immense méthaniseur afin de transformer le lisier de cochon en gaz et en électricité. Ce qui reste quitte ensuite la Bretagne pour servir d'engrais dans d'autres régions. D'autres ont modifié leur manière de cultiver et ne labourent plus. Des haies peuvent également être plantées, car leurs racines retiennent l'eau dans les champs.
 
Cependant, selon les associations de protection de la nature, il faut totalement changer de modèle agricole. Alors que la Bretagne est la première région productrice de viande, faut-il continuer d'élever autant de cochons, de volailles et de bovins sur ce territoire ? Tant qu'il y aura un nombre aussi importants, il y aura des nitrates et par conséquent des algues vertes.
 
En juin dernier, le tribunal administratif de Rennes a donné quatre mois au préfet des Côtes-d’Armor pour prendre des mesures. Ce dernier vient de présenter un plan donnant trois ans de plus aux agriculteurs pour avancer et avant la mise en place de sanctions. Une longue période, alors que les algues peuvent se former des années, voire plusieurs décennies après l'arrivée des nitrates. Les plages de Bretagne sont ainsi loin de s'en débarrasser.

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