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Airbus : quel avenir après le départ annoncé de Thomas Enders ?

ÉDITO - Airbus pourrait connaître une révolution à sa tête prochainement. Thomas Enders a décidé de quitter la direction. L'avionneur européen est cerné par les enquêtes.

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Airbus : quel avenir après le départ annoncé de Thomas Enders ? Crédit Image : AFP / Christian Charisius | Crédit Média : François Lenglet | Durée : | Date : La page de l'émission
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François Lenglet et Loïc Farge

Le Figaro l'annonçait mardi 12 décembre au soir : le top management de l'entreprise s'apprêterait à quitter son poste. Tom Enders, le patron allemand, ne solliciterait pas le renouvellement de son mandat. Le Français Fabrice Brégier (c'est le numéro deux) pourrait quitter également le fabricant d'avion, qui est décidément coutumier de ces crises régulières de management.

Pendant longtemps, les difficultés de gouvernance d'Airbus étaient causées par la structure tout à fait atypique de l'entreprise, où ce sont les États français, allemand et espagnol (dans une mesure moindre pour ce dernier) qui sont actionnaires. Les rivalités franco-allemandes, l'intervention plus ou moins opportune des gouvernements : tout cela a pesé.
Mais cette fois-ci, ce sont de considérables affaires de corruption, c'est-à-dire de pots de vins éventuels versés pour l'obtention de commandes d'avions et de matériels militaires fabriqués par le groupe Airbus. Les enquêtes sont ouvertes au Royaume-Uni, en France et en Allemagne. Elles pourraient déboucher sur des amendes considérables, évaluées en milliards d'euros.

Scandale

Les dirigeants actuels du groupe sont-ils impliqués dans ces affaires ? C'est ce que vont révéler les enquêtes. Reste que ces faits, s'ils sont avérés, se sont produits alors que les dirigeants étaient en responsabilité. Et que le groupe a manifestement choisi de collaborer avec la justice, dans l'espoir de réduire la peine encourue.

Le départ des patrons est donc une sorte de gage que l'entreprise donnerait et à la justice, et aux actionnaires, et aux clients, et bien sûr aux salariés de l'entreprise ébranlée par le scandale. L'entreprise emploie 17.000 personnes en Allemagne et plus de 50.000 en France.

Départs en cascade

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Cela peut-il remettre en cause les succès d'Airbus ? Le problème, c'est la période de transition, délétère à cause de l'incertitude et des rivalités réveillées par les difficultés. Une entreprise dirigée par des personnes sur le départ ne va jamais bien. Tout cela s'ajoute au départ récent du directeur commercial de l'entreprise, John Leahy, parti à la retraite tout récemment, qui était l'un des plus gros vendeurs d'avions de la planète.

Il va donc falloir remettre sur pied rapidement une équipe de dirigeants franco-allemands pour qu'Airbus ne perde pas d'altitude.

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