2 min de lecture Affaire Bygmalion

Affaire Bygmalion : Sarkozy savait pour les problèmes de coûts

Selon son ancien directeur de campagne, Nicolas Sarkozy avait été informé des "contraintes budgétaires" de sa campagne électorale.

Nicolas Sarkozy lors d'un meeting politique à Nice, le 22 avril 2015.
Nicolas Sarkozy lors d'un meeting politique à Nice, le 22 avril 2015. Crédit : JEAN CHRISTOPHE MAGNENET / AFP
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Nicolas Sarkozy était informé des "contraintes budgétaires" durant sa campagne électorale de 2012 après une alerte d'un expert-comptable, a affirmé son ancien directeur de campagne dans l'enquête sur un vaste système de fausses factures lié à cette présidentielle, ont indiqué des sources proches du dossier ce jeudi 30 avril.

Cette note, en date du 7 mars 2012, six semaines avant le premier tour, prévient que le montant des dépenses "budgétées" atteint environ 23,1 millions d'euros, soit davantage que les 22,5 millions du plafond légal, a indiqué une source proche du dossier.

L'expert-comptable de la campagne se base alors sur une prévision de 15 meetings jusqu'au second tour. Il prône des renégociations des contrats et une "interdiction absolue d'engager toute dépense complémentaire", selon la source.

Nicolas Sarkozy voulait relancer sa campagne

En garde à vue début avril, l'ancien directeur de la campagne, Guillaume Lambert, a indiqué que Nicolas Sarkozy avait voulu relancer sa campagne après le deuil de l'affaire Merah, à la mi-mars. Guillaume Lambert a alors "informé" l'ancien président des "contraintes budgétaires" posées par la note de l'expert-comptable et Nicolas Sarkozy lui a répondu de n'ajouter que "de petites réunions publiques rassemblant aux alentours de 1.000 personnes, à coûts bas et maîtrisés". Au final, plus de quarante meetings ont été organisés durant la campagne.

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Les enquêteurs ont la conviction qu'un système frauduleux a été mis en place pour que l'UMP prenne en charge environ 18,5 millions d'euros de dépenses de la campagne, auprès d'Event and Cie, filiale de Bygmalion. Le but de la fraude était d'empêcher que ses dépenses ne soient inscrites au budget de campagne et n'explosent le plafond autorisé, qui a finalement été dépassé. Pour cela, Event and Cie a émis des fausses factures à l'UMP pour des conventions dont la plupart n'ont pas été organisées.

Les juges d'instruction ont déjà mis en examen dix personnes dans ce dossier : quatre anciens cadres de Bygmalion, dont trois ont reconnu leur participation ou leur connaissance de la fraude, trois ex-cadres de l'UMP et trois responsables de la campagne, dont Guillaume Lambert, qui nient toute implication dans un système de fausses factures.

Schéma expliquant l'affaire Bygmalion, après les mises en examen de trois personnes le 3 avril 2015.
Schéma expliquant l'affaire Bygmalion, après les mises en examen de trois personnes le 3 avril 2015. Crédit : S.RAMIS/A.BOMMENEL, ABM/KT/DMK / AFP
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