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2.000 hectares détruits, un préjudice de 1,5 million d'euros, intervention de l'armée... La prolifération des lapins menace les agriculteurs de l'Hérault

Des milliers de lapins de garenne ravagent les cultures dans une douzaine de communes à l'ouest de Montpellier. Les pertes agricoles atteignent des sommets, poussant les professionnels à solliciter une aide exceptionnelle de l'armée.

Un lapin de Garenne (Illustration)

Crédit : CHANTELAT/SIPA

2.000 hectares de céréales détruits, un préjudice de 1,5 million d'euros, intervention de l'armée... Quand la prolifération des lapins menace les agriculteurs de l'Hérault

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Rémi Vallez & Jérémy Descours

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On connaissait déjà les ravages causés par les sangliers. Mais depuis plusieurs mois, un nouveau fléau s'abat sur l'ouest de Montpellier : une invasion massive de lapins de garenne. Une douzaine de communes sont touchées, où des milliers d'animaux détruisent les cultures à un rythme alarmant. Depuis le début de l'année, près de 1.000 hectares ont déjà été ravagés.

À Mauguio (Hérault, en région Occitanie), la situation est particulièrement critique. Une coopérative agricole locale estime les pertes à 1,5 million d'euros pour la seule année 2025. Initialement attirés par les semences de céréales, les rongeurs s'attaquent désormais à toutes les plantations, sans distinction.

Sous une grande serre où poussent salades, cébettes et plantes aromatiques, le maraîcher Baptiste Aberlenc ne peut que constater l'ampleur des dégâts :

"On a à peu près 2.000 salades qui ont été repiquées, mais là, on ne récoltera absolument rien. Les lapins ont fait leur œuvre et ont grignoté quasiment toutes les salades. À vue d'œil comme ça, j'ai 80% des légumes qui sont impactés par les lapins. Ils mangent quasiment tout".

"Ils s'adaptent à ce qu'on a mis en place"

Depuis trois ans, l'agriculteur estime avoir perdu 30% de son chiffre d'affaires à cause de cette prolifération incontrôlable. Malgré les tentatives pour protéger ses cultures, les solutions semblent atteindre leurs limites.

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"En gros, tous les six mois, ils s'adaptent à ce qu'on a mis en place. On a commencé par mettre de l'électricité, ensuite on a grillagé, on a rehaussé le grillage. Et là, dernièrement, on est en train de le doubler parce qu'on remarque qu'ils font des trous. Et là, on arrive à la fin de ce qui est possible de mettre en place. Il n'y a plus de solution".

2.000 hectares de céréales complètement détruits

À quelques kilomètres de là, Jean Lariot, agriculteur et directeur d'une coopérative d'utilisation de matériel agricole (Cuma), dresse un constat tout aussi inquiétant. "Dans le secteur, il y a 2.000 hectares de céréales qui sont complètement détruits. Il n'y a plus un grain de blé, il n'y a plus rien. Au bas mot, on est à 1,5 million euros de dégâts uniquement pour 2026 hectares", insiste-t-il. 

Face à l'ampleur du phénomène, certains agriculteurs, ayant déjà perdu jusqu'à 70% de leur récolte depuis janvier 2026, envisagent d'abandonner certaines cultures. La situation est jugée hors de contrôle et fait craindre la disparition de plusieurs exploitations dans les mois à venir.

Désemparée, la Chambre d'agriculture de l'Hérault a formulé une demande inédite : l'intervention de l’armée pour tenter d'endiguer ce fléau.

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