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Usine Ford de Blanquefort : la nationalisation, une fausse bonne idée ?

L'idée d'une réquisition d'une entreprise par l'État est vieille, mais elle s'est rarement révélée efficace par le passé.

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Usine de Blanquefort : la nationalisation, une fausse bonne idée ? Crédit Image : NICOLAS TUCAT / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Christian Menanteau édité par Camille Schmitt

Benoit Hamon, en visite à Blanquefort, reproche au gouvernement de ne pas nationaliser l’usine de boite de vitesse de Ford. Cette idée d’une réquisition par l’État d’une entreprise est aussi vieille que les soubresauts qui affectent les industries. 

Elle est a priori engageante. Dans les faits, elle a rarement fait preuve de son efficacité. Elle a tout simplement 3 défauts majeurs et une perversion. Le plus dévastateur, c’est de faire croire que les politiques sont propriétaires de l’appareil d’État et qu’ils peuvent tout. 

Le second défaut, c’est que la réquisition est efficace. Sauf exceptions, la nationalisation de sociétés fragilisées ne règle jamais le problème de fond : celui du carnet de commandes.

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Enfin, l’Etat n’est pas taillé pour gérer les entreprises du privé. La très coûteuse histoire de ses échecs en atteste : du Plan calcul au minitel en passant le Concorde, on peut en faire un livre. Et puis il y a une perversion : celle d’entretenir à bon compte les salariés dans l’espoir d’une renaissance.

Une proposition démagogique

Cette proposition est une facilité. L’État peut et doit s’impliquer intensément quand tout une filière, stratégique pour le pays, est en péril. Ce fut le cas pour l’automobile. Renault et PSA n’ont évité le crash il y a 10 ans, que grâce au soutien de la puissance publique.

 Mais il s’agissait d’une branche entière, pour laquelle les chances de relance étaient un défi mais pas un pari. Ces 2 entreprises sont aujourd’hui dans le peloton de tête des grands constructeurs. Mais même dans ce schéma, on voit bien qu’ensuite, au quotidien, l’Administration ne maîtrise cet univers. L’affaire Nissan-Renault le démontre. C’est encore plus flagrant au niveau micro-industriel. L’État ne sait pas faire. Et quand il s’improvise chef d’entreprise, ce n’est jamais concluant. Le dossier Air France le confirme.

Un rôle pour la Caisse des dépôts

Benoit Hamon souligne que la Caisse des dépôts est au capital de Danone. Comme elle est présente dans quasiment toutes les sociétés du CAC 40. La Caisse des dépôts y joue un rôle de "chien de garde" contre d’éventuelles attaques inamicales. 

Dans le cas Danone, ce fut à l’occasion d’un raid attendu de l’américain Pepsi Cola. Pour Ford en Aquitaine, c’est l’inverse : le constructeur veut liquider sa présence en Europe. S’il ne vend pas à Punch, c’est qu’il craint d’être appeler en responsabilité juridique et financière si le Belge, à qui il manque 80 millions d'euros pour faire la soudure et des clients garantis, devait trébucher. 

Dans ce dossier, terrible pour les salariés, la véritable responsabilité de l’État, c’est de faire payer ce divorce au prix fort. C’est le cas : le plan de sauvegarde de l'emploi coûtera à Ford 165 millions d'euros pour 870 salariés et 20 millions de plus pour la réindustrialisation des terrains.

Les plus

L’âge moyen de départ à la retraite est désormais de 62 ans et 8 mois, sauf pour les régimes spéciaux.

Les géants du transport maritime, dont le Français CMA CGM, se portent bien. Ce qui veut dire que le commerce international continue de bien fonctionner, malgré la guerre entre Washington et Pékin.

La note du jour

13/20 à Accor, Adecco, Corian et Sodexo. Ces entreprises souffrent d'un manque de personnel, d'un problème de recrutement. Elles vont ouvrir leur propre centre d'apprentissage, comme le permet la loi Pénicaud.

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2019-03-05 07:46:52
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