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Une "folie immobilière embrase la France", dit François Lenglet

La hausse des prix s'est intensifiée depuis le 1er janvier. 80% des Français vivent désormais dans une région où les prix augmentent.

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Une "folie immobilière embrase la France", dit François Lenglet Crédit Image : AFP / Stéphane de Sakutin | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Thomas Pierre

Le cap historique du million de logement vendu devrait être dépassé en 2019, avant même la fin de l'année. Du jamais vu. Et la hausse des prix s'est intensifiée, depuis le 1er janvier : 80% des Français vivent dans une région où les prix augmentent. Cette flambée immobilière qui embrase la France se concentre bien sûr dans les villes, Paris en tête, où le mètre carré d'un appartement dans l'ancien vient de franchir le seuil de 10.000 euros.

Mais la capitale n'est pas la seule. À Lyon, Marseille, Nice, Rennes, Nantes, les prix grimpent aussi. Même des agglomérations sages jusqu'ici comme Beauvais ou Avignon voient leurs prix décoller, selon le mensuel Capital
 
Et au palmarès de la baisse se trouvent toutes les régions de résidences secondaires, où les prix chutent. Les prix ont tellement grimpé dans les villes que les ménages ne peuvent pas acheter à la fois une résidence principale et une autre. 

Ralentissement des logements neufs

Mais la construction de logements neufs ne permet pas de donner un peu d'air sur le marché ? Pas du tout. Parce qu'elle a fortement ralenti. Au troisième trimestre 2019, les chiffres ont été publiés il y a quelques jours, les permis de construire autorisés ont chuté de plus de 4%. Les mises en chantier de logements collectifs chutent également, la construction de maison individuelle s'effondre littéralement : - 33% pour les mises en chantier, - 20% pour les permis de construire.
 
La raison ? L'approche des municipales, c'est traditionnel, rend les maires plus prudents dans la distribution de permis de construire. Et la politique du logement s'est réorientée, avec la forte réduction des aides, désormais affectées à la rénovation des logements anciens de centre-ville, c'est le dispositif Denormandie, du nom du ministre en charge du logement. Une politique revendiquée par le gouvernement, qui a comme résultat de court terme une contraction de l'offre. 

Les Français s'endettent davantage

Ça veut dire aussi qu'on s'endette davantage alors pour acheter sa maison. C'est spectaculaire. Au mois de juin, la production de crédit atteignait 22 millions d'euros par heure, toujours selon Capital. En avril dernier, l'en cours de prêts aux particuliers avait progressé de 6,3%, porté principalement par le crédit immobilier. Le taux d'endettement privé de la France, particuliers et entreprises, atteint désormais 132% du PIB, il est bien supérieur à la moyenne de la zone euro. 

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Mais jusqu'où tout cela peut-il continuer ? Les déterminants de la hausse sont puissants. C'est la baisse des taux d'intérêt, elle n'est visiblement pas finie. C'est aussi la concentration croissante des activités économiques et des créations d'emplois dans les villes. Et encore les restrictions de circulation à cause de la pollution, qui font qu'on a intérêt à habiter le plus près possible de son travail. Tout cela tire les prix des agglomérations à la hausse.

Des centres-villes inaccessibles

Mais cela veut dire aussi que les centres-villes vont devenir inaccessibles. C'est déjà le cas. Paris perd par exemple 12.000 habitants chaque année, surtout des jeunes, qui sont dissuadés par le niveau des prix. C'est un phénomène qu'on observe désormais dans bon nombre de capitales. 

Traditionnellement, les villes exportaient des vieux, et importaient des jeunes. Désormais, c'est le contraire. Car seuls les plus âgés peuvent acheter en centre-ville. Vous vous souvenez du jeune Rastignac, qui déclare, dans les dernières lignes du "Père Goriot", de Balzac, surplombant Paris et voulant le dominer : "A nous deux, maintenant ! ". Et bien aujourd'hui, Rastignac a les cheveux gris. 

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