2 min de lecture Économie

Pourquoi le possible repreneur d'Ascoval n'augure rien de bon

Envisagé par Bercy comme un repreneur potentiel de l'aciérie Ascoval, le fonds de retournement Greybull témoigne plus que jamais de la santé déclinante de la société.

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Fonds de retournement : pourquoi le possible repreneur d'Ascoval n'augure rien de bon Crédit Image : FRANCOIS LO PRESTI / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Joanna Wadel

Ascoval, l'aciérie près de Valenciennes, est dans l'attente de son repreneur. Le groupe, qui emploie un peu moins de 300 personnes, est proche de la faillite. Son ancien propriétaire, Vallourec n'en voulait plus, car il considérait que l'entreprise n'était pas sauvable. 

L'État français et la région Hauts-de-France ont alors promis d'aider significativement tout repreneur, avec l'argent du contribuable. Un premier repreneur annoncé s'est présenté, le belge Altifort, mais il n'avait pas un fifrelin. Il a donc été disqualifié. Et voila qu'un second arrive, adoubé par Bercy.

Il s'agit de ce qu'on appelle un fonds de retournement, Greybull, qui a été fondé en 2010 au Royaume-Uni par deux Français, Marc et Nathaniel Meyohas. Ils sont tous deux classés dans le hit parade des fortunes françaises de Challenges : c'est la 258e, avec 350 millions d'euros estimés.

Des "fonds vautours" aux mœurs périlleuses

Comme son nom l'indique, il n'achète que des entreprises en faillite, pour les restructurer et les remettre sur pied. On les appelle aussi fonds vautours, là encore, comme leur nom l'indique. L'avantage de reprendre une société en faillite est double : les créanciers abandonnent la plus grosse partie de l'argent qui leur est dû au moment de la faillite, et il y a parfois de substantielles aides d'état.

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Mais ces "vautours" ne sont pas pour autant efficaces. Leur dernier échec en date est British Steel et ses 4.500 salariés, un aciériste racheté par Greybull pour une livre sterling symbolique. L'entreprise vient de retomber en faillite. Peu avant, c'était la compagnie aérienne Monarch, elle aussi rachetée pour zéro par Greybull. 

Peu après, nouvelle faillite : 110.000 passagers, bloqués par la cessation brutale des vols de Monarch, ont dû être récupérés par le gouvernement britannique - la plus grande opération de rapatriement depuis la guerre, pour 80 millions d'euros. Et il y a eu aussi Comet, une chaîne de magasins d'électronique de 6.000 salariés, où Greybull était minoritaire : même issue, la faillite. Et puis encore une autre chaîne, M Local, qui connaîtra le même destin.

Des leviers de rendement discutables

Pour faire fortune, ces fonds choisissent des sociétés avec des actifs qui peuvent se revendre. Ensuite, pendant les années d'activité, ils facturent leurs conseils. Pour British Steel en faillite, ce sont plusieurs dizaines de millions d'euros qui ont ainsi été prélevés sur la bête. Ils prêtent ensuite de l'argent aux sociétés reprises, avec des taux d'intérêt très élevés. 

Enfin, ils comptent sur le contribuable pour éponger les pertes restantes. La faillite de British Steel pourrait ainsi coûter, selon le Financial Times, 140 millions d'euros au trésor britannique.

La nationalisation en dernier recours ?

Ces fonds interviennent lorsqu'une entreprise est moribonde, et qu'il n'y a plus guère que de type d'investisseurs intéressés. Les autres passent leur chemin. Les salariés risquent donc de déchanter une nouvelle fois, même si la reprise se fait. Bercy évoque l’hypothèse d’une nationalisation, si aucune autre solution viable n’était trouvée à terme. Avec l’argument qu’Ascoval possède un savoir-faire stratégique, la fabrication de produit longs en acier, utilisés notamment pour les rails de chemin de fer.

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