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Nouvelles routes de la soie : l'Italie vient renforcer la Chine

L'Italie devrait prochainement signer avec la Chine un accord sur le plus grand projet d’infrastructures jamais conçu par l’humanité. Il permettrait à Pékin de renforcer son poids sur le marché européen.

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Nouvelles routes de la soie : l'Italie vient renforcer la Chine Crédit Image : JASON LEE / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Sarah Duhieu

L’Italie s’apprêterait à contribuer à un gigantesque projet chinois, au grand dam de ses partenaires. Rome devrait signer dans les tout prochains jours un accord avec Pékin sur les nouvelles routes de la soie, au plus tard à l’occasion de la visite de Xi Jinping, le n°1 chinois, en Europe, le 22 mars.

Ces nouvelles routes de la soie sont le plus grand projet d’infrastructures jamais conçu par l’humanité. Un réseau de routes, de rails, de gazoducs, de ports et d’aéroports qui relieront la Chine à tous les pays et toutes les mers situées sur son flanc Ouest, jusqu’à l’Atlantique, la Méditerranée et l’Afrique.

Le projet va jusqu’à Rotterdam, Madrid, en passant par Athènes, Venise, Moscou, Istanbul, etc. C’est le projet-phare de Xi Jinping. 1.000 milliards d’euros de projets seraient déjà en construction dans quelque 80 pays.

Que vient faire Rome dans cette affaire ?

Sur la seule année dernière, 67 pays ont signé un accord avec Pékin sur ce projet, des Maldives au Pakistan. L’Italie le fait pour tenter de ménager un accès privilégié au marché chinois pour ses exportateurs, et parce qu’elle a certainement récupéré quelques prêts chinois pour moderniser ses ports.

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Rome serait le premier des pays du G7, et possiblement le seul à terme, à signer un tel document, malgré l'hostilité des États-Unis et des Britanniques, qui redoutent la mainmise de Pékin sur le transport transcontinental et sur les deux tiers du commerce mondial.

Faut-il craindre une emprise de Pékin ?

Une mainmise de la Chine sur le transport et le commerce est à craindre. Ce projet, dont le nom vient des anciennes routes de la soie, sous la dynastie des Han, il y a deux mille ans, est l’instrument-clé d’une stratégie de pouvoir de Pékin.

Il lui permettra d'abord de contrôler les routes. La construction d’un pipeline entre la Birmanie et la province chinoise du Yunnan est par exemple une façon de sécuriser les approvisionnements en hydrocarbures ; en éliminant le risque d’un blocus maritime déclenché par les Américains dans ces mers où ils patrouillent toujours.

Ce projet permettrait aussi à la Chine de contrôler les pays eux-mêmes, et c'est le plus inquiétant.

Comment la Chine peut-elle contrôler d'autres pays ?

Grâce aux prêts que les pays partenaires consentent : ils les installent dans une sorte de piège financier qui les rend dépendants de Pékin. C’est de plus en plus le cas du Pakistan. C’était le cas de la Malaisie, jusqu’à ce que le premier ministre se retire des projets en critiquant le néo-colonialisme de la Chine.

Les nouvelles routes de la soie sont comme une toile d’araignée tendue sur la moitié du globe terrestre, au profit de la Chine. Toile d’araignée construite le plus souvent par les entreprises chinoises elles-mêmes.

Qu'en pensent les autres pays européens ?

La France, l'Allemagne et la Commission souhaitent, contrairement à l'Italie, contrôler davantage les investissements chinois en Europe, en particulier dans les secteurs stratégiques, comme la haute technologie.

Mais l'Italie n'est pas complètement isolée en Europe : la Chine a massivement investi au Portugal et en Grèce. En Grèce, elle a par exemple racheté le port du Pirée, qui est passée de la 93e place mondiale en 2010, à la 38e aujourd'hui, avec pour objectif de faire progresser les volumes de 35% sur cette seule année. Le Pirée est devenu un hub pour les transporteurs chinois, à l'extrémité méridionale de la route de la soie.

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