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Croissance : les conseils du FMI à la France

REPLAY / ÉDITO - Le Fonds monétaire international met en garde nos gouvernements contre les réformes intempestives du marché du travail.

Lenglet - Lenglet-Co François Lenglet
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Croissance : les conseils du FMI à la France Crédit Image : Damien Rigondeaud | Crédit Média : François Lenglet | Durée : | Date : La page de l'émission
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François Lenglet et Loïc Farge

Le Fonds monétaire international a publié mercredi (13 avril) le bulletin de santé semestriel de la planète. Il n'est pas très bon, parce que la croissance reste faiblarde un peu partout. Nous sommes encore en convalescence de la crise. Il y a un vrai risque de rechute parce que nous ne faisons pas les bonnes politiques, dit le FMI. Sans citer directement l'Europe et la France, l'organisme dirigé par Christine Lagarde met en garde nos gouvernements contre les "réformes intempestives" du marché du travail.

Il faut une conjoncture particulière pour lancer ces réformes. Une réforme qui diminue les protections des salariés, par exemple, pour faciliter les licenciements, et donc indirectement favoriser la créations d'emplois, peut rendre des effets positifs lorsque la croissance est déjà significative. En revanche, si elle est faite en période de crise ou de faible activité, comme aujourd'hui, elle peut avoir des effets contraires, parce qu'elle produit du stress chez les salariés, qui redoutent alors d'être licenciés sans pouvoir retrouver un travail.

Idem pour la diminution des indemnités de chômage : cela peut inciter à retrouver un emploi lorsqu'il y a des emplois disponibles. Sinon, ça ne fait que créer davantage de pauvreté. Une bonne politique faite au mauvais moment, ça devient une mauvaise politique.

La Loi El Khomri paie sa mauvaise présentation

Le FMI préconise deux politiques pour le mauvais temps. D'abord la baisse des charges sociales, pour les employeurs d'une part. La France le fait avec le pacte de responsabilité. Les montants en jeu sont importants, c'est un bon point pour François Hollande. Mais il faudrait le faire aussi pour les salariés, pour augmenter le salaire net. Et là-dessus, rien en vue en France. Les économistes du Fonds recommandent aussi des dépenses publiques pour la formation des salariés. C'est encore un bon point pour le gouvernement, puisqu'il a bien lancé un programme de formation.

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Dans sa version actuelle, la Loi Travail de Myriam est adaptée à la conjoncture. C'est une loi assez équilibrée, qui ne diminue pas les protections des salariés. Elle ne fait que préciser les conditions du licenciement économique (c'était souhaitable) et donner plus de marge aux accords d'entreprise (c'est également une bonne chose). Mais le CDI n'est en rien touché. Ce que paye le gouvernement aujourd'hui avec la contestation, c'est la version initiale du texte, qui était effectivement radicale et pénalisante pour les salariés. D'autant qu'au même moment, plusieurs responsables socialistes se sont prononcés pour réduire les allocations chômage.

C'est justement l'une des mesures critiquées par le FMI, parce que jugée stressante, et donc contre-productive, car elles peuvent aggraver la prudence des consommateurs et ralentir l’économie. Le paradoxe, c'est que cette loi n'est pas mauvaise, mais qu'elle pourrait avoir des effets négatifs à cause des maladresses politiques qui ont accompagné sa présentation. Il n'y a pas que les actes qui peuvent inquiéter, les paroles le font également.

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