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Brexit : "La classe politique britannique se ridiculise", estime François Lenglet

A quinze jours de l'échéance, les députés britanniques ont de nouveau voté ce jeudi 14 mars pour retarder le Brexit. Un délai durant lequel Theresa May espère pouvoir faire voter son accord de sortie, mais qui risque de compliquer davantage la situation du Royaume-Uni.

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Brexit : les députés britanniques demandent un report Crédit Image : MARK DUFFY / UK PARLIAMENT / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Sarah Duhieu

Le feuilleton continue. Au cours du énième vote de la semaine, les députés britanniques ont successivement refusé l'accord de divorce négocié par le gouvernement de Londres et Bruxelles, un accord savamment négocié par le Français Michel Barnier, au nom de la Commission et du Conseil. Puis ils ont refusé de quitter l'Europe sans accord, puis refusé d'organiser un nouveau référendum sur le Brexit... En résumé, ils ne veulent ni sortir, ni ne pas sortir, ni rester, et pas non plus ne pas rester. Ils ont fermé toutes les portes de la pièce.

Conséquence, ce jeudi 14 mars, le Parlement britannique a demandé un délai à l'Europe. Alors que le pays devait quitter l'Union dans deux semaines, le 29 mars, rien n'est prêt, presque trois ans après le référendum. Cette affaire est le plus grand fiasco politique mondial depuis au moins un quart de siècle. La classe politique britannique se ridiculise par son incompétence, et le fait de prolonger la période transitoire ne règle aucun problème.

Un délai jusqu'en juin

Avec ce délai, le Parlement a simplement demandé de ne pas décider tout de suite, la seule décision qui pouvait rassembler une majorité. Et chacun des courants au sein des partis britanniques fait ses petits calculs politiciens, et a ses propres raisons de demander un délai, en spéculant, qui sur la chute du gouvernement, qui sur l'explosion du parti travailliste, etc.

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L'Europe pourrait accorder ce délai, mais il doit être décidé à l'unanimité des 27. Ce n'est donc pas joué. Un nouveau vote sur l'accord aura lieu la semaine prochaine, au Parlement. Le texte a déjà été refusé deux fois, mais Theresa May, le Premier ministre, va tenter d'acheter des voix d'ici là. Si l'accord était voté, le délai serait demandé jusqu'en juin, le temps de le finaliser. Il faut aussi que Londres effectue son premier règlement financier de l'ardoise du Brexit, qui s'évalue en dizaines de milliards d'euros au profit de Bruxelles. Le Royaume-Uni doit en effet acquitter sa quote-part pour tous les programmes pluriannuels qui ont été votés, même pour la retraite de ses fonctionnaires européens.

Fuite des entreprises

Mais même si ce délai était accordé, les députés pourraient ne toujours pas signer l'accord en juin. C'est un scénario tout à fait vraisemblable car les deux derniers votes se sont soldés par une raclée monumentale pour le premier ministre et son texte. Dans ce cas-là, Londres demanderait un délai beaucoup plus long, jusqu'à 2020 sans doute. Mais un nouveau problème surviendrait alors : il faudrait que le Royaume-Uni organise des élections européennes, en mai prochain, pour élire des députés qui ne siégeraient pas, ou peu.

La prolongation de la période de transition présente une autre difficulté: elle ne peut qu'inciter les grandes entreprises internationales à quitter l'Angleterre. Les constructeurs auto japonais, Honda et Nissan, ont par exemple rapatrié au Japon la production de certains de leurs modèles. Le Brexit en lui-même n'est pas forcément un problème, une fois que le nouveau régime douanier, fiscal et social britannique sera fixé. Le vrai problème, c'est l'incertitude. Et cette semaine, le fog s'est plutôt épaissi sur Londres.

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A quinze jours de l'échéance, les députés britanniques ont de nouveau voté ce jeudi 14 mars pour retarder le Brexit. Un délai durant lequel Theresa May espère pouvoir faire voter son accord de sortie, mais qui risque de compliquer davantage la situation du Royaume-Uni.
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2019-03-15 11:54:00
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