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Vaccin contre la rage : en 1885, Louis Pasteur met fin à la psychose

PODCAST - La rage, qui a disparu en France en 1981 grâce au vaccin, a provoqué plusieurs épisodes de psychose dans les années 70.

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TOUS LES VACCINS ONT UNE HISTOIRE - Vaccin contre la rage : en 1885, Louis Pasteur met fin à la peur Crédit Image : Diana SANCHEZ / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Virgine Garin
Virginie Garin édité par Maeliss Innocenti

La rage, dès que les premiers symptômes apparaissent, est mortelle dans 100% des cas. C’est une maladie animale transmise à l’homme par une morsure de renard, de loup ou de chien. Heureusement, il existe un vaccin. En 1971, le professeur Jean-Louis Vildé, chef de service des maladies infectieuses à l'hôpital Claude Bernard de Paris, témoigne sur RTL.

"Une des particularités de cette maladie, c'est que l'incubation est extrêmement longue. L'incubation, c'est-à-dire le délai qui s'écoule entre la morsure et le début des manifestations cliniques. Ce délai est de l'ordre de deux mois à peu près. Quelques fois même beaucoup plus. Ce qui fait qu'en appliquant un vaccin tout de suite, dès la morsure, on va protéger le sujet."

Ce vaccin, on le doit à Louis Pasteur. En 1879, ce chimiste déjà réputé pour ses travaux sur la fermentation, a l’idée d’atténuer les effets d’un virus ou d’un microbe en le faisant vieillir. Il commence son travail sur des poules.

La méthode Pasteur d'abord testée sur des poules

Maxime Schwartz est l’ancien directeur général de l'institut Pasteur : "Pasteur obtient un premier succès avec une maladie qu'on appelait le choléra des poules. Il constate que, lorsqu'on laisse vieillir une culture de la bactérie donnant le choléra des poules, au bout de quelques mois les bactéries ne sont plus capables de donner la maladie. Il dit qu'elles sont atténuées."

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Avec, il vaccine des poules, qui ne tombent pas malades. Ils continuent ensuite sur les moutons, il parvient à atténuer le microbe du charbon et fait une démonstration en public en 1881.

"On a mis à la disposition de Pasteur 50 moutons. Il a inoculé les microbes atténués à 25 d'entre eux. Et quelques temps plus tard, on a inoculé à tous ces moutons la bactérie virulente. Les 25 qui avaient reçu les microbes atténués ont survécu. Les autres sont morts."

Comment un petit garçon a tout changé

Mais beaucoup de médecins sont encore sceptiques. Alors, pour les convaincre, il décide d'adapter sa méthode à une maladie humaine. Il choisit le virus de la rage, qu'il teste une première fois sur un petit garçon le 6 juillet 1885. Joseph Meister, mordu par un chien enragé. L'enfant est sauvé. Pasteur devient un héros dans l'opinion publique.

"Le petit Joseph Meister n'a pas eu la rage, et huit mois plus tard, 350 personnes avaient été vaccinées par la méthode Pasteur. Et il n'y avait eu qu'un seul échec sur les 350", raconte encore Maxime Schwartz.

Aujourd'hui, chaque année, le vaccin sauve 400.000 personnes sur la Planète. Mais la rage tue toujours : 50.000 personnes meurent du virus tous les ans. Des gens qui n'ont pas pu être vaccinés à temps. Surtout en Asie et en Afrique, comme au Burkina Faso… Rigobert Trombiano, ancien infectiologue de l'hôpital de Ouagadougou, a vu arriver régulièrement des malades qui avaient déjà les symptômes.

"Ils avaient une peur, c'était terrible. Il fallait plus nous approcher. On était la terreur du village du fait qu'on avait la rage."

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"Il y a un signe qui est dominant dans la rage, c'est l'hydrophobie, la peur de l'eau. Il y a également la forme démentielle. Là il s'agit de quelqu'un qui présente des signes de folie furieuse et qui agresse parfois même le personnel médical."

En France, la dernière grande épidémie date des années 70. Le virus, transmis par le renard, se développe dans une vingtaine de départements et crée des peurs irrationnelles, comme dans ce village des Vosges en 1971. Le chien de la famille Albuisson est mordu par un renard enragé. La famille devient pestiférée. Le père a témoigné au micro RTL de Jean-Michel Bezina.

"Les voisins, tout le monde se détournait, se cachait de nous. Ils avaient une peur, c'était terrible. Il fallait plus nous approcher. On était la terreur du village du fait qu'on avait la rage. La petite a souffert de ça parce que les enfants lui disaient 'on ne te touche pas la main aujourd'hui, t'as la rage'. Elle en a même pleuré à l'école."

Pour que ce bannissement cesse, il a fallu que le maire en personne affiche à la mairie une lettre du médecin garantissant que les Albuisson n'étaient pas enragés et que l'instituteur lise cette lettre à tous les élèves du village.

1981, l'année où la rage a disparu de France

Quelques années plus tard, une nouvelle fausse alerte a lieu dans la Nièvre. En 1981 sur RTL : "Les habitants de la région de Clamecy vivent depuis trois semaines dans une certaine psychose de la rage. Et cela depuis qu'un cas suspect a été découvert le 25 février. Ce jour-là, Jean-Claude Papillon, un homme de 32 ans qui vit dans la forêt, entouré d'animaux, présentait de nombreux symptômes de la rage. Par mesure de prudence, les médecins ont préféré vacciner toutes les personnes qui avaient approché Jean-Claude Papillon."

Grâce à la vaccination, la rage disparaît de France en 1981. Mais les autorités continuent de conseiller aux voyageurs de signaler d'urgence s'ils se font mordre et de ne jamais ramener de l'étranger un animal sans autorisation. 

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