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Pourquoi l'aspect des boîtes de médicaments sans ordonnance fait polémique

En février dernier, l'Agence nationale de sécurité du médicament recommandait une modification de l'aspect des boîtes des médicaments sans ordonnance. Une demande que goûtent peu les industriels.

Des médicaments contre le rhume dans une pharmacie (illustration).
Des médicaments contre le rhume dans une pharmacie (illustration).
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Camille Kaelblen & AFP

Et si les boîtes de Doliprane ou de Humex changeaient d'apparence ? Fin février, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a publié des recommandations pour rendre moins visibles le nom des marques et les arômes sur les boîtes des médicaments sans ordonnance.

À la place, elle souhaite y voir figurer la dénomination scientifique des substances actives du produit. Par exemple, pour l'Imodium, la nouvelle boîte indiquerait "Chlorhydrate lopéramide" et "diarrhées aiguës". Objectif affiché pour l'ANSM : "Faire en sorte que les paquets soient le plus lisibles possibles pour prévenir les erreurs", explique Patrick Maison, le directeur de la surveillance de l'ANSM.
Selon l'agence, les emballages actuels peuvent semer la confusion dans l'esprit des patients. Ceux-ci peuvent être influencés dans leur choix par les arômes (miel citron, orange, menthe...) mis en avant sur le produit pour les rendre plus attractifs.

Une marque unique mais des substances différentes

L'ANSM dénonce aussi les "marques ombrelles", une technique marketing consistant à utiliser un même nom pour toute une gamme de produits qui ne sont pas similaires. Cette pratique est susceptible induire le patient en erreur : selon une étude conduite par l'agence sur un échantillon représentatif de 1.003 personnes, 38% des Français pensent que des médicaments commercialisés sous le même nom contiennent les mêmes substances actives.

"Aujourd'hui, les patients ne retiennent que la marque. Et certaines recouvrent jusqu'à huit médicaments différents. C'est le travers : des patients qui se plaignent d'effets secondaires à leur pharmacien ne savent pas quel médicament ils ont pris", a expliqué la directrice juridique de l'ANSM, Carole Le Saulnier.

Les industriels dénoncent un "paquet neutre"

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Face à cette recommandation, les industriels s'insurgent. L'association française des fabricants de médicaments vendus sans ordonnance (Afipa) dénonce dans un communiqué publié le 31 mai un "paquet neutre" qui risque de créer une "confusion" chez les patients.

Sur le segment des médicaments en vente libre dans les officines, "on sait très bien que les patients choisissent leurs produits par rapport à la marque. Or là on est sur un paquet neutre où ils n'auront plus de repères", a ainsi précisé Daphné Lecomte-Somaggio, la déléguée générale de l'Afipa.


L'ANSM a rappelé qu'elle n'émettait que des "recommandations", laissant le soin aux industriels de les appliquer ou non. Mais l'Afipa estime que celles-ci s'appliquent de fait car si un laboratoire refuse d'en tenir compte, l'ANSM peut ne pas autoriser sa demande de mise sur le marché d'un nouveau médicament.

Fin avril, l'Afipa a déposé un recours en annulation de ces recommandations devant le Conseil d'État, qui est actuellement en cours d'instruction.

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