4 min de lecture Santé

Ehpad : 2.000 apprentis recrutés dans les structures privées d'ici 2022

INFO RTL - Le Syndicat national des établissements et résidences privées va recruter 2.000 apprentis d'ici 2022.
Aujourd’hui l’apprentissage est quasiment inexistant auprès des personnes âgées.

Une infirmière dans un Ehpad (illustration).
Une infirmière dans un Ehpad (illustration). Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Anais Bouissou
Anaïs Bouissou édité par Cassandre Jeannin

Le Syndicat national des établissements et résidences privées (Synerpa) s’engage à recruter 2.000 apprentis d’ici 3 ans. Cela reviendra à engager un apprenti par Ehpad privé adhérant au syndicat. La mesure, couplée à des contrats en validation des acquis de l’expérience (VAE), permettra l’embauche d’au moins 2.500 apprentis ou salariés en reconversion à l’horizon 2022.

L’objectif des professionnels du grand âge est de faire découvrir des métiers à des jeunes qui s’y intéressent encore peu, car il y a urgence : "On parle de 200.000 emplois dans le secteur des Ehpad, 150.000 emplois dans le secteur à domicile, à pourvoir à l’horizon 2030", explique Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Synerpa.  

"Nous sommes engagés pour promouvoir cette filière par l’apprentissage, les postes soignants notamment. Nous sommes très volontaires pour signer une convention avec l’Etat pour développer l’apprentissage"; ajoute-t-elle.  

Pourquoi promouvoir l'apprentissage ?

"Le mode de l’apprentissage, avec les financements de la formation professionnelle, permettent de proposer aujourd’hui des accompagnements plus performants qu’auparavant. Nous devons en tant qu’employeur, suivre cette voie et proposer aux jeunes générations d’intégrer nos métiers par l’alternance entre l’école et le terrain", indique Florence Arnaiz-Maumé. 

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Pour la déléguée générale, c'est "véritablement le nouveau moyen de se former aux métiers du grand-âge" même si actuellement, ce mode de formation existe peu en Ehpad privé. A peine 700 apprentis sont comptabilisés par le Synerpa.

Une montée en charge de l’alternance que l’Association nationale des apprentis de France voit d’un très bon œil. Aurélien Cadiou le président de l’Anaf, salue "le développement de l’apprentissage pour tous les secteurs notamment dans le domaine trop peu couvert du médico-social". 

L'apprentissage, une voie peu développée

Aujourd’hui, à peine 2 apprentis sur 100 sont de futurs aides-soignants. Au dernier comptage de la DREES qui publie les statistiques des ministères sociaux, on dénombrait 118 étudiants préparant leur diplôme d’Etat d’aide-soignant par la voie de l’apprentissage en 2016. Cela représente 1,7% du total des apprentis en France. Même constat pour la
direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques qui évalue le nombre d’apprentis dans les domaines "santé humaine et action sociale" à 1,9% du total des
contrats signés en 2017 dans le secteur privé. 

Quant aux apprentis dans les hôpitaux et établissements publics, seuls 620 ont signé un contrat en 2017, soit à peine 4,5% du nombre total de contrats conclus, selon la direction générale de l’administration et de la fonction publique.

Comment développer l'apprentissage ?

Plusieurs freins ont été levés récemment pour permettre le développement de l’apprentissage dans le secteur du médico-social. Dans le privé d’abord, la loi avenir professionnel permet aux entreprises de créer leurs propres centres de formation, les CFA d’entreprises. En théorie donc, rien n’empêche plus les groupes d’Ehpad privés d’en profiter pour former des apprentis. 

Ensuite, pour les hôpitaux et Ehpad publics, la loi de transformation de la fonction publique facilite le recrutement et développe les crédits à la formation d’apprentis, notamment pour les professions d’infirmiers, kinésithérapeutes et podologues. 

Mais ces lois sont encore trop récentes pour permettre des avancées visibles. Néanmoins, le nombre d’apprentis est quand même amené à augmenter dans le secteur du médico-social. Le rapport de l’ancienne ministre du travail, Myriam El Khomri, devrait mettre l’accent sur l’apprentissage, notamment pour accéder au métier d’aide-soignant, alors que le concours d’aide-soignant lui, devrait être supprimé.

Quelles sont les initiatives mises en place ?

Même si la voie de l’apprentissage en Ehpad est encore balbutiante, il existe quelques initiatives pour former des apprentis. En Moselle par exemple, la première promotion du groupe SOS vient de débuter une formation de 13 mois. 20 apprentis, rémunérés autour de 700 euros par mois, alterneront entre 40 semaines de travail chez leur employeur, 11 semaines de cours et 4 semaines de stage. Cette première promotion a déjà du succès, puisque pour 20 places disponibles, il y a eu 60 candidats, d’après Katia Jung, l’initiatrice du projet. 

Au niveau national, le groupe SOS veut aussi favoriser l’apprentissage. Le directeur des ressources humaines, Thibault Ronsin, estime que "sur 1.000 postes d’aides-soignants, à
terme, un vivier de 100 contrats d’apprentissages serait nécessaire pour former et fidéliser les futures recrues". Rien que pour 2020, les Ehpad du groupe SOS auront besoin de "200 à 300 recrutements de personnels soignants supplémentaires" ; des personnels trop peu nombreux pour couvrir tous les besoins dans le domaine du grand âge.

Autre initiative, celle d’un partenariat entre le groupe privé Korian et la Croix-Rouge française. 24 apprentis aides-soignants sont formés dans différentes maisons de retraites d’Île-de-France depuis septembre dernier. A l’issue de leur formation théorique et pratique en février 2021, les apprentis se verront proposer un CDI dans l’un des établissements du groupe Korian.

Qu'en est-il des aides à domicile ?

Aujourd’hui, développer l’apprentissage dans le domaine de l’aide à domicile parait encore
complexe. Faire intervenir un mineur dans un domicile privé pose problème, de même que la question de l’encadrement. Il n’y a déjà pas assez de personnel pour s’occuper des personnes âgées à domicile, alors comment trouver des encadrants en nombre suffisant pour accompagner systématiquement les apprentis de domicile en domicile ?

Les responsables de l’Union nationale de l’aide, des soins et des services aux domiciles expliquent qu’il "ne suffira pas d’appuyer sur le bouton de l’apprentissage pour avoir des apprentis au 1er janvier 2020. Financer l’apprentissage ne suffira pas à attirer les jeunes vers notre secteur. Encore une fois, les perspectives de carrière et de rémunération sont trop peu attractives en l’état. La revalorisation des salaires de la branche est donc d’abord incontournable". 

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