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Doctolib, WhatsApp...Quelle plateforme de téléconsultation pour dépister le coronavirus ?

Pour freiner l'épidémie, le gouvernement facilite l'accès à la télémédecine et autorise l'utilisation d'applications comme WhatsApp ou FaceTime. Mais ces solutions ne présentent pas les mêmes garanties que les plateformes spécialisées.

Doctolib est le leader français de la téléconsultation médicale
Doctolib est le leader français de la téléconsultation médicale Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Le coronavirus va-t-il faire décoller la télémédecine ? Face aux risques de transmission du Covid-19 et de saturation des établissements de santé, le gouvernement a décidé d'assouplir les conditions de réalisation de la télémédecine. Le ministre de la Santé Olivier Veran a annoncé dans cette optique la publication de décrets visant à faciliter l'accès aux téléconsultations médicales.

La téléconsultation est une consultation médicale réalisée à distance par un praticien habilité. Pour en profiter, il suffit de se connecter à une plateforme de téléconsultation, de se créer un compte et de prendre rendez-vous avec un professionnel. Le coût de la séance est de 25 euros pour un médecin généraliste, pris en charge par l'Assurance maladie depuis 2018. Il est possible de régler par carte bleue en ligne, via le système de paiement des plateformes spécialisées.

Depuis le décret signé le 9 mars, il n'est plus obligatoire de passer par son médecin traitant ou d’avoir eu une consultation physique dans les 12 mois précédents avec le médecin en question pour être remboursé d’une téléconsultation. Les personnes qui suspectent d'être infectées par le Covid-19 peuvent solliciter n'importe quel médecin et être pris en charge. Seule condition, privilégier un praticien de leur territoire.

Quelles sont les plateformes spécialisées ?

Plusieurs entreprises proposent des plateformes de téléconsultation intégrant tout le parcours du patient, de la prise de rendez-vous au paiement, en passant par l'acte médical par vidéoconférence, les correspondances par messagerie sécurisée et le stockage sécurisé des données personnelles et documents médicaux. Le patient doit seulement disposer d'un ordinateur connecté à Internet et équipé d'une webcam, d'une tablette ou d'un smartphone.

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Le leader tricolore en la matière est le célèbre Doctolib. Depuis les premiers remboursements en septembre 2018, l'entreprise affirme avoir permis 180.000 téléconsultations. Elle a annoncé jeudi mettre à disposition gratuitement son service de téléconsultation - facturée 79 euros d'ordinaire - pour tous les médecins du pays pendant la durée de l'épidémie de Covid-19.

Son concurrent CompuGroup Medical, éditeur allemand de logiciels médicaux, a également proposé la mise à disposition gratuite de sa solution de téléconsultation pour "tous les médecins en France comme en Europe pendant toute la durée de l'épidémie. En revanche, les patients continueront d'avancer les frais (25 euros pour un généraliste) avant de se faire rembourser par la Sécurité sociale et leur complémentaire santé, sauf si le médecin leur propose le tiers payant.

Le secteur compte de nombreuses plateformes concurrentes comme Qare, ConsuLib, Docavenue ou MesDocteurs qui font toutes état d'une hausse du nombre de téléconsultations ces derniers jours. Il est aussi possible de passer par des plateformes opérées par des organisations régionales, comme le proposent les Agences régionales de santé (ARS) et l'Union régionale des professionnels de santé (URPS).

Quid de FaceTime et WhatsApp ?

Pour faire face à la crise sanitaire ,le gouvernement a aussi assoupli la réglementation afin de faciliter l’usage d’autres moyens de communications plus populaires le temps de l'épidémie. Le décret du 9 mars précise que les téléconsultations "peuvent être réalisées en utilisant n'importe lequel des moyens technologiques actuellement disponibles pour réaliser une vidéotransmission (lieu dédié équipé mais aussi site ou application sécurisé via un ordinateur, une tablette ou un smartphone, équipé d'une webcam et relié à internet)".

Interrogé par FranceInfo, le ministre de la Santé Olivier Véran a encouragé l’utilisation de messageries du quotidien comme FaceTime, WhatsApp ou Skype. Une position, à contre-courant des recommandations de la Cnil, qui a surpris les professionnels des données de santé qui regrettent que le gouvernement ne préconise pas l’usage de plateformes spécialisées habilitées par les autorités sanitaires à traiter les données de santé, des informations très sensibles, dont l’architecture garantit aux patients comme aux professionnels la réalisation de l’acte médical dans un cadre léga

Dans un communiqué publié fin 2018, l'Assurance maladie indiquait que les outils de communication vidéo existants sur le marché comme WhatsApp ou FaceTime apparaissient suffisamment sécurisés pour l'échange vidéo avec le patient lorsqu'il est connu mais qu'ils ne remplissaient pas les conditions de sécurité suffisantes pour les échanges de documents médicaux. 

"On ne peut pas utiliser des applications du quotidien pour faire des téléconsultations médicales", déplore auprès de RTL.fr, Nesrine Benyahia, docteure en droit et fondatrice de la société DrData, spécialisée dans la protection des données juridique et de santé. "Nous disposons d’outils qui respectent le cadre de l’hébergement des données de santé, avec des systèmes d’authentification forts, ainsi que les droits des patients et des professionnels. Pourquoi ne pas les promouvoir alors que la plupart des plateformes ont proposé de fournir gratuitement leurs outils pendant la crise ?", s’interroge-t-elle. 

Contacté par RTL.fr, le ministère de la Santé n’a pas donné suite à nos sollicitations. Hasard du calendrier, dans un communiqué publié le 12 mars, la Cnil a indiqué qu'elle allait particulièrement s'attacher à contrôler le traitement des données de santé dans les prochaines semaines.

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