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Coronavirus : pour Michel Cymes, il faut savoir dire et entendre "je ne sais pas"

L'épidémie de coronavirus a ceci de particulier que tout paraît nouveau, et que tout paraît changer d'un jour à l'autre, ce qui amène une grande incertitude.

Un médecin dans un hôpital (Illustration.)
Un médecin dans un hôpital (Illustration.)
Crédit : Isabelle Choquet
Coronavirus : pour Michel Cymes, il faut savoir dire et entendre "je ne sais pas"
03:22
Michel Cymes - édité par Esther Serrajordia

Aujourd'hui, dans cette chronique, on va "jouer" au docteur. Vous êtes le patient, je suis le médecin et on est à la fin de la consultation. Vous me posez donc les questions que vous posez habituellement à votre médecin. 


"D’abord, docteur, finalement j’ai quoi ?", me demandez-vous. Je vous réponds : "Je ne sais pas. Vous avez des symptômes qui me font penser à plusieurs maladies mais franchement, je n’en sais rien". Vous allez ensuite me demander si je vais vous donner un traitement. Et je vous répondrai : non. D’abord parce que je ne suis pas certain du diagnostic, et ensuite parce que même si je pouvais mettre un nom sur ce que vous avez, de toutes façons je n’ai pas de traitement à vous proposer. 

Puis, vous me demanderez combien de temps vous allez être malade. Ce à quoi je réponds : "Je ne sais pas, deux jours comme un mois, peut-être plus". Est-ce que vous êtes contagieux longtemps ? Je ne sais pas non plus. Tant que vous avez des symptômes, vous l'êtes. Est-ce que vous l'avez été avant, et est-ce que vous le serez longtemps après ? On n'en sait rien. 

Beaucoup de Français ont vécu ce moment

Voilà un peu le dialogue que vous pourriez avoir avec votre médecin si vous avez des symptômes du Covid-19. Bien sûr, pas si vous avez tous les symptômes, ou que vous avez des difficultés respiratoires, mais ce type de consultation et de questionnement, c’est ce qu’ont probablement vécu pas mal de Français

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Ceux qui ont eu, qui ont des troubles du goût et de l’odorat, qui ont un rhume, qui ont un petit mal de gorge ou un mal de tête qui est passé rapidement. Et qui ont souvent dit à leurs proches ou à leurs amis, "je ne suis pas sûr, mais il n’est pas impossible que je l’ai eu parce que j’ai eu tel ou tel petit problème". 


Et pourtant, sauf si on a eu le test…on ne sait pas ! Dans "on", il y a vous et le médecin. Alors bien sûr, en dehors d’une période épidémique, quand vous allez voir votre médecin  traitant et qu’il répond à toutes vos questions par "je ne sais pas", vous êtes très moyennement rassuré, et vous pouvez même mettre en doute la compétence de votre cher Docteur. 

Nous passons notre temps à dire que nous ne savons pas

Michel Cymes

Pourtant c’est ce qui se passe aujourd’hui avec le Covid-19. Nous passons notre temps à dire que nous ne savons pas. Cette épidémie et ce virus ont ceci de particulier que tout paraît nouveau. Tout paraît changer d’un jour à l’autre. Tel article scientifique va contredire ce que l’on pensait savoir la semaine précédente. 


Les enfants sont de grands transmetteurs de la maladie, on l’affirmait haut et fort il y a encore un mois, on ferme les écoles ! Aujourd’hui on se pose la question, et pas seulement pour justifier la réouverture des écoles le 11 mai, d'est-ce que les enfants sont si transmetteurs que ça.

L’énorme majorité des malades en réanimation sont des personnes âgées ? C’est ce qu’on disait au début, en se référant aux observations chinoises. Il suffit de passer une journée en réanimation pour voir que ce n’est pas le cas du tout. Et il y a plein d'autres exemples comme ceux-là.

L'une des raisons pour laquelle les experts s'expriment moins

C’est l'une des raisons pour laquelle les experts, les scientifiques, s’expriment moins aujourd’hui qu’au début de la pandémie. Tout le monde a sous estimé la pandémie. Personne n’imaginait que tant de milliards d’êtres humains seraient confinés. Je dis bien personne, même ceux qui crient à qui veut l’entendre, "je vous l’avais bien dit".

Mais le plus inquiétant c’est que, comme dans le cas de vos relations avec votre médecin, le public met en doute la parole scientifique. Finalement ceux qui devraient savoir vous disent qu’ils ne savent pas et ont l’honnêteté de la reconnaitre, et ceux qui ne savent rien font croire qu’ils savent et arrivent à convaincre le public. Il va y a voir beaucoup de travail pour que l’on retrouve un raisonnement à peu près rationnel.

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