2 min de lecture Santé

Au 1er août, les médicaments anti-Alzheimer ne seront plus remboursés

Les médicaments qui traitent les symptômes d'Alzheimer ne seront plus remboursés par l'Assurance maladie à partir du 1er août. Leur intérêt médical est jugé "insuffisant".

L'Aricept fait partie des quatre médicaments anti-Alzheimer qui ne seront plus remboursés par l'Assurance maladie à compter du 1er août 2018.
L'Aricept fait partie des quatre médicaments anti-Alzheimer qui ne seront plus remboursés par l'Assurance maladie à compter du 1er août 2018. Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Paul Véronique
Paul Véronique
et AFP

Les médicaments anti-Alzheimer, jugés insuffisamment efficaces et potentiellement risqués, ne seront plus remboursés par l'Assurance maladie à compter du 1er août, selon un arrêté publié vendredi 1er juin au Journal officiel.

Avant même cette officialisation, cette mesure, qui concerne quatre médicaments (Aricept, Ebixa, Exelon, Reminyl) et leurs génériques, avait été annoncée sur RTL dès lundi 28 mai par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Cela avait suscité les protestations de l'association France Alzheimer ainsi que des sociétés savantes de neurologie et de gériatrie.

Les quatre médicaments concernés traitent les symptômes d'Alzheimer. Ils étaient jusque-là remboursés à hauteur de 15% par l'Assurance maladie, ce qui lui a coûté quelque 90 millions d'euros en 2015. En décidant de les dérembourser, Angès Buzyn suit l'avis de la Haute Autorité de santé (HAS), qu'elle dirigeait avant son entrée au gouvernement.

"Un intérêt médical insuffisant" pour une prise en charge

En octobre 2016, la commission de transparence de la HAS, qui évalue les traitements en vue de leur remboursement, avait jugé que tous ces médicaments avaient "un intérêt médical insuffisant pour justifier leur prise en charge". Elle pointait aussi "l'existence d'effets indésirables potentiellement graves".

À lire aussi
Changement d'heure : quels appareils doivent être réglés dimanche 31 mars ? changement d'heure
Changement d'heure : quels sont les appareils à mettre à jour manuellement ?

Devant l'inquiétude d'associations de malades, la ministre de la Santé de l'époque, Marisol Touraine, s'était refusé à suivre cet avis. Elle avait posé comme préalable à un éventuel déremboursement la mise en place d'un "protocole de soins élaboré par les scientifiques en lien avec les associations de patients".

Ce protocole a été dévoilé le 25 mai par la HAS, via un guide et des fiches pratiques sur la prise en charge des patients souffrant d'Alzheimer et de maladies apparentées. Leur publication a ouvert la voie au déremboursement officialisé vendredi. Dès lundi 28 mai, France Alzheimer a jugé cette décision "infondée et dangereuse".

Une décision contestée par des organisations médicales

La décision de déremboursement a été contestée par cinq sociétés savantes et organisations professionnelles médicales : la Fédération des centres mémoire, la Fédération française de neurologie, la Société française de neurologie, la Société française de gériatrie et de gérontologie, et la Société Francophone de psychogériatrie et de psychiatrie de la personne âgée.

Elles ont jugé cette mesure "délétère pour les patients et leur entourage", en assurant que ces médicaments "ont prouvé leur efficacité sur la cognition dans la maladie d'Alzheimer, la maladie à corps de Lewy et la démence de la maladie de Parkinson".

La maladie d'Alzheimer, qui se traduit par une dégénérescence du cerveau et des pertes de mémoire, touche, avec d'autres démences, entre 850.000 et 1,2 million de personnes en France, selon les chiffres officiels. Il ne s'agit toutefois que d'estimations, car le nombre réel de malades est difficile à quantifier.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Santé Alzheimer Politique
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants