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De Villiers répond à Macron : les raisons de la rupture

ÉCLAIRAGE - L'ancien chef d'état-major des Armées a présenté sa démission le 19 juillet dernier après une crise sans précédent avec le président de la République. Pierre de Villiers publie "Servir", dans lequel il expose sa vision des choses.

Emmanuel Macron descend les Champs-Élysées en voiture militaire vendredi 14 juillet au côté du chef d'état-major Pierre de Villiers
Emmanuel Macron descend les Champs-Élysées en voiture militaire vendredi 14 juillet au côté du chef d'état-major Pierre de Villiers Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Ceciledeseze75
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

Tout est parti d'une question de budget. En juillet dernier, le chef d'état-major des Armées, pour la première fois depuis 1958, présente sa démission au président de la République. Le 19 juillet, Emmanuel Macron accepte le départ de Pierre de Villiers après un épisode critique qui aura duré moins d'une semaine. Cette démission est le résultat d'une crise de confiance profonde entre le président et son chef des armées. 

Celui qui a gravi les échelons militaires toute sa carrière publie, le 8 novembre, Servir. Il y expose sa vision des choses, et surtout il veut "expliquer aux Français" sa démission qu'il qualifie de "devoir personnel" et "collectif". Pierre de Villiers y expose également, d'après lui, "la vérité sur l'état de nos forces armées et sur les menaces".

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Deux principales raisons ressortent de cette crise : pas assez de moyens octroyés pour les besoins demandé aux armées ; le lien de confiance s'est "dégradé" après les propos tenus le 13 juillet par le président de la République. Il est parti, selon lui, avec "aucune amertume, aucune rancœur" et "le sentiment du devoir accompli". 

Crise de confiance au sommet

Le 11 juillet, Gérald Darmanin annonce, sur RTL, une coupe budgétaire de 850 millions d'euros demandée à tous les ministères, y compris celui tenu par Florence Parly. Une nouvelle que Pierre de Villiers a eu du mal à avaler. 

Il faut dire que les promesses de campagne du candidat En Marche ! ne correspondent pas à cet effort demandé. Pierre de Villiers s'en est plaint, et a jugé que l'armée "avait "déjà tout donné", lui qui milite pour un budget à 2% du PIB en 2025. Il croyait à cet engagement, alors la déception est mal passée.

"Je ne vais pas me faire baiser comme ça !" avait-t-il lancé le 13 juillet dernier avant de se faire recadrer par le locataire de l'Élysée, devant les militaires, dans la cour de l'Hôtel de Brienne : "Je suis votre chef". "Je considère qu'il n'est pas digne d'étaler certains débats sur la place publique", avait ajouté Emmanuel Macron dans une allusion directe au général. Un affront insupportable devant ses troupes pour celui qui devait représenter l'autorité.

"Recadrer le chef d’état-major devant un parterre de généraux et de subordonnés, c’est l’horreur absolue, on ne doit jamais remettre en cause un chef militaire comme cela", a raconté un prédécesseur de l'intéressé, Henri Bentégeat, au Monde. D'autant que Pierre de Villiers avait été reconduit pour un an à son poste par le président de la République le 30 juin, à la condition de tenir la promesse des 2%.

Escalade des tensions entre de Villiers et Macron

Alors quand la crise a éclaté entre Pierre de Villiers et Emmanuel Macron, si le gouvernement a tenté de sauver la façade et que le chef d'état-major a accepté de descendre l'avenue des Champs-Élysées au côté du chef de l'État pour le 14 juillet, l'eau était déjà dans le gaz. Le lendemain, sur Facebook, le rebelle postait un message de mise en garde adressé à son corps de métier : "Méfiez-vous de la confiance aveugle ; qu’on vous l’accorde ou que vous l’accordiez. Elle est marquée du sceau de la facilité." 

Au Journal du Dimanche, le président expliquait : "Si quelque chose oppose le chef d’état-major des armées au président de la République, le chef d’état-major des armées change." Le 17 juillet, vers 15 heures, la décision est prise. Une heure avant, le chef d'état-major a présenté une première lettre de démission au chef de l'État, qui est refusée. Trois jours plus tard, elle est acceptée et le remplaçant de Pierre de Villiers est annoncé à la sortie du conseil des ministres, mercredi 19 juillet : c'est François Lecointre.

Ces coupes budgétaires ont été particulièrement mal reçues à l'heure où la France est engagée militairement à l'extérieur au Sahel et au Levant, et que l'opération sentinelle est en cours sur le territoire depuis plus de deux ans, sans interruption. Emmanuel Macron avait toutefois assuré que, malgré ces efforts demandés, les crédits budgétaires alloués aux armées seront portés à 34,2 milliards d'euros en 2018.

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2017-11-07 18:15:00
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