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RC Lens : Antoine Kombouaré doit redorer le club et son image

DÉCRYPTAGE - Après quatre semaines d'absence, Antoine Kombouaré a repris les rênes du Racing Club de Lens ce mardi 29 juillet avec une image quelque peu écornée.

Antoine Kombouaré, le 9 mai 2014
Antoine Kombouaré, le 9 mai 2014
Crédit : AFP/D.Charlet
Julien Quelen
Julien Quelen

Droit dans ses bottes. L'expression va comme un gant à Antoine Kombouaré qui n'a pas pour habitude de faire dans la dentelle lorsqu'une situation lui déplaît. Caractériel, le technicien kanak en a une nouvelle fois fait la démonstration en décidant "sans regret" de ne pas reprendre l'entraînement avec le RC Lens jusqu'à ce que les instances dirigeantes du football français valident la montée officielle du club en Ligue 1

Après l'avis consultatif et positif du Comité National Olympique du Sport Français (CNOSF), la Fédération Française de Football a validé la montée des Sang et Or dans l'élite tout en maintenant le club sous le joug d'un contrôle de sa masse salariale ainsi qu'un droit de regard sur le recrutement à venir. Un soulagement pour les supporters du club qui ne suffit pas à cacher la forêt d'embûches qui les attend. Kombouaré revenu, la situation peut désormais commencer à rentrer dans l'ordre, même si les chantiers sont divers et variés

Kombouaré, une image entâchée

Ouvrier de talent reconnu pour mener à bien des chantiers complexes, Antoine Kombouaré devra d'abord s'atteler à redorer son blason qui jusqu'en mai dernier ne souffrait d'aucun éclat. Ses quatre semaines d'absence et la volonté affichée de ne pas revenir en cas de nouvelle saison dans l'antichambre de la Ligue 1 ont forcément causé du tort au club qui devra d'abord se relever de cet ersatz d'abandon. 

Abonné de la tribune Lepagnot depuis des années, Nicolas Dalpra émet "de gros doutes" sur le début de saison de son équipe et estime que l'absence de Kombouaré n'a servi personne, et certainement pas les intérêts du club : "Sa décision est totalement regrettable. Dans cette période de trouble pour le club, son absence a été préjudiciable à plusieurs niveaux, notamment médiatiquement. Sa démarche pouvait paraître déplacée par rapport au club". 

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Dans une région fortement touchée par le chômage (376.377 demandeurs d'emplois selon les derniers chiffres officiels), l'attitude d'Antoine Kombouaré choque forcément l'opinion publique dont font également partie les supporters de Bollaert : "Beaucoup ont été choqué par Kombouaré, lui qui prône des valeurs telles que l'exemplarité ou le travail. Ils ne comprennent pas qu'un salarié puisse ne pas aller travailler sans que cela ne dérange le directeur", ajoute le jeune supporter de 20 ans. 

La montée en Ligue 1 comme assurance

La décision d'Antoine Kombouaré, au même titre que l'attente interminable du verdict de la Fédération, a alimenté les discussions des fans lensois qui ne sont pas tous unanimes. Si l'attitude de l'ancien entraîneur du PSG a déplu, il n'en reste pas moins l'homme qui, dès sa première saison à la tête de l'équipe, l'a fait remonter après une punition de trois années. Un "exploit" qui reste quoi qu'il en soit dans les têtes, comme en témoigne Abdelhamide Traka, fidèle au club depuis trente ans. 

"Il nous fallait quelqu'un comme ça depuis longtemps. Il a apporté sa rigueur et sa discipline. Même si la moitié d'entre nous n'ont pas compris son attitude, personne ne lui en veut après ce qu'il a fait pour nous. Après les deux ou trois sifflets de début de saison, cette histoire sera vite oubliée". 

À moins de 20 jours de la reprise du championnat, Antoine Kombouaré sera scruté par les supporters qui ne lui pardonneront peut être pas la mauvaise entame probable qu'engendrerait ses atermoiements. Même parmi les plus dévoués, les reproches restent légion : Il aurait dû prendre la décision de partir ou non après la décision finale. Nous aurions compris qu'il le fasse pensant que son travail avait été mis en l'air. C'est lui qui s'est battu pour que l'on monte", reprend Abdelhamide, partagé. 

Une équipe concentrée mais amoindrie

Laurent Mazure, journaliste pour Lensois.com et présent quotidiennement aux côtés de l'équipe, assure que les joueurs sont restés focalisés sur leur préparation même si les récentes performances de l'équipe témoignent d'un manque à combler rapidement : "On ne ressort pas d'une telle période sans séquelle. Je crois qu'on l'a constaté lors des matches amicaux face à Boulogne (défaite 2-1), Troyes (défaite 3-0) et Caen (défaite 4-2)". 

Pour autant, l'absence de Kombouaré n'est à son sens pas la raison principale de ces échecs pour le moment sans conséquence : "Les joueurs sont restés concentrés et avaient confiance. le staff était quand même là même si Kombouaré ne l'était pas. Il a souvent eu les cadres comme Le Moigne, Kantari ou Riou au téléphone pour qu'ils remontent les informations. Son absence a surement pesé sur la dynamique de groupe mais ils ne l'ont pas pris comme un manque de respect."

À défaut d'avoir un entraîneur sur le bord de la touche, ces matches de préparation ont montré que le groupe lensois n'était pas assez solide pour affronter les joutes de haut niveau. "Lens a 18 joueurs dont 8 sortent du centre de formation du club. Sur la totalité de l'effectif, 8 ont déjà joué en Ligue 1, ce qui témoigne bien de l'inexpérience du groupe".

Plus d'un souci en tête

Passé le désarroi de l'attente et "l'affaire" Kombouaré, le Racing n'est pas encore arrivé au bout de ses peines. Si d'aventure table rase était faite sur le passé, le présent, lui, rappellerait bien vite les problèmes à l'ordre. Car une mauvaise nouvelle en entraînant une autre, les Sang et Or ont une actualité terriblement chargée. 

Au delà des déboires sportifs dont il pourrait souffrir, le club devra également jouer tous ses matches à domicile loin de Bollaert-Delelis, en raison des travaux de rénovation qui conduiront l'équipe au Stade de France et à Amiens. Et même si l'extraordinaire contingent de supporters les accompagneront, les joueurs mettront forcément un certain temps à se sentir comme à la maison. 

Le recrutement, qui peut enfin débuter, est également un sujet houleux. Antoine Kombouaré, qui reprend un groupe affaibli mentalement, désire 5 recrues qu'il faudra boucler rapidement pour "donner un moral d'acier et repartir au combat". 

L'équipe sera boostée plutôt que déstabilisée

Abdelhamide, un supporter lensois

La grande bataille pour le maintien débutera à peine un peu plus tard, le 9 août prochain face à Nantes. Quoi de mieux qu'un classique pour démarrer ? Rien, répondront sûrement les supporters qui gardent toute confiance : "Avec tout ce qu'elle a subit pendant un mois et demi, l'équipe sera plus boostée que déstabilisée", espère Abdelhamide. "Les recrues vont vite arriver, la capacité à construire et à souder un groupe feront le reste", renchérit Nicolas. 

Le vent peut bien souffler dans le Nord, le soutien des supporters restera donc indéfectible. Pour cela, à Lens, nul besoin de se mettre martel en tête. 

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