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"Quelquefois, l'histoire bégaye" : effectif de stars, statut de favori et entrée en lice contre le Sénégal... L'équipe de France est-elle vraiment à l'abri d'un crash à la Coupe du monde comme en 2002 ?

Les Bleus entament leur Mondial dans la peau des grands favoris en dépit d'une poule difficile avec le Sénégal, l'Irak et la Norvège. Pour s'éviter toute réminiscence du début du siècle, mieux vaut donc réussir leur entrée en lice mardi 16 juin, face aux Lions de la Teranga au MetLife Stadium, près de New York.

Kylian Mbappé avec Ousmane Dembélé face au Brésil en mars 2026, et Christophe Dugarry à terre après la défaite des Bleus contre le Sénégal à la Coupe du monde 2002.

Crédit : AFP

Gabriel Joly

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Il règne comme une forme d’excitation au réveil en ce mardi 16 juin. La même qui nous prend aux tripes tous les quatre ans, lorsque les Bleus se lancent dans l'aventure Coupe du monde. Avec confiance, on se prend à rêver d’une troisième étoile... On se remémore ce que l’on faisait le glorieux soir du 12 juillet 1998, puis dans l’après-midi orageux du 15 juillet 2018, maintenus tout de même par la tension de l'incertitude car ce n'est pas le tournoi le plus difficile de la planète à remporter pour rien. Aussi, on se rappelle qu'en 2002, on avait collectivement oublié cette retenue avant le début de l'édition au Japon et en Corée du Sud.

Au MetLife Stadium d’East Rutherford dans le New Jersey, l’équipe de France entame sa conquête de l’Amérique face au Sénégal (21h à Paris, en direct sur M6 et M6+), le même premier adversaire qu'à l'époque, et ce n'est pas le seul point commun. Finaliste malheureuse face à l’Argentine lors du dernier Mondial (3-3, t.a.b. 2-4), la sélection tricolore se présente comme la grande favorite de la compétition, à l'issue de laquelle Didier Deschamps quittera son poste après 14 ans d’un immense labeur. Depuis le terne Euro 2024 de ses ouailles, il s’est attelé à réinjecter du sang neuf, si bien que le groupe qui débarque dans la banlieue de New York, là où se jouera le titre le 19 juillet prochain, est l’un des plus impressionnants de l’histoire du football bleu-blanc-rouge.

"En 2002, on nous annonçait la deuxième étoile avant de partir"

Mike Maignan est installé dans la hiérarchie des tout meilleurs gardiens du monde, Dayot Upamecano et William Saliba - les tauliers du Bayern Munich et d'Arsenal attendus titulaires - forment la charnière la plus solide de cette Coupe du monde sur le papier, sans parler du quatuor offensif avec le Ballon d’or en titre Ousmane Dembélé, Kylian Mbappé, Michael Olise et Désiré Doué. On en oublierait presque que des joyaux comme Bradley Barcola, Warren Zaïre-Emery et Rayan Cherki patientent sur le banc. De quoi rendre jaloux n’importe quel pays.

Reste que la dernière fois que l’on a fait un tel constat, le foot n’a pas tardé à nous rappeler qu'il n'est pas qu'une affaire de feuille de match. Il y a 24 ans, l’équipe de France, championne du monde et championne d’Europe en titre, débarquait en Corée avec la même pancarte : Zinédine Zidane sortait d'une victoire en Ligue des champions avec sa volée mythique en finale pour le Real Madrid et l'on comptait dans nos rangs les meilleurs buteurs d'Angleterre, d'Italie et de Ligue 1 avec Thierry Henry, David Trezeguet et Djibril Cissé. Résultat ? Patatras, éliminés dès le premier tour sans marquer le moindre petit but, après avoir mordu la poussière d'entrée contre... le Sénégal.

À Séoul, l’unique but de Papa Bouba Diop avait crucifié les Bleus, battus 1-0, avant de se manquer encore contre l'Uruguay (0-0) et le Danemark (0-2). Une raison de croire que cela peut se répéter ? "Jamais de la vie ! Didier est trop expérimenté pour se laisser influencer par quoi que ce soit", répond le champion du monde Alain Boghossian, du voyage en Asie à l'époque, pour RTL.fr. "En 2002, on nous annonçait la deuxième étoile avant de partir." De fait, l'équipe menée par Roger Lemerre avait remporté la Coupe des confédérations en 2001 et était assez convaincante. Au point qu'Adidas, son précédent équipementier, avait fait déployer un maillot avec deux étoiles dans les tribunes du stade de France lors d'un amical de préparation contre la Belgique, à 15 jours de lancer les hostilités... Un match finalement perdu 2-1, annonciateur du crash.

Le système à quatre attaquants à l'épreuve des Lions de la Teranga

Le cru 2026 semble donc avoir retenu la leçon. "On a une superbe équipe, c'est vrai, mais on n'est pas la seule de la compétition. On se prépare bien pour ce premier match, qui sera compliqué", a prévenu vendredi Lucas Hernandez, rappelé à l'ordre en mars par Didier Deschamps, après qu'il a assuré qu'aucune équipe n'avait un matériel offensif aussi qualitatif que les Bleus.

Une Coupe du Monde, tu loupes ton match, tu rentres à la maison.

Kylian Mbappé, sur M6

Kylian Mbappé se veut prudent. "Ça dépasse ma compétence, mais en 2002, on arrive bien, non ? Est-ce qu'on finit bien ? Non", a-t-il déclaré lors d'un entretien exclusif sur M6. "En 2021, on arrive aussi avec une belle armada à l'Euro (avec Antoine Griezmann et le retour de Karim Benzema) et sort contre la Suisse en huitièmes. Une enflammade, ça vient rapidement... Une Coupe du Monde, tu loupes ton match, tu rentres à la maison. On a fait passer le message que rien n'est fait."

Foi de capitaine, on ne les y prendra pas cette fois-ci. Il faut dire que le Sénégal, sacré champion d'Afrique en janvier (son titre a été retiré par la CAF au profit du Maroc, mais le litige doit encore être tranché par le Tribunal arbitral du Sport), s'est grandement affirmé depuis le début du siècle et cette poule I, dans laquelle figurent aussi la Norvège et l'Irak, a tout d'un bourbier.

"Cette année, ce n'est pas du tout déséquilibré face au Sénégal, qui a de bons joueurs à toutes les lignes", abonde Claude Le Roy, ex-sélectionneur français des Lions de la Teranga et légende du football africain, pour RTL.fr. "A priori, l'équipe de France est supérieure, mais bon... Si l'histoire ne se répète pas, quelquefois elle bégaye, il va falloir être très vigilant." Et ce, d'autant que les derniers matchs de chauffe ont ébranlé les certitudes acquises il y a trois mois, lors de la tournée américaine flamboyante, même si, certes, moins que la fameuse blessure de Zizou ayant fait basculer les tenants du titre dans la torpeur en Corée.

Ces derniers jours, il y avait sans doute beaucoup de fatigue accumulée au fil d’une longue saison - presque deux suivant les clubs - et le bloc athlétique préparé par le préparateur physique Cyril Moine a été costaud, de façon à arriver dans une forme optimale aux États-Unis. Mais le revers contre la Côte d’Ivoire (1-2) et la victoire poussive face à l’Irlande du Nord (3-1), durant laquelle Michael Olise a sorti l’extincteur avec son triplé, ont relancé certains débats autour du schéma à quatre attaquants. Est-ce bien viable quand cela a pour effet d’autant exposer la défense à des contres, elle qui n’a plus ramené de clean-sheet depuis cinq rencontres ? De même, Kylian Mbappé et Ousmane Dembélé peuvent-ils jouer ensemble, l’un derrière l’autre, sans limiter leurs influences respectives ?

Il est courant de dire qu’il ne faut pas tirer trop d’enseignements des amicaux. Tant mieux, car on devrait avoir donc des réponses claires ce mardi et on ne pourra pas dire que les Bleus n'étaient pas prévenus. Un homme averti en vaut deux, 26 devraient donc suffire pour ne pas se voir trop beaux.

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