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"Gagner, ça serait le meilleur des cadeaux pour son départ" : avec cette Coupe du monde 2026, Didier Deschamps veut parachever un incroyable bilan après 14 ans à la tête de l'équipe de France

Réussir sa sortir : voilà le dernier défi de Didier Deschamps, qui quittera son poste de sélectionneur à l'issue de la Coupe du monde. Avant l'entrée en lice des Bleus contre le Sénégal mardi 16 juin, ses joueurs espèrent lui offrir "le meilleur des cadeaux pour son départ".

Didier Deschamps lors de France-Côte d'Ivoire en préparation à la Coupe du monde, le 4 juin 2026 à Nantes.

Crédit : Loic VENANCE / AFP

Gabriel Joly

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Soigner sa sortie est toujours une tâche complexe. C'est celle qui attend Didier Deschamps durant cette Coupe du monde, après quatorze années à la tête des Bleus, pour cette ultime campagne, qui débutera face au Sénégal mardi 16 juin au MetLife Stadium près de New York. Une nouvelle mission pour le double champion du monde, désireux d'apporter un troisième sacre planétaire à la France : sa dernière, pour lui qui a débarqué en 2012 au chevet d'une équipe de France encore malade, deux ans après Knysna, pour prendre le relais de Laurent Blanc. Grâce à ses succès, le Basque de 57 ans sera, de loin, resté le plus longtemps à ce poste dans l'après-guerre (cinq ans et demi de plus que Michel Hidalgo).

"Le métier de sélectionneur, c'est par à-coups, avec une adrénaline très forte au moment des matchs, et des millions de sélectionneurs en France qui se demandent pourquoi celui-là, pourquoi pas un autre", lui rend hommage son binôme de toujours, l'adjoint Guy Stéphan, dans le podcast Mon Deschamps à moi, à découvrir mardi sur l'application RTL et notre radio digitale RTL Sport. "Réussir ce que Didier a fait pendant quatorze ans, c'est énorme. Ça n'a été que très peu fait dans le monde, et pas avec autant de résultats, ça prouve sa stature de manager", expliquait-il avant de s'envoler pour Boston, où les Bleus ont établi leur camp de base depuis mercredi.

En mettant l'équipe de France au-dessus de tout et en ne jurant que par la gagne, Deschamps a su faire valoir ses qualités de meneur d'hommes, pointilleux et pragmatique, quitte à parfois se voir reprocher son absence de beau jeu. Qu'importe, puisque ce package, hérité de sa magnifique carrière de joueur, lui a permis d'étoffer son palmarès, le plus beau du foot français.

Finaliste de l'Euro 2016 organisé en France, il a ensuite connu la consécration en remportant la Coupe du monde 2018 en Russie et a été tout près de récidiver au Qatar quatre ans plus tard, échouant en finale contre l'Argentine de Lionel Messi (3-3, 2-4 t.a.b.). À l'aube de son septième tournoi sur le banc tricolore, on en oublierait presque que tout aurait pu se terminer très vite, sans un barrage fondateur contre l'Ukraine en 2013, renversée 3-0 au Stade de France après le 0-2 de l'aller, pour se qualifier au Mondial de l'année suivante.

"Être compétiteur oui, mais il y a un mot important : c'est l'humilité"

C'est de nouveau ce genre d'images d'osmose et d'intense joie collective que Deschamps va devoir convoquer pour guider ses ouailles vers les sommets en Amérique et écrire avec maestria la dernière page du livre. Depuis l'été 2021 et le camouflet du huitième de finale perdu contre la Suisse à l'Euro (3-3, 4-5 t.a.b.), il sait ce que c'est que de se rater, quand tout le monde annonce déjà les Bleus avec le titre en poche. Aussi a-t-il choisi de ne pas déroger à ses préceptes, dans l'approche mentale du tournoi aux États-Unis.

"Je ne veux pas refuser le fait qu'on fasse partie des favoris", a-t-il convenu fin mai à Clairefontaine. "Est-ce qu'on est supérieurs à d'autres nations ? Comme avant chaque Coupe du monde, il y a logiquement, légitimement sept ou huit équipes qui ont l'ambition de la gagner, mais une seule y arrivera. L'ambition, c'est essentiel. Être compétiteur oui, mais il y a un mot important : c'est l'humilité."

"Ce qui fait sa force, c'est son expérience et la façon d'aborder ces grands rendez-vous sans rien négliger, quels que soient les adversaires, les compétitions" juge pour RTL.fr Benoît Cheyrou, son ex-joueur à l'OM, consultant pour M6 durant le Mondial. "C'est quelqu'un de respecté par les joueurs et de plutôt proche."

Alors oui, il y a bien eu quelques instants d'émotion, lorsque les publics de Nantes et de Lille lui ont fait leurs adieux lors des deux derniers matchs de préparation contre la Côte d'Ivoire (1-2) et l'Irlande du Nord (3-1). Mais pas de "nostalgie", dixit celui qui annonçait dès le 8 janvier 2025 sur TF1, qu'il considérait "avoir fait (son) temps". Un an et demi plus tard, il ne semble toutefois pas rassasié.

Ce matin, j'ai effectué comme à chaque fois une prise de sang et on m'a dit que c'était ma dernière. J'ai répondu qu'il y en aurait sûrement d'autres après

Didier Deschamps

"L'émotion à titre personnel, j'en ai eu beaucoup de par tous les hommages que j'ai pu recevoir", confiait Didier Deschamps avant le départ pour Boston dans une vidéo de la FFF. "Je suis quelqu'un qui ne montre pas trop ses émotions, évidemment que ça me fait très plaisir. Mais le plus important, c'est cette Coupe du monde : mon esprit avec le staff est focalisé là-dessus."

Il le signifiait d'ailleurs déjà en début de rassemblement, pestant contre ceux qui lui rappellent sans cesse que tel ou tel rituel est son dernier dans l'exercice de ses fonctions : "Ce matin, j'ai effectué comme à chaque fois une prise de sang et on m'a dit que c'était ma dernière. J'ai répondu qu'il y en aurait sûrement d'autres après." "Il faut vivre chaque jour le mieux possible, le plus intensément possible", estimait à ce propos Franck Raviot, l'entraîneur des gardiens à Clairefontaine pour RTL. "Il faut se concentrer sur l'instant présent, ne pas s'aventurer trop vite et aveuglément dans un futur qui arrivera dans quelques jours, dans quelques semaines, nous l'espérons."

"Il est apaisé, il a le sourire !"

Malgré cela, c'est bien la dernière et Deschamps n'a que très peu gouté les critiques ayant suivi l'élimination en demi-finales de l'Euro 2024 (1-2 contre l'Espagne) avec un jeu qualifié de trop restrictif, poussif et presque "chiant" selon la formule consacrée à l'époque par Antoine Griezmann. C'est pourquoi, il a pris le temps de réoxygéner son groupe ces derniers mois. La recette ? Intégrer plusieurs vice-champions olympiques de Paris 2024, parmi lesquels Michael Olise, devenu son homme de base au point de modifier son système pour passer avec quatre offensifs.

Bien lui en a pris au vu du triplé inscrit lundi par le Bavarois pour boucler la préparation face aux Nord-Irlandais. Avec lui, on retrouvera le capitaine Kylian Mbappé, le Ballon d'or Ousmane Dembélé et soit la pépite Désiré Doué, soit son pendant du PSG Bradley Barcola, titulaires sur le front d'une attaque phénoménale, souhaitée par Deschamps (sans parler des remplaçants comme Rayan Cherki), prêt à assumer une forme de déséquilibre qu'on lui connaît moins.

"Il s'est adapté aux générations qu'il a pu avoir. Parce que le DD de maintenant, ce n'est pas le même que quand moi je l'ai connu", saluait d'ailleurs récemment Samuel Umtiti, héros de 2018. "Il est apaisé, il a le sourire ! Il a beaucoup changé et est plus souple maintenant. Moi, ça me surprend. J'ai connu le Didier Deschamps qui ferme le robinet. Il a vu qu'une nouvelle génération arrive, avec d'autres codes, d'autres manières de faire, d'autres manières de voir le foot, de voir la vie... Mais il n'a jamais été dépassé par ça. Au final, sa philosophie et son message n'ont jamais changé. Mais la manière avec laquelle il le transmet, si", soulignait de son côté Kylian Mbappé dans un entretien exclusif à M6.

Et ses protégés lui rendent bien : "C'est une motivation en plus. On sait que c'est sa dernière, donc on va tout donner pour lui et gagner, ça serait le meilleur des cadeaux pour son départ", a promis Dayot Upamecano sur RTL. Pour lui, ils pourraient décrocher la lune, mais on se contenterait aussi bien d'une nouvelle étoile.

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