5 min de lecture

Un triplé d'Olise, un bon Doué mais des interrogations sur Mbappé et Dembélé : les Bleus peuvent-ils vraiment gagner la Coupe du monde avec quatre attaquants ?

Avec ce qui s'apparente à son onze-type et quatre offensifs, l'équipe de France s'est imposée contre l'Irlande du Nord à huit jours de son entrée en lice contre le Sénégal au Mondial, lundi 8 juin au stade Pierre-Mauroy. Mais les trois buts du génial Michael Olise n'ont pas totalement occulté les rendements inégaux au sein de l'attaque tricolore.

Désiré Doué, Kylian Mbappé, Michael Olise et Ousmane Dembélé face à l'Irlande du Nord, le 8 juin 2026 à Lille.

Crédit : AFP

Gabriel Joly

Je m'abonne à la newsletter « Sport »

C'est avec un sentiment ambivalent que l'équipe de France s'envolera dans deux jours pour les États-Unis. D'une part, la sensation du devoir accompli en faisant le plein de confiance avec un succès glané contre l'Irlande du Nord (3-1) pour son dernier match de préparation avant la Coupe du monde, lundi 8 juin au stade Pierre-Mauroy de Lille, ce qui n'était pas du luxe après le camouflet face à la Côte d'Ivoire la semaine passée (1-2). Et d'autre part, celle de devoir cela à une performance XXL de Michael Olise, qui a écarté l'obstacle britannique à lui seul, avec un somptueux triplé.

L'attaquant du Bayern Munich, qui s'invite chaque jour un peu plus dans la course au prochain Ballon d'or, a porté son total de buts à sept unités (en 17 capes) avec les Bleus, dont deux bijoux : une reprise de volée flamboyante en début de seconde période, puis sa spéciale d'un tir enroulé du gauche, soigneusement rangé dans la lucarne opposée. De quoi définitivement acter que sa position de prédilection est définitivement cette aile droite, depuis laquelle il a inscrit 22 buts et délivré 26 passes décisives avec son club allemand cette saison. Mieux, il est seulement le quatrième joueur de l'histoire de l'équipe de France à réaliser le hat-trick sans jouer avant-centre, le premier depuis Michel Platini à l'Euro 1984.

Du haut de ses 24 ans, le natif de Londres, qui avait le choix entre quatre sélections - France, Angleterre, Algérie, Nigeria - avant d'opter pour celle qui a toujours fait vibrer son cœur en dépit d'un français initialement très rudimentaire, est devenu tout simplement indispensable. Au point que Didier Deschamps a même modifié son système il y a un peu plus d'un an pour en faire un de ses hommes de base, passant à un 4-2-3-1 avec quatre offensifs.

"Michael est rayonnant. Il a réalisé de très belles choses, il est plein de confiance. Il a cette capacité aussi à faire les efforts, ce qui est remarquable. Bravo à lui, il est arrivé après de très bons JO [Paris 2024], ça a mis un peu de temps pour qu'il se libère mais il a tout fait pour être à ce niveau, on aura besoin de lui à son meilleur niveau", a déclaré le sélectionneur en conférence de presse au sujet du vice-champion olympique sous les ordres de Thierry Henry.

À lire aussi

Reste que si l'ancien de Reading et Crystal Palace a sorti les siens de l'ornière lundi, on ne peut pas dire que l'attaque des Bleus a pleinement rassuré. Et ce, le soir où l'équipe-type qui devrait débuter le Mondial était alignée, pour une répétition générale à huit jours de France-Sénégal. Désiré Doué s'est certes montré très en jambes, récupérant de nombreux ballons, ce qui lui a probablement permis de définitivement valider une place dans le onze, supplantant Bradley Barcola et Rayan Cherki. Mais cela n'a pas toujours été le cas d'Ousmane Dembélé et Kylian Mbappé, censés être les deux tauliers du front offensif tricolore.

Dembélé et Mbappé, des réglages encore à peaufiner

Laissé au repos comme Doué face à la Côte d'Ivoire après le titre du PSG en Ligue des champions, le Ballon d'or parisien fait partie de ceux qui ont touché le moins de fois le cuir dans la rencontre côté français lundi, même si c'est consécutivement à une de ses tentatives qu'Olise a trouvé la faille juste avant la pause. "On va arriver prêts aux États-Unis et c'est le plus important. Je suis content de l'animation, on bouge beaucoup et on dézone beaucoup avec les trois de devant. Avec Michael, Kylian et Désiré on change beaucoup de place. Cela n'a pas trop d'importance de jouer à droite, dans l'axe ou à gauche. L'important c'est que je me sente bien", a toutefois balayé "Dembouz", positionné initialement dans l'axe, au micro de TF1.

"Ous', c'était un galop de reprise. Au PSG, il part d'une position axiale et marque quand il est dans l’axe, mais je le vois beaucoup dans d'autres zones aussi. C'est quelque chose d’intéressant mais ça demande plus de rigueur qu’aujourd’hui à la perte du ballon. Sans manquer de respect à l'Irlande du Nord, on aura plus de danger en face de nous le 16."

Didier Deschamps sur Dembélé en conférence de presse

De son côté, Mbappé a été particulièrement maladroit en ne cadrant aucune de ses six tentatives. Peut-être était-ce la petite tension d'égaler les 57 buts d'Olivier Giroud ? Toujours est-il qu'il a énormément vendangé, à l'image de plusieurs tirs envoyés en tribunes, et se montrant par ailleurs souvent en position de hors-jeu.

"Il a eu plusieurs situations, il n'a pas eu l'efficacité mais il m'a dit qu'il l'avait gardée pour les États-Unis, donc ça me va", a fait savoir Deschamps, désamorçant à propos de son capitaine, souvent trouvé par Olise, qui incarne le mieux l'idée d'incertitude pour déstabiliser les défenses, à force de permutations depuis un poste de départ.

Un quatuor qui déséquilibre tout le reste ?

Pour autant, ce schéma à quatre attaquants est-il vraiment viable à long terme, alors que les suiveurs habitués par quatorze années de pragmatisme à la Deschamps anticipent un retour au bon vieux 4-3-3 au moindre accroc outre-Atlantique ? La liste ne semble pas conçue pour autre chose, avec seulement cinq milieux. Mais le sélectionneur a tout de même été contraint de brayer sur Jules Koundé, à qui il reprochait de ne pas suffisamment dédoubler derrière Olise, durant toute la première période, lui donnant longuement des consignes lors de la pause fraîcheur.

Selon lui, ses joueurs ont "un peu trop géré" et n'avaient pas toujours mis "l'intensité nécessaire" pour cet amical, mais cela reste un signal à prendre en compte, celui que tout n'est pas encore rôdé. Pas l'idéal avant d'entamer une grande compétition, et alors que l'entrejeu français - s'il n'est pas aidé par les offensifs - ne semble pas pouvoir rivaliser avec celui de mastodonte dans les tours à élimination directe comme le Portugal ou l'Espagne.

Face à la Côte d'Ivoire, le double pivot des Bleus - que ce soit la paire Adrien Rabiot-Aurélien Tchouameni ou N'Golo Kanté-Manu Koné en fin de partie - était de fait trop souvent écarté. De quoi permettre à l'adversaire de régulièrement casser la ligne en une passe, mais également de sanctionner les trop nombreuses pertes de balles. Contre l'Irlande du Nord, c'est une nouvelle situation de ce type générée par un Rayan Cherki trop joueur, que Patrick Kelly est parvenu à réduire la marque.

Alors que le dernier clean-sheet remonte à cinq matchs désormais, assumer ce déséquilibre sera donc la clé lors de ce Mondial et nécessitera des prestations individuelles de haut vol devant à l'instar d'Olise. Sans cela, l'arrière-garde pourrait en pâtir. Avec le Sénégal, voilà de toute façon un crash test grandeur nature.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée