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"Il s'est pris d'affection pour Marseille" : William Saliba, le Frenchie devenu patron de la défense d'Arsenal, qui espère triompher du PSG en finale de Ligue des champions

Né à Bondy en région parisienne et passé par l'OM, William Saliba a réalisé la saison la plus aboutie de sa carrière avec Arsenal. Champion d'Angleterre, le défenseur de 25 ans peut remporter sa première Ligue des champions samedi 30 mai, avant de disputer la Coupe du monde avec les Bleus.

Le défenseur français d'Arsenal avec son entraîneur Mikel Arteta lors d'un match de Premier League contre Brighton, le 27 décembre 2026 à l'Emirates Stadium.

Crédit : Adrian Dennis / AFP

Gabriel Joly

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Il perpétue à lui seul la glorieuse tradition des Frenchies d'Arsenal. Fraîchement auréolé du titre en Premier League, le défenseur français William Saliba s'apprête à disputer la finale de la Ligue des champions, samedi 30 mai à la Puskás Aréna de Budapest, contre le Paris Saint-Germain. Forcément particulier pour ce Francilien qui a tapé ses premiers ballons à Bondy, en Seine-Saint-Denis.


À l'époque, il était plutôt au milieu de terrain, voire attaquant en fonction des besoins à l'AS Bondy. Mais sa morphologie et ses prédispositions footballistiques l'ont vite conduit à se repositionner en charnière, lui qui dépassait déjà 1,75 m à 13 ans.

"William était très apprécié tout le monde, c'était le bon vivant, le premier pour passer des bons moments. Par contre, quand la compétition commençait, il devenait une autre personne, focus sur la gagne. Son attitude était vraiment positive, que ce soit au sein du groupe, dans la vie de tous les jours ou sur un terrain", se souvient pour RTL.fr Fabio Frasconi, son éducateur bondynois en U12 et U13, qui l'a récupéré après un an passé sous la houlette de Wilfrid Mbappé, le père d'un certain Kylian, lui aussi sorti du club.

Fabio Frasconi et William Saliba avec les jeunes de l'AS Bondy.

Crédit : Fabio Frasconi

Si le futur Gunner était facile à gérer, cela suivait un peu moins à l'école. "Disons, que ce n'était pas son point fort", poursuit Fabio Frasconi, dont il est resté très proche. "On n'a jamais eu de problème d'insolence ou autre, mais il aimait trop rigoler et ne travaillait pas énormément. Quand je suis parti de Bondy pour aller à Montfermeil, il voulait me suivre. Alors on avait fait un deal : pour ça, il fallait que les notes augmentent... Au final, il a même réussi à avoir les encouragements", raconte celui qui est souvent allé rencontrer lui-même l'encadrement scolaire du collège avec sa mère.

Un talent poli de Saint-Étienne à Marseille

Malgré de légers sautes de concentration durant certaines rencontres abordables, le jeune Saliba tape dans l'œil des recruteurs de l'AS Saint-Étienne, qui le font venir au centre de formation à 15 ans. "Son entourage lui manquait. Quand il avait l'occasion de revenir, tous ses potes étaient en vacances. Les premiers mois, ça n'a pas été facile. Mais il s'est adapté, l'ASSE lui a fait confiance et il est monté crescendo", détaille l'actuel coach des U19 du FC Montfermeil, qui échange toujours régulièrement avec son protégé.

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La suite ? Ses premiers matchs professionnels dans le Forez lui permettent de vite se révéler avec Jean-Louis Gasset lors de la saison 2018-19. William Saliba glane ainsi une place de titulaire chez des Verts quatrièmes de Ligue 1 et contribue parallèlement au titre des jeunes Stéphanois en Coupe Gambardella. De quoi attirer Arsenal, où il signe dans la foulée pour 30 millions d'euros, avant d'enchaîner une nouvelle saison ligérienne en prêt. Celle-ci est toutefois plombée par des blessures, si bien que son aventure dans le Nord de Londres peine à démarrer après la période du Covid en 2020.

"Certains membres du club n'étaient pas convaincus par lui", assure Gilles Grimandi, ex-défenseur français (1997-2002) puis recruteur d'Arsenal pendant quatorze années, à RTL.fr. Résultat, la formation britannique renvoie le droitier de 1,92 m en Ligue 1 pour s'aguerrir. D'abord à Nice en janvier 2021, puis à l'OM l'exercice suivant. 

"Il s'est pris d'affection pour Marseille, parce qu'il a vraiment été bien accueilli et c'est là qu'il a explosé."

Fabio Frasconi, ex-éducateur de William Saliba à l'AS Bondy, pour RTL.fr

C'est d'ailleurs au Vélodrome qu'il connaît sa première cape en équipe de France - avec qui il doit disputer sa deuxième Coupe du monde dans moins d'un mois - à l'occasion d'un match amical contre la Côte d'Ivoire en mars 2022 (2-1). "Je peux vous l'affirmer, il suffit de deux ou trois semaines pour se sentir pleinement Marseillais. C'est comme si tu vivais là-bas depuis toujours. Quand tu portes le maillot de Marseille, tu es 100 % Marseillais", disait-il d'ailleurs au Parisienavant un Classique face à Paris à cette période.

"Il s'est fait tout seul"

En progression constante depuis son retour à Arsenal, le joueur de 25 ans a gommé quelques déchets et est devenu l'un des hommes de base de Mikel Arteta, dont la tactique axée sur la solidité défensive (19 clean sheets en Premier League, seulement six buts encaissés en 14 matchs de Ligue des champions cette saison) a permis à ses ouailles de remporter le titre pour la première fois depuis 2004, après trois deuxièmes places. "William Saliba s'est fait tout seul avec son abnégation, sa mentalité et son travail... Toute la reconnaissance qu'il a aujourd'hui, il est allé la chercher", souligne Gilles Grimandi.

"Un bon défenseur dépend toujours de celui qui l'accompagne à côté et sa paire fonctionne parfaitement bien avec Gabriel. Les deux font une grosse saison parce qu'il y a une complémentarité", ajoute-t-il, comptant sur le duo pour refroidir le feu de l'attaque parisienne, alors que son compère brésilien était absent il y a un an contre ce même PSG en demi-finales (1-0, 2-1).

En revanche, ne comptez pas sur William Saliba pour se porter volontaire samedi en cas de séance de tirs au but : la faute à une élimination vécue comme un traumatisme avec les jeunes de Bondy en Coupe du 93. Qu'importe, voilà William Saliba à 90 ou 120 minutes d'entrer dans la légende de son club, toujours en quête d'une première C1.

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