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Luxembourg-France : le Grand-Duché, un adversaire faible en pleine progression

DÉCRYPTAGE - La route du Mondial 2018 en Russie passe par le petit état frontalier de l'Est de la France, 135e au classement FIFA, samedi 25 mars (20h45).

De gauche à droite et de haut en bas, Vincent Thill, Anthony Moris, Daniel Da Mota, Christopher Martins, Ricardo Delgado, Aurelien Joachim, Laurent Jans, Chris Philipps, Mario Mutsch, Dirk Carlson et Florian Bohnert avec le Luxembourg le 10 octobre 2016
De gauche à droite et de haut en bas, Vincent Thill, Anthony Moris, Daniel Da Mota, Christopher Martins, Ricardo Delgado, Aurelien Joachim, Laurent Jans, Chris Philipps, Mario Mutsch, Dirk Carlson et Florian Bohnert avec le Luxembourg le 10 octobre 2016
Crédit : MAXIM MALINOVSKY / AFP
Gregory Fortune
Gregory Fortune

Luc Holtz, sélectionneur en poste depuis août 2010, se montre lucide dans les colonnes du Parisien à la veille de la rencontre : "Normalement", le Luxembourg "n'a aucune chance" d'obtenir un résultat contre la France samedi 25 mars. Lorsqu'il regarde le niveau des Bleus, leur CV, et celui de ses joueurs, il n'a pas envie de "faire le malin". Pour autant, l'ancien milieu international dans les années 1990 n'a "aucune crainte". Son objectif ? "Emmerder" l'équipe de Didier Deschamps. "Ce sera le slogan. J'espère que les Bleus cravacheront jusqu'à la fin s'ils veulent gagner".

L'histoire de la sélection du Grand-Duché a justement débuté contre la France le 29 octobre 1911. Sur les 15 rencontres qui ont suivi jusqu'à ce jour entre les deux pays frontaliers, les Lions Rouges n'en ont remporté qu'une, en février 2014. Toutes les autres se sont soldés par des échecs plus ou moins cuisants. Rien d’infamant pour une petite nation tant en terme de superficie (la 179e du monde, 250 fois moins que l'hexagone) qu'en matière de rayonnement footballistique.

Au dernier classement FIFA, le Luxembourg apparaît au 135e rang, sa position moyenne depuis la création de l'indice, entre la Palestine et le Viêtnam, derrière les Philippines, le Kirghizistan ou le Tadjikistan. Vice-championne d'Europe en titre, la France pointe à la 6e place. Dans la course au Mondial 2018, les Bleus sont leaders du groupe A de la zone Europe avec dix points en quatre matches, soit trois d'avance sur les Pays-Bas et la Suède, les Luxembourgeois derniers, comme la plupart du temps lors des derniers éliminatoires. 

Pas de carton sur la route de l'Euro 2012

L'occasion semble donc rêvée pour les partenaires d'Antoine Griezmann de prendre le large tandis que certains rivaux perdront parallèlement des plumes dans les oppositions Bulgarie-Pays-Bas et Suède-Biélorussie, tout en soignant la différence de buts (actuellement de +5) et en lançant les jeunes dans le grand bain. Les Bleus peuvent revenir du petit stade Josy-Barthel - 8.054 places, du nom du seul athlète luxembourgeois sacré champion olympique, du 1.500 m en 1952 à Helsinki - avec un carton. C'est toutefois loin d'être une certitude.

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Pour s'en convaincre, il suffit d'abord de se souvenir des deux dernières confrontations, lors des qualifications pour l'Euro 2012, dans un groupe avec la Bosnie-Herzégovine, la Roumanie, la Biélorussie et l'Albanie. À l'aller comme au retour, la sélection de Laurent Blanc ne s'était imposée "que" 2-0, grâce à Karim Benzema (23e) et Yoann Gourcuff (76e) à Metz, Philippe Mexès (28e) et encore Gourcuff (72e) à Luxembourg. Deux rencontres illustrant parfaitement les progrès passés et à venir du ballon rond grand-ducal depuis la fin des années 2000.

Moins de buts encaissés, plus de buts marqués

Qualifications pour l'Euro 2004. Le Luxembourg perd ses huit rencontres, ne marque aucun but, en encaisse 21. Pire deux ans plus tard sur la route du Mondial allemand : 12 défaites, cinq buts marqués certes mais 48 au fond des filets. Pendant que les frères Schleck s'affirment en cyclisme, l'équipe nationale de football tombe au 186e rang FIFA, son plus mauvais classement à ce jour.

Les éliminatoires du championnat d'Europe 2008 marque le début de la remontée. En 12 matches, la différence de buts descend à -21. Surtout, la sélection de Guy Hellers s'offre enfin un succès, contre la Biélorussie, qui va devenir son adversaire préféré. De trois, le nombre de points acquis grimpe à cinq sur la route du Mondial 2010, avec une victoire de prestige en Suisse et deux nuls face à la Moldavie. Pour la première fois de son histoire, le Luxembourg ne termine pas dernier de son groupe avant une Coupe du monde.

Les trois campagnes suivantes confirment cette capacité à décrocher un succès (Albanie, Irlande du Nord, Macédoine) et au moins un partage des points. La moyenne de buts pris se stabilise à moins de trois par match. Offensivement, Aurélien Joaquim, Daniel Da Mota, Mario Mutsch, Stefano Bensi, Mathias Jänisch, Lars Gerson ou Sébastien Thill permettent au pays de dépasser la barre des six buts à deux reprises.

La jeunesse au pouvoir

Le travail et les choix de Luc Holtz (47 ans) paye et se traduisent encore depuis le début de ces éliminatoires 2018. Ses hommes ne s'inclinent qu'à la dernière minute en Bulgarie (4-3 après avoir menés 2-1), qu'un à zéro face à la Suède, décrochent le nul en Biélorussie (1-1), ne cèdent que face au talent de Memphis Depay contre les Pays-Bas (1-3). Cinq buts marqués, neuf encaissés, un de moins que les Bulgares. Toujours plus de confiance accumulée.

Aux côtés des expérimentés Joachim (30 ans, joueur de Lierse en Belgique), Da Mota (28, Dudelange au Luxembourg), Bensi (28, Fola Esc au Luxembourg), Mutsch (32, Saint-Gall en Suisse), le sélectionneur n'hésite pas à associer les talents les plus jeunes. La Ligue 1 a découvert cette saison Vincent Thill, premier joueur né en 2000 à fouler une pelouse de l'un des cinq plus grands championnats européen, avec le FC Metz, ancien club de la légende luxembourgeoise Jeff Strasser. 

Les Lyonnais, eux, ont déjà entendu parler de Christophe Martins Pereira, 20 ans, jamais apparu avec les pros à l'OL mais déjà aligné à 16 reprises en sélection. Eneds Mahmutovic (Fola Esch) et Florian Bonhert (Schalke, en Allemagne) sont également des éléments clefs de Holtz, à seulement 19 ans, pour cette campagne de Russie. La France va à son tour les découvrir.

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