3 min de lecture

"Mal au dos ou pas, j'irai" : six ans après sa retraite, ce fan de l'équipe de France reprend le travail pour se payer la Coupe du monde aux États-Unis

Membre des Corsaires de Dunkerque, l'un des groupes de supporters officiels des Bleus, Dominique a repris un job dans la livraison d'électroménager pour couvrir ses frais outre-Atlantique cet été. Du haut de ses 62 ans, il en "bave" mais dit apprécier l'expérience.

Les supporters de l'équipe de France au Parc des Princes en marge du match contre l'Ukraine lors des éliminatoires de la Coupe du monde, le 13 novembre 2025. (Illustration)

Crédit : Matthieu Mirville / DPPI via AFP

Gabriel Joly

Je m'abonne à la newsletter « Sport »

"Mes enfants m'ont dit : 'T'es complètement dingue'." À Bray-Dunes (Nord), la Coupe du monde de Dominique a déjà commencé. Si les Bleus ne débuteront la compétition que le 16 juin prochain face au Sénégal, ce membre des Corsaires de Dunkerque - l'un des groupes de supporters officiels de l'équipe de France - a repris le travail début avril pour financer son voyage aux États-Unis, lui qui avait pris sa retraite en 2020.

S'il juge que les prix ne sont "pas aussi dramatiques que ce qu'on annonce", cet ancien chauffeur d'autocar, qui fêtera ses 63 ans le mois prochain, livre désormais de l'électroménager pour l'entreprise Boulanger. "À partir du moment où j'ai commencé à payer le billet d'avion, la décision était prise : soit je pompais dans nos maigres économies et on ne partait pas en vacances, soit je me remettais au boulot ! Ça me paraissait évident", explique-t-il à RTL, le ton jovial. "J'ai envie d'engranger suffisamment de ressources pour me faire plaisir là-bas".

Il faut dire qu'il s'attend à dépenser "3.000 balles minimum" pour une dizaine de jours sur place, entre les vols, les logements partagés à plusieurs, les voitures de location et les frais de bouche. Le tout, avec des billets à 52 euros pour les matchs France-Irak (le 22 juin), France-Norvège (le 26 juin) et l'éventuel seizième de finale de la bande de Didier Deschamps. "Si la France est en finale, j'y retourne", ajoute-t-il, alors qu'il s'est déplacé lors de toutes les compétitions internationales sur le sol européen depuis le Mondial allemand de 2006.

Chez les Corsaires, dont son ami Yannick Vanhée est le président, Dominique était d'ailleurs le conducteur du bus du groupe, héritage de sa première carrière professionnelle. Cette fois, il n'aura a priori pas à piloter, mais il ne voulait pas manquer une Coupe du monde sur un autre continent : "2014, je ne suis pas allé au Brésil. C'était un peu cher pour moi… C'est un regret parce que ça s'est super bien passé", confie le néo-plus-retraité.

"Les charges lourdes ? C'est très compliqué j'en bave"

"J'avoue qu'à la maison, avec mon épouse, ce ne sont pas les États-Unis qui nous branchent mais c'est peut-être la seule fois que j'irai. Puis, je vais avoir 63 ans, je ne sais pas ce que me réserve la vie. Si je ne profite pas maintenant, c'est mort !", juge celui qui connaît désormais mieux que quiconque le poids d'un lave-linge.
Car cette Coupe du monde, Dominique l'aura bien méritée. Après s'être déjà donné du mal en postulant auprès de la plupart de ses connaissances, y compris en Belgique voisine, il ne se ménage pas lorsqu'il est sur le pont. "C'est très compliqué avec le port de charges lourdes. Ce n'est pas complètement adapté à un petit vieux comme moi... Là j'en bave. Quand je rentre, je suis rincé", témoigne le soixantenaire, actuellement sous antalgique avec un début de lumbago.

"C'est paradoxal parce que j'aime bien ce que je fais : les gens avec qui je travaille sont sympas. Ils m'ont dit que c'était très courageux de reprendre le boulot comme ça. Je m'étonne moi-même d'avoir repris car vraiment, quitter le boulot, ça a été un soulagement", poursuit-il, fort de 35 ans de syndicalisme. Dans les faits, il se sait bien aidé par un rythme adapté, quasiment à mi-temps en intérim, et surtout par ses collègues qui essayent de répartir au mieux les tâches : "Les frigos, ils s'en occupent !".

"J'ai une sciatique donc j'essaie de récupérer, de cicatriser entre deux journées. Mais j'irai au Mondial, mal au dos ou pas !", conclut-il, s'attendant à gagner un Smic en plus de sa retraite estimée vers 1.800 euros tout compris. Et ensuite ? Il ne dit pas non à retenter l'expérience pour le budget vacances, mais seulement une fois la troisième étoile en poche.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info