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Coupe du Monde féminine 2019 : pourquoi les USA dominent le foot ?

ÉCLAIRAGE - Seulement présents une fois en quart de finale de la Coupe du Monde chez les hommes, les États-Unis en ont remporté trois chez les femmes et sont toujours montées sur le podium depuis 1991.

Alex Morgan avec les USA le 17 octobre 2018 à Frisco
Alex Morgan avec les USA le 17 octobre 2018 à Frisco Crédit : RONALD MARTINEZ / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Maxime Desvallées
et AFP

Trois fois championnes du Monde, trois fois championnes Olympiques, uniquement des podiums depuis la création du Mondial féminin en 1991, Les USA sont l'équipe-référence du football féminin : revue des raisons de cette domination avant leur quart de finale vendredi 28 juin (21h00) contre les Bleues.

Avec le statut de "meilleure équipe du monde" et avec tous leur titres internationaux, les Américaines ont prouvé que leur pays est le plus avancé en matière de football féminin. Le développement du soccer aux USA s'est fait avant le développement du foot féminin en Europe, d'où leur supériorité depuis presque trois décennies.

Depuis quelques années maintenant, les grands clubs de football européen misent sur les équipes féminines. Des équipes de haut niveau comme celle de Lyon, de Chelsea, de Barcelone ou de Wolfsbourg ont émergé dans les années 2010 et le football féminin de haut niveau ne se joue plus exclusivement aux USA, mais la terre de l'Oncle Sam reste malgré tout un eldorado pour toutes les joueuses Européennes.

Pour les femmes, le soccer est populaire

"Ce qui frappe le plus, c'est la masse impressionnante de femmes qui jouent aux États-Unis dès le plus jeune âge à travers tout le pays", constate l'Anglais Mark Parsons, entraîneur du club du championnat professionnel féminin de Portland.

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Le "soccer" féminin américain puise sa force et vitalité dans le système universitaire depuis qu'une loi promulguée en 1972, baptisée "Title IX", oblige les universités à créer des programmes sportifs dédiés exclusivement aux étudiantes.

"Le +Title IX+ a offert plus d'opportunités aux femmes de faire du sport et a mis en place un environnement compétitif pour les joueuses, ce qui a permis au final à l'équipe nationale d'exceller", analyse Amanda Duffy, présidente de la NWSL (Ligue pro féminine aux USA). 
"Il y a actuellement 400, voire 500 équipes pour des joueuses de 18 à 22 ans, nulle part ailleurs dans le monde on ne voit ça", souligne Parsons.

Aux US, la professionnalisation du soccer est vite arrivée

Deux ans après le sacre à domicile de "Team USA" en 1999 à la Coupe du Monde, le "soccer" féminin est entré dans l'ère professionnelle avec un premier championnat (WUSA) opposant huit équipes. Cette première tentative n'aura duré que trois saisons, mais elle a donné naissance ensuite à la WPS en 2008, puis à la NWSL en 2013. En 2018, la NWSL a battu pour la cinquième année consécutive son record de fréquentation (650.564 spectateurs par saison), soit une progression de 73% par rapport à 2013.

"Plus de 50 joueuses ayant participé à la Coupe du monde 2015 évoluaient dans notre championnat. On table sur le même chiffre cette année en France, cela montre le niveau de notre championnat. Ça profite à tout le monde, à notre équipe nationale aussi", estime la présidente Duffy. "En 2015, la victoire de la sélection américaine avait boosté notre fréquentation, les audiences TV et la vente des produits dérivés", rappelle-t-elle.

Les femmes ont de meilleurs résultats que les hommes

Quand les Américaines font la loi sur le football mondial, leurs collègues masculins affichent pour meilleur résultat un quart de finale de Coupe du monde (2002), si on excepte la demi-finale de 1930, lors d'une première édition expérimentale, sur invitations. Pire, ils ont échoué à se qualifier pour la dernière Coupe du monde, l'été dernier, en Russie.

Cette disparité de bilans s'explique par les spécificités du paysage sportif américain, selon l'ex-internationale Brandi Chastain. "Les filles se sont mises au football car elles n'avaient pas ce que les garçons avaient avec le football américain, le basket et le baseball", estime la double championne du monde et double championne olympique."Le soccer est devenu notre sport et on a tout fait pour en profiter au maximum", conclut Chastain.

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