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Conflit LFP/FFF : l'année noire de Frédéric Thiriez

DÉCRYPTAGE - Le président de la Ligue de football professionnel accumule les polémiques et les désaveux avec l'annulation de la réforme du système de promotion et de relégation entre la Ligue 1 et la Ligue 2.

Frédéric Thiriez lors de sa réélection, en octobre 2012
Frédéric Thiriez lors de sa réélection, en octobre 2012
Crédit : AFP/ F.Fife
Julien Absalon
Julien Absalon

Frédéric Thiriez est plus que jamais fragilisé. La Fédération française de football (FFF) a annulé, jeudi 23 juillet, la réforme des championnats français consistant à réduire de trois à deux le nombre de clubs relégués et promus entre la Ligue 1 et la Ligue 2. De quoi satisfaire la grande majorité des présidents de l'antichambre de l'élite, certains de National et aussi le syndicat des clubs qui s'étaient vivement opposés à ce changement de règlement

Pour le président de la Ligue de football professionnel (LFP), qui défend corps et âme cette mesure, il s'agit d'un désaveu de plus qui s'ajoute à une liste déjà bien grande sur l'année qui vient de s'écouler.

Le contre-pied du gouvernement sur Bastia et la date du 5 mai

En deux jours, cela fait deux fois que Frédéric Thiriez est désapprouvé. Mercredi 22 juillet, le gouvernement a pris des dispositions officielles sur le drame de Furiani, allant à l'encontre des prises de position de la LFP. Le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports a en effet décidé de considérer comme "drame national" l'effondrement d'une tribune du stade Armand-Cesari qui avait fait 18 morts et 2.300 blessés, le 5 mai 1992 lors de la demi-finale de Coupe de France entre le SC Bastia et l'OM. Surtout, outre l'hommage annuel qui sera rendu chaque 5 mai par l'ensemble des clubs de football, le gouvernement demande aux instances de n'organiser aucun match à cette date. 

Une telle reconnaissance avait toujours été refusée par Frédéric Thiriez, dont les relations avec le club bastiais sont extrêmement tendues. Son propos sur ce dossier, qu'il avait qualifié de "vieux contentieux du 5 mai (...) à des fins politiques", avait provoqué l'ire du collectif des victimes du 5 mai, des dirigeants du Sporting et des supporters. Lors de la finale de la Coupe de la Ligue, en avril dernier, il avait alors renoncé à descendre sur la pelouse et serrer la main de la délégation corse. Pierre-Marie Geromini, président bastiais, avait alors réclamé sa démission et dénoncé un racisme anti-corse.

La fronde d'Aulas et de la FFF

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L'ambiance n'était pas vraiment au beau fixe lors des derniers conseils d'administration de la Ligue. Outre le contentieux sur la réforme des montées, Frédéric Thiriez a du faire face à des attaques répétées de la part de Jean-Michel Aulas. À plusieurs reprises sur la fin de saison, le président de l'Olympique Lyonnais, qui manœuvrait en coulisses pour obtenir le soutien de certains de ses homologues mais aussi de la FFF, n'a pas mâché ses mots dans la presse.

Pour s'expliquer sur ses critiques à propos de la réduction des sanctions prononcées contre Ibrahimovic et Payet mais aussi du soutien de la Ligue au PSG et à l'OM contre Canal+, il estimait qu'il "se passe depuis un certain temps des choses" et constatait, dans le Progrès, "un problème de gouvernance" avant d'avertir : "Rien ne vous dit qu'on va continuer à travailler ensemble. [...] Cette affaire ne fait que commencer".

L'annulation de l'accord financier avec l'AS Monaco

En février 2014, Frédéric Thiriez se félicitait d'avoir conclu un accord "définitif et irrévocable" avec l'AS Monaco. Un arrangement controversé de 50 millions d'euros à verser en deux ans par le club princier, tout juste revenu en Ligue 1 grâce au richissime oligarque russe Dmitri Rybolovlev, pour éviter de déménager son siège social en France et perdre ses avantages fiscaux.

Mécontents de cette entente, considérant notamment que la non-équité sportive n'avait pas été réglée, plusieurs clubs, dont le PSG, l'OM et le LOSC, avait porté l'affaire devant le Conseil d'Etat. Frédéric Thiriez s'était alors dit "parfaitement serein devant la légalité et la légitimité de la décision prise dans l'intérêt supérieur du football français". Or, le 9 juillet dernier, la juridiction administrative a jugé "irrégulière et illicite" cette transaction et considère que le siège monégasque du club ne "s'oppose pas" au principe d'égalité.

Les excuses au président du PSG pour l'arbitrage face à Lens

Pour la 10e journée du championnat, le 17 octobre 2014, le RC Lens accueille le Paris Saint-Germain au Stade de France. Le match, qui s'est soldé par une victoire 1-3 du champion de France, a surtout été marqué par l'arbitrage de Nicolas Rainville, qui a distribué trois cartons rouges. Si les trois exclusions sont sujettes à discussion, celle d'Edinson Cavani l'est particulièrement. L'attaquant uruguayen du PSG avait été renvoyé aux vestiaires pour avoir mimé un tir de fusil, sa célébration habituelle, puis avoir touché l'arbitre sans véhémence.

À la fin du match, les caméras de Canal+ captent une discussion de Frédéric Thiriez s'excusant en anglais auprès de Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG : "I'm really sorry for this terrible arbitrage" ("Je suis vraiment désolé de ce très mauvais arbitrage", ndlr). Si on apprendra par la suite qu'il avait aussi fait part de ses "regrets "auprès de Gervais Martel, patron du RC Lens, le mal était toutefois déjà fait. En avril, sur RTL, Thiriez a dit être "victime" des "images volées" de la chaîne cryptée.

La polémique Luzenac

La saison 2014-2015 avait démarré de manière très compliquée. Fin août, après un imbroglio long de près de six mois, et contre un avis favorable du CNOSF et de la DNCG, le gendarme financier du football français, le conseil d'administration de la LFP refuse l'accès à la Ligue 2 de Luzenac. Une décision principalement motivée par la non-conformité du stade aux normes de sécurité. Pourtant, un toit provisoire semblait avoir été trouvée par les dirigeants arriégois, contraints par la suite de dissoudre l'équipe première dans la foulée.

L'affaire crée un tollé général et provoque même la colère de Thierry Braillard, le secrétaire d'État aux Sports, qui pointe, sur France Info, une "hypocrisie de la Ligue qui empêche l’accession des amateurs au monde professionnel". L'Association française de football amateur demande de son côté la "démission immédiate" de Frédéric Thiriez. En décembre, Jérôme Ducros, le président de Luzenac, en rajoute une couche dans L'Equipe : "Ce qu'a fait M. Thiriez pour nous écarter est illégal".

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