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Bastia-Lyon : ce que risque le club corse au regard des précédents

ÉCLAIRAGE - Assurément, le club corse risque de lourdes sanctions après les incidents ayant retardé puis interrompu le match de dimanche 16 avril. Voici lesquelles.

16h50 dimanche 16 avril à Bastia : des supporters corses entrent sur la pelouse et s'en prennent à des joueurs lyonnais
16h50 dimanche 16 avril à Bastia : des supporters corses entrent sur la pelouse et s'en prennent à des joueurs lyonnais Crédit : PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
Gregory Fortune
Gregory Fortune
Journaliste RTL

Déjà dernier de Ligue 1 avec trois points de retard sur le 17e, Nancy, Bastia se relèvera-t-il de ce dimanche horribilis, qui a vu certains de ses supporters et même de ses stadiers s'en prendre physiquement à des joueurs de Lyon ? Retardée de 50 minutes, la rencontre de la 33e journée de Ligue 1 qui devait débuter à 17h a définitivement été arrêtée à la mi-temps, après de nouvelles échauffourées. Depuis, l'ensemble des acteurs du football hexagonal, mais aussi le ministre des Sports, ont dénoncé des faits inacceptables. Le directeur exécutif de la Ligue de football professionnel, Didier Quillot, promet des sanctions "lourdes", "exemplaires", et promet que la commission de discipline "prendra ses responsabilités" face à la "gravité" de la situation.

Cette dernière se réunira jeudi 20 avril pour placer le dossier en instruction, qui devrait durer trois semaines. En décembre dernier, la tribune du FC Metz d'où étaient partis des pétards à destination du gardien de Lyon - décidément peu épargné par les incidents cette saison - avait été fermée à titre conservatoire. Dans le cas de Bastia, c'est probablement vers une délocalisation des deux dernières rencontres de la saison en L1 que l'on se dirige plutôt que vers un huis-clos total. Didier Quillot a ainsi déclaré "qu'à l'évidence on ne peut pas continuer à jouer" au stade Armand-Cesari, "où la sécurité ne peut pas être garantie, au moins jusqu'à la fin de la saison". 

Vers une défaite sur tapis vert et la perte de point(s)

Autre forte probabilité : il y a peu de chances que ce Bastia-Lyon soit rejoué, même à huis-clos ou dans un autre stade. Le club corse s'oriente plutôt vers une perte de la rencontre sur tapis vert. Il avait déjà écopé d'une telle sanction fin 1994 après des faits similaires lors d'un match contre Monaco. Des "supporters" s'en étaient pris à plusieurs joueurs monégasques, dont Claude Puel, et Éric Di Meco avait eu le nez cassé par le Bastiais Laurent Moracchini. Le match avait repris, s'était achevé sur un score de 2-2, avant d'être accordé à l'ASM 2-0. Le Sporting avait aussi été puni de deux matches sur terrain neutre dont un avec sursis.

Terrain neutre encore, pour trois rencontres cette fois, fin 2012 après des incidents contre Lille (insultes racistes envers l'arbitre assistant) et Marseille lors d'un match... à huis-clos, des Corses ayant balancé des fumigènes devant le stade. Bastia avait été contraint de disputer ses matches à Gueugnon, à plus de 800 km, en plus d'un retrait de deux points avec sursis et d'une amende de 30.000 euros. La perte de point ne s'était alors pas convertie concrètement. Cette fois, il serait surprenant qu'elle ne le soit pas. Le SCB était en effet sous la menace du retrait d'une unité avant ce Bastia-Lyon en raison de cris de singes à l'encontre de Mario Balotelli en janvier. Déjà mise en cause alors, la tribune est et ses ultras de Bastia 1905.

Rétrogradation ? Dissolution ?

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Matches délocalisés ou à huis clos, perte du match, retrait de points, amende. Voilà les probabilités les plus élevées. Mais lorsque les instances évoquent des "sanctions exemplaires", il n'est pas à exclure qu'elles frappent plus fort encore. À la rétrogradation sportive en Ligue 2 qui se dessine pourrait s'ajouter un déclassement à un échelon encore inférieur, voire à la dissolution du club (cas extrême et sans doute peu probable). Présent en 1994 lors des incidents contre Monaco, le Corse de naissance Jean-Luc Etorri estimait dimanche 16 avril sur le site de L'Équipe que les auteurs des faits contre Lyon "viennent de tuer le club".

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